
05 décembre 2009
"They can only cry": Dr Gao Yaojie, activiste anti-SIDA de la première heure, quitte la Chine et s'installe aux Etats-Unis

27 novembre 2009
Out of the closet, on the blog
A noter, les bloggers recensés en Chine sont peu nombreux: un à Pékin, un à Hong Kong (mais il est Philippin). Tous les autres sont à Taiwan, là où il n'y a pas de censure, et où les personnes atteintent du sida sont sans doute beaucoup plus acceptées...
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26 novembre 2009
Free Jiang Tianyong
16 novembre 2009
"To hell and back": le marathon de New York 2009
Je suis une vraie marathonienne alors.
J'ai eu du bol. On ne peut participer au marathon que par plusieurs moyens bien définis: on se qualifie en ayant couru un certain nombre de courses à New York, on se qualifie avec son club, on court pour une oeuvre de charité et on doit lever des fonds, on prend son petit billet par une agence de voyage (un certain lot est réservé aux agences du monde entier)...et enfin, pour le plus grand nombre, il y a la loterie.
37 000 participants en tout, et plus de 100 000 personne rien qu'à la loterie. Etant sûre d'aller à Washington pour un semestre, je me suis dit autant tenter ma chance...
Je me suis donc inscrite à la loterie en avril...et quelle ne fut pas ma surprise de recevoir mon email de félicitation le 18 mai. Je faisais partie des 37 000 chanceux.
Je me suis entraînée deux mois, à raison de 4 fois par semaine. Trois sorties "courtes" (maximum 1h30) en semaine à la gym, et une sortie "longue" le week end, généralement sur le Mall et autour du Potomac Park.
Je mentirais si je disais que je n'étais pas anxieuse la semaine précédent le marathon. Et si je m'étais mal préparée? Et si mon genou me faisait mal? Et si je m'étalais gracieusement devant tout le monde à 5kms de l'arrivée? Bref, que des pensées positives.
Heureusement, je suis arrivée 3 jours avant le départ à New York et j'ai pu (re)visiter la ville, marcher, me vider la tête, et surtout me préparer à l'arrivée de mes trois supporters de choc, qui avaient gentiment préparé banderoles et tee-shirts du meilleur goût. Ils ont su faire la différence au 35ème km!
Le matin du départ, je me suis levée à 5h30 et suis partie de notre petit hôtel de Broadway à 6h15 pour attraper le métro n°1, direction South Ferry, la station la plus au sud de Manhattan, non loin de ground zero. Le métro de New York étant ce qu'il est (c'est à dire nul, vieux et moche), j'ai dû changer de métro deux fois pour attraper un qui allait vraiment à South Ferry.
L'attente au Staten Island Ferry fut relativement courte et j'ai pu manger un petit déj'. J'ai pris le ferry à 7h30 (on nous assigne une heure précise, mais en fait on peut prendre celui que l'on veut), la traversée dure 20 minutes. Ensuite nous sommes dirigés vers des rangées de bus qui nous attendent pour nous emmener au village du départ. Au fur et à mesure que les bus partent, d'autres arrivent, c'est le premier moment où j'ai réalisé que l'organisation était vraiment pro.
Le village est divisé en trois couleurs (orange, vert et bleu), car les coureurs, trop nombreux pour tous être sur la même route au début, sont répartis en trois itinéraires différents. Je donne mon sac avec mes affaires aux camions UPS, que je retrouverais à l'arrivée, et me voilà à attendre avec impatience le grand moment: 10h20, l'heure de mon départ. Les premiers sont partis à 9h40, les deuxièmes à 10h00. Les pros sont déjà loin devant.
Dans le sas de départ, je vois la seule personne de la course avec un vrai déguisement... Un Français entouré d'une gigantesque Tour Eiffel en carton qu'il portait, avec à son sommet un drapeau tricolore.
La course passe par les 5 "boroughs" (arrondissements) de New York: départ sur Staten Island, Brooklyn, Queens, Manhattan, Bronx, puis retour à Manhattan et arrivée dans Central Park.
Les premiers miles sur l'immense pont Verrazano sont assez impressionants, tout comme le pont Queensboro, qui relie le Queens à Manhattan, où se trouve le plus gros de la foule des supporters.
