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26 janvier 2008

Masturbation intellectuelle

On m'a récemment écrit que je suis (trop?) gentille; c'est vrai, généralement j'essaie de ne pas critiquer à tort et à travers, et d'avoir toujours une bonne raison pour le faire. Mais quand je m'y mets, je n'épargne personne, et ça devient beaucoup plus intéressant.
Hier soir j'ai eu l'occasion d'assister à ma première séance de "brainstorming": la mère d'un ami (nous l'appelerons "S"), américaine, vient de monter sa boîte à Paris, où elle a emmenagé il y a environ deux mois. Elle projette de commercialiser dans le monde entier un condiment, qu'aux Etats Unis on nomme "Chow Chow".

Qu'est ce que le Chow Chow ma bonne dame? Selon Cracker Barrel, "it’s a sweet, pickled relish traditionally made in the south that utilizes vegetables left over at the end of the summer's harvest. And many folks remember that no dinner at Grandma’s was complete without a bowl of homemade Chow-Chow on the table" (autres références ici et ici).
Bref, pourquoi pas? Le produit sera repensé et l'emballage totalement refait, avant d'être mis en vente.

Et c'est là que nous intervenons.
Hier soir donc, 12 convives et moi-même étions invités à une séance de "brainstorming", afin de trouver un nom à ce merveilleux chutney.
19h tapantes, dans l'appartement de 2 des convives (frères et soeurs, appartement derrière les Champs Elysées, des tableaux et vieilleries partout, tu n'oses pas poser ton manteau tellement le canapé doit coûter cher), je rencontre donc:
- un indien poète et aventurier, la mèche au vent à la BHL, qui tous les deux mots parle de son expérience en moto au Népal;
- deux chinoises étudiantes à Sciences Po qui parlaient anglais comme toutes les chinoises élevées aux films US, qui savent qu'elles savent parler anglais- vous suivez??- i.e. avec un fort accent américain qui les ferait passer pour des pétasses de Californie;
- un français chercheur au CNRS marrant -oui ça existe!;
- ma soeur, mon alliée de la soirée;
- 2 designers (gays forcément) pros du packaging et qui travaillent pour des marques de luxe;
- une franco-libanaise niaise comme tout et étudiante à l'ENA (comme quoi ils ne prennent pas que des Charles Henri);
- S;
- une Grecque d'environ 50 ans, le sourire vissé aux lèvres, qui répond tellement à côté de la plaque qu'à un moment tu pries le ciel pour qu'elle ne t'adresse plus la parole;
- les 2 hôtes, le frère et la soeur donc (lui: pseudo journaliste/glandeur mais sur plein de projets en même temps, elle petit serre-tête et queue de cheval, créatrice de sacs en cuir invisibles, et qui s'écoute surtout parler);
Et moi.

Après divers essayages, testages et goûtages du produit sous toutes les façons possibles; il était temps de prendre chacun sa petite feuille et de noter les mots, sensations, couleurs, musiques, textures, sons, etc etc, que nous rappelait le Chow Chow.
Et là j'ai vraiment compris que la filière business, ce n'était vraiment pas pour moi: franchement quel est l'intérêt de se triturer les méninges et de sortir, avec tout le sérieux du monde, que le croquant du Chow Chow me rappelait la couleur orange, ou bien la bossa nova? Les collants lycra de Madonna dans le clip "Hung Up" pendant qu'on y est?
Zen, j'ai essayé de prendre ça avec du recul, et essayé de comprendre la logique de travail de toutes ces agences de comm', de pubs ou je ne sais quoi, qui emploient des Beigbeder en puissance, dont le boulot est de trouver des noms pour des yaourts...
Souvent au cours de la soirée (comme je n'avais aucune idée de nom pour ce cher condiment) je regardais tout le monde, s'interpeller, rire, débattre, se disputer, parce que non le produit a plus une consonnance en "i" qu'en "o", et que petit inconscient, il ne faut pas oublier que le Chow Chow est un produit qui est à la fois inscrit dans le passé, mais aussi dans le futur... Bref que de questions existencielles qui méritent débat !! Au moins aussi importantes que de savoir qui va gagner les prochaines présidentielles aux Etats Unis, comment régler pour de bon la question palestinienne, ou encore comment perdre les fameux 3 kilos que l'on prend après les fêtes, mmh?