Ce qui m'a vraiment plu, c'est que tout le long des 26.2 miles, il y a tout le temps du monde pour t'encourager: des familles à Brooklyn, des touristes à Manhattan, des chants de gospel à Harlem ou des rappeurs dans le Bronx. C'est vraiment génial et ça donne vraiment un coup de boost. Ensuite, il y a tous les 3 miles des distributions d'eau et de Gatorade: là aussi c'est super mais j'ai peur de m'être trop arrêtée (encore que...) et d'avoir perdu des précieuses minutes.
Les 5 derniers kilomètres, sur la 5ème avenue puis dans Central Park, sont noirs de monde...et interminables. C'est le moment le plus dur de la course, là où l'on espère que c'est bientôt la fin car le carburant commence à manquer. On se demande si l'on aura encore assez d'énergie pour accélerer à la fin. Mais en même temps, les cris de la foule, la musique, là encore auront été des éléments déterminants.
Une fois la ligne d'arrivée franchie, on nous prend en photo individuellement, on nous distribue des couvertures pour nous tenir au chaud, un sac rempli de bouteilles d'eau et de snacks, et on nous demande de continuer à avancer jusqu'aux camions UPS et la sortie. Il faut compter environ 30mn entre la ligne d'arrivée et la sortie sur Central Park West, encore tous éblouis par la course et réalisant à peine que la course pour laquelle on s'est préparé intensément pendant des semaines, est déjà bel et bien finie.
Que d'efforts, que de doutes...mais quelle course, quels paysages, quelle foule, quel sentiment de bien être à la ligne d'arrivée, et bien après! Cela vaut toutes les douleurs du monde.
Comme une certaine marque de chaussures de sport à la virgule le disait très justement dans une publicité: "Today, you may feel like you'll never run a marathon again. See you next year."
14 octobre 2009
Premier tango à Washington

La semaine dernière (07/10/09) a paru dans le Washington Times un article qui m'a tenu à coeur pour plusieurs raisons: il concernait la Chine, le sujet était intéressant (sans dire émouvant...), et enfin un de mes collègues m'a gentiment conseillée d'y aller à sa place, car il savait que je pourrais interviewer le mec en chinois.
Bref, il était une fois le monde merveilleux de Tian an men un 03 juin 1989. Fang Zheng, brillant athlète avec un avenir tout doré de médailles devant lui, a le malheur de vouloir être galant: il aide une manifestante à s'échapper pour ne pas être écrasée par un char qui fonce droit sur eux. Sauf que c'est lui qui s'est pris le char, et que ses deux jambes ont été sectionnées net.
Pas grave, en Chine on a de la volonté. Il devient alors un athlète en fauteuil roulant, excellant au disque et lancer de javelot et ramassant les médailles à diverses compétitions. Mais il faut toujours se méfier avec les autorités chinoises: un beau jour de 1994 elles interdisent à Fang Zheng de se rendre à une compétition de peur qu'il ne parle de Tian an men et de la façon dont il a perdu ses jambes aux journalistes étrangers.
A partir de ce moment-là sa vie ressemble un peu à un enfer: surveillance, téléphone écouté, pas de boulot sauf des petits jobs par ci- par là, il rencontre pourtant sa femme Zhu Jin et se marient vers 1999.
Avant les JO de Pékin 2008, les autorités chinoises lui interdisent de se rendre à Pékin, et gardent toujours son passeport. Un jour un reporter allemand l'appelle et lui demande une interview après les Jeux...et par magie son passeport lui est rendu. Comme quoi le bureau de sécurité à l'oreille longue et fine! Il finit, avec l'aide d'associations et d'anciens leaders de Tian an men maintenant exilés au USA, par partir avec femme et fille sous le bras aux Etats-Unis, où il vit maintenant depuis mars 2009, en Californie.
Ces associations se sont démenées pour qu'il reçoive de nouvelles prothèses en fibre de carbone, le top du top en la matière, généreusement données par une entreprise ricaine leader en la matière. Coût du matériel, pose, réeducation: plus de 100 000 dollars, tout ça gratos, pour qu'il puisse enfin remarcher après 20 ans.
Alors que le Dalai Lama était à Washington en même temps (et snobé par un Obama pré-Nobel), que la Chine populaire fêtait ses 60 ans la semaine précédente (1er octobre), Fang Zheng a choisi de danser pour la première fois avec sa femme au Capitole, histoire de dire que le régime chinois l'a peut-être empêché de marcher pendant 20 ans, mais que les USA lui donnait l'opportunité de se remettre debout au sens propre comme au figuré. Tout cela gratuitement. Il est pas beau l'American dream?
Après la conférence de presse, il s'est donc levé, a laissé sa béquille, et a entraîné sa femme dans une valse qui ma fois n'était pas si mal que ça. C'était très émouvant, tout le monde pleurait, même les Chinois.
Petite anecdote (qui a été coupée dans mon article): Michael Horowitz du Hudson Institute, qui organisait l'évènement, a remis un prix (pour de rire) au bureau de sécurité de Pékin et au jeune homme zêlé qui écoutait le téléphone de Fang Zheng et a donc su pour l'interview avec le reporter allemand et le besoin de lui rendre son passeport -qui a permis sa fuite vers les USA. "Je voudrais remercier le jeune homme qui écoutait le téléphone, ses longues oreilles ont permis à Fang Zheng d'être ici aujourd'hui avec nous."
07 octobre 2009
How I met the Dalai Lama
Tom Lantos était un "député" américain mort en 2008. Hongrois, seul survivant de l'holocauste à être élu au Capitole, il a placé la défense des droits de l'homme et la promotion de la paix dans le monde son cheval de bataille. En 1987 il fut le premier "député" à inviter le Dalai Lama pour une visite officielle aux Etats-Unis, et depuis ce temps-là sa femme Anette (elle aussi Hongroise, il se sont rencontrés avant qu'il ne soit déporté) et lui ont développé une relation spéciale avec le chef spirituel des Tibétains.
Attribué pour la première fois, il était donc logique, selon Anette Santos, que le prix lui revienne.
06 octobre 2009
The importance of accuracy and the bathroom
Friday, 25th September, our group of students from the Missou's Washington program (7 overall) and other journalism students also enrolled in other Washington programs met at the National Press Building (I'll have to write about this awesome place) to listen to Donna Leinwand, USA Today reporter and current President of the National Press Club.She covers crime, justice, disasters and terrorism. Such a wide and exciting spectrum led her to cover hurricanes (Katrina, 2005 for example), bombings (London 2005), wars (Iraq)...Hello Donna, can I get your job when you retire?
From her hour-long speech, here are the main points that I thought were of importance:
- always check your facts, numbers and quotes. From my (small) experience, this seems to be more important in the US than say, in France (at least for the quotes);
- advices for foreign correspondents: when you see a bathroom, use it. A variant: when people give you some food, eat it (because you never know when is the next time you will have the opportunity to eat). Always have a stock of batteries with you just in case. Do not underestimate the power of beauty parlours to get gossips and words from the locals...it can make a good feature for example.
- she talked about the evolution of our job. How is it going to be affected by the internet and technology? "Technology changes the way people gather their news, not journalism in itself."
- about the rising importance of bloggers and the fact that people consider them sometimes as real journalists: trusted bloggers let us know what is happening in places where we can not be. For example, no media will have a correspondent in, say, Chad. This is why we rely on camera phones, Youtube, bloggers etc, to get some of our news. However: they are not professional news gatherers and will never be. We have to draw a line. They can not tell the difference between fact and opinion and most of the times it is poorly written.
- about the young journalists (us!) who are on the job market: we have two advantages (oh really? I did not know that...I'll have tell my Pole Emploi adviser!): we are cheap (is this an advantage?) and available: we do not have families or mortgage to support, we can go anywhere and work from 7 am to midnight.
Last but not least, she gave, from her own experience, three pieces of advice on how to beat the competition:
- read the papers;
- pitch many stories to your editor;
- get to the office early;
- cut on the happy hours...Only on Fridays!
Thank you Donna Leinwand!
Photo Flickr (Steffe).
05 octobre 2009
Playback
Comment lever 300 000 dollars en deux heures?Demandez à une grosse ONG américaine qui organise son gala annuel.
Prenez un lieu de premier choix (le Hilton Capital), ajoutez-y des invités triés sur le volet (State Department, ambassadeurs de divers pays arabes) une pincée de bons sentiments (8 gosses Palestiniens de 9 à 11 ans, faisant partie d'une troupe de danse folklorique de leur école, invités à l'occasion et pour la première fois à l'étranger et aux Etats-Unis), un peu de show efficace à l'américaine...Et voilà.
Bonne et intéressante soirée somme toute.
J'ai suivi ces adorables et sages enfants lundi et mardi pour un reportage, du coup les gens de l'ONG m'ont invitée.
L'article, publié dans le Washington Times mercredi, ici.
Photo: courtesy of TWT.