La cinglée de l'ENA a réussi à me fâcher définitivement avec l'institution: décidément ils ne prennent que des c... qui s'écoutent parler: ainsi elle a réussi à sortir, en plein brainstorming, discussion je rappelle d'où doit ressortir des décisions pratiques sur un produit à commercialiser, que le goût du Chow Chow lui rappellait la couleur vert-bronze, telle que Prosper Mérimée le décrivait dans la Vénus d'Ille. Silence gêné des convives, et regards interrogateurs: mais pourquoi sort-elle son vernis culturel? Et de toute façon, elle a avoué que jusqu'à recemment, elle n'avait jamais entendu parler de la tecktonik... Et ça se destine à gouverner la France ça?
- les 2 chinoises, étudiantes à Sciences Po, ravies de se trouver dans un appartement de la bonne bourgeoisie parisienne, et aussi ravies de sortir leur anglais prémaché, insistaient qu'il fallait un nom à consonnance hollandaise pour le produit: genre "Van Der". Je précise qu'une est dans le secteur de la DRH, l'autre contrôleuse de gestion...
- les 2 designers, à leur messes-basses et leur sourires entendus, devaient sûrement se demander au début ce qu'ils faisaient là au milieu de tous ces novices, mais ont fini par ce prendre au jeu et à trouver drôles toutes les conneries que l'on débitait avec le plus grand sérieux du monde, tout investis que nous étions de notre mission sacrée: donner un nom au Chow Chow...

Bref une soirée horrible: chacun y allait de son petit nom, S ne parlant pas français, comprenait plus rien à rien: à minuit nous y étions encore, on avait mangé tout le Chow Chow, mais aucune idée valable n'en était sortie...

18 janvier 2008

Des visages des figures



Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas revu, mon cher Tung Lo. Depuis mai ou juin dernier à Shanghai, pour une dernière séance photo dans un hôtel miteux au nord du Bund. Comme au bon vieux temps de Canton, où il m'emmenait dans des jardins, des temples, pour me prendre en photo. Couleur, noir et blanc, posée ou non, on y passait des heures sous la chaleur étouffante de l'été chinois. C'était en 2004. Il exposait paraît-il à Shanghai, Paris, Hong Kong, et New York. Il voyageait tout le temps me disait-il, et possède un pied à terre ici. J'en ai maintenant la preuve.

Tung Lo, galerie de portraits, du 18 Janvier au 24 février
East by east gallery, 18 rue B. Franklin, 75116 Paris
Tel: (+33) 1 45 20 55 99
http://www.east-by-east-gallery.com

Autres exemples de ses expos ici, ici et ici.

15 janvier 2008

La tour de Babel



There is also Irish/ Cockney/ British/ Manchester/ London/ South African/ Australian/ Southern/ Russian/ German/ French/ Indian...

13 janvier 2008

"La visite de la fanfare" (Bikur Ha-Tizmoret)

La visite de la fanfare ("the band's visit" en anglais) est un très joli film israelien de Eran Kolirin sur l'arrivée en Israël de la fanfare de la police d'Alexandrie, composée de 8 membres.
Ils sont invités à une représentation dans une petite ville d'Israël, à l'occasion de l'ouverture d'un centre culturel arabe. Mais personne ne vient les chercher à l'aéroport. Par leurs propres moyens ils arrivent au lieu supposé de destination. En fait ils se sont trompés d'une syllabe dans le nom de la ville, et ont atterris au mauvais endroit... Ils sont alors hébergés par la tenancière d'un petit restaurant de la bourgade, Dina. La nuit qu'ils vont passer va apprendre à tous les protagonistes du film beaucoup de choses sur eux-mêmes, et sur l'autre: musulman ou juif, souvent diabolisé et instrumentalisé dans les médias, il n'est en fait pas si différent de soi...
1 scène à retenir: dans le dancing avec les patins à roulettes, où un des membres de la fanfare égyptienne, jeune dragueur invétéré, apprend à son nouvel ami israelien, qui ne sait pas s'y prendre, comment séduire les filles. Irresistible!
2 acteurs forts:
Sasson Gabai, le jeune acteur qui joue justement le séduisant Tawfiq;
Et surtout la belle Ronit Elkabetz, propriétaire de l'auberge qui va accueillir les membres de la fanfare.

Sunday's menu

Here is a selection of articles that I recommend for today:

- Danwei.org: un soldat américain actuellement en Iraq écrit son blog en chinois (il est d'origine chinoise) sur sa vie de militaire, ses expériences là-bas.

- Global Voices Online: un tour d'horizon sur ce qui a fait l'actualité (autorisée ou non!) en Chine en 2007: les usines à briques du Shanxi, effondrement du pont à Xiangxi, la pollution immonde du Lac Taihu, le 17ème Congrès du PCC...

- New York Times: un week end pluvieux? L'occasion idéale d'explorer les bibliothèques de la ville! Par Seth Kugel

- New York Times: un article sur la France, et sur la manie de nos chers hommes (et femmes) politiques, de vouloir cumuler les mandats, en ce contexte de campagne pour les municipales où plusieurs personnes du gouvernement sont candidats à une mairie.

- New York Times: un article de leur correspondant en Chine, Howard French, sur les laissés pour compte du miracle économique chinois. Du déjà-vu, mais bon article.

- New York Times: (oui j'aime ce journal!) une enquête sur la difficulté de se réadapter à la vie civile normale aux Etats-Unis, une fois que l'on a été soldat en Iraq, et donc autorisé à tuer.

09 janvier 2008

Rendez-moi mon Hukou

Des conflits sociaux apparaissent tous les jours en Chine. A Shanghai, des manifestants tentent de récupérer leur Hukou -livret d’enregistrement de résidence, après avoir travaillé loin de chez eux pendant plus de trente ans. Reportage.

Il y a foule ce mercredi matin dans la rue. A première vue tout est normal, les rues chinoises sont toujours pleines de passants, vendeurs de snacks ou balayeurs. Nous sommes à Shanghai, à deux pas du Bund, quartier dont l’architecture porte l’héritage de la présence étrangère. Pourtant, au coin de la rue Jiangxi et Guangdong, devant le Bureau du travail de la municipalité, les personnes présentes ne sont pas là pour se promener : aussi surprenant que cela puisse paraître dans la plus grande dictature au monde, environ 200 personnes manifestent ici tous les mercredis matins depuis cinq ans.
Dans les années cinquante le gouvernement de Pékin a mis en place le « Bingtuan », politique de développement de la région autonome du Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine. En envoyant des travailleurs de tout le pays construire des villes, fermes, et usines, le but était d’amener développement économique et stabilité sociale dans cette lointaine région à majorité musulmane. En tout l’on compta 360 000 « volontaires », rien qu’à Shanghai. La grande majorité, partie avant la révolution culturelle n’a pu revenir qu’à partir du milieu des années quatre-vingts. Mais quand ils furent enfin autorisés à rentrer, les autorités du Xinjiang refusèrent de transférer leur « Hukou » - livret d’enregistrement de résidence, sésame sans lequel on ne peut travailler légalement, changer de résidence ou scolariser ses enfants. Ce mercredi, les personnes présentes réclamaient donc au Bureau du travail, à grand renfort de slogans, le transfert de leur Hukou. Sans lui pas de vie possible dans des conditions décentes.
Alors que les policiers surveillent la présence d’éventuels étrangers ou photographes, l’attroupement se fait plus compact: chacun tient une canette et un bâton pour faire du bruit et brandit un panneau rouge sang sur lequel leur revendication est peinte en larges caractères noirs, et ils n’hésitent pas à montrer des lettres rédigées par leur soin ou extraits de textes juridiques prouvant qu’ils sont dans leur bon droit. Les passants s’arrêtent, regardent un instant et repartent, indifférents.
Guo Qinghua (pseudonyme) est l’un des plus bavards. Dans l’attroupement qui se forme, il se distingue car il n’a pas peur de parler : en 1963 il se porte volontaire pour le Xinjiang, faute de trouver un emploi à Shanghai. En lieu et place de salaire, on lui donne une solde : 3 rmb par mois (30 centimes d’euro) la première année, 8 rmb les années suivantes. Tout de suite il comprend que la réalité sera différente de ce qu’on lui a promis : entre dix et douze heures de travail, avec pour seul repas un maïs cuit à la vapeur. Le soir, il dort dans un trou creusé dans l’herbe. « J’avais dix-sept ans à l’époque, j’ai sacrifié ma sueur, mon sang, ma jeunesse », déclare t’il. « Au début des années quatre-vingts, quand notre travail fut quasiment fini, beaucoup ont demandé à rentrer chez eux. Le gouvernement n’a pas voulu transférer nos Hukous du Xinjiang à Shanghai. Il y a eu des manifestations. Vers 1982, certains par désespoir se sont suicidés grâce à une ceinture d’explosif autour de la taille. Les dirigeants ont dû paniquer, car ils décidèrent de laisser partir les couples dont les deux conjoints sont originaires de Shanghai. Nous avions passé vingt ans au Xinjiang, la vie était trop dure, nous voulions rentrer. Mais ma femme n’est pas de Shanghai, donc nous ne pouvions pas partir. Ce n’était pas juste ».
En 1992 le gouvernement décide d’autoriser un enfant de chaque couple à rentrer. Guo Qinghua choisit alors sa fille aînée, qui ne s’était jamais vraiment habituée au climat local. Une fois rentrée à Shanghai, on lui diagnostique une leucémie, elle meurt peu de temps après. Il décide à son tour de rentrer, sans Hukou bien sûr, ni logement. Il habite chez un ami qui lui prête des vêtements. Chaque mois il touche une petite retraite de 830 rmb (83 euros) censée faire vivre sa famille. Il ne cesse de poser cette question, comme à soi-même : « Pourquoi, après avoir sacrifié tant d’années au Xinjiang, on nous empêche de revenir ? » Solennel, il continue : « J’ai rencontré tellement de choses injustes dans ma vie. Je voudrais représenter les millions de personnes envoyées là-bas. Je n’ai pas peur d’aller en prison. »
Il est bientôt treize heures, la foule commence à se disperser. On se donne rendez-vous pour le mercredi suivant, d’un air un peu désabusé. Comme si chacun se demandait si un jour il va récupérer son Hukou.

Aussi: "100,000 Shanghai youths sent to Xinjiang", on Shanghaiist.

06 janvier 2008

Un plaisir parti en fumée

Fumer dans les bars et restaurants est interdit en France depuis le 1er Janvier. Bon gré mal gré, les Français s’y sont collé. Quid des étrangers ? Plongée dans une journée typique d’un café près de Notre Dame.

Il savoure la première bouffée de sa cigarette, lunettes de soleil sur le nez, bien calé sur sa chaise, dans l’air frais du matin. Gabriele, cinquantenaire italien venu visiter Paris pendant les fêtes de fin d’année, affiche un air serein : « Chez nous cela fait 3 ans que l’on ne peut plus fumer dans les bars et restaurants, alors maintenant je suis habitué, vous savez ».

En France l’interdiction de fumer dans les lieux publics s’est étendue aux cafés, bars et restaurants au passage à la nouvelle année. Après une trêve accordée exceptionnellement le 1er Janvier, la loi n’est véritablement appliquée que depuis le mercredi 2. Il est 8h30, la matinée commence aux « Tours de Notre Dame », petit café populaire jouxtant la cathédrale, qui voit passer plus de touristes que de locaux. Bernard, serveur de longue date, se réjouit : « Après 30 ans dans la fumée, je respire ! ». A ses côtés, Christiane, la patronne toute en sourire, assure qu’ici « il n’y a que des touristes, et ils sont ravis ! » Pourtant un peu plus tard dans la matinée, un touriste italien sirotant au bar son espresso pendant que sa femme fait la queue dehors pour la visite de la cathédrale, me mimera le clown triste à l’évocation de la nouvelle loi.
Le café bat son plein le midi, les serveurs zigzaguent entre les tables. Une famille de coréens est attablée autour de steak- frites. Kim, 31 ans, originaire de Séoul mais travaillant en Allemagne, se réjouit : « J’accompagne mes parents en visite dans toute l’Europe. Je ne fume pas, et j’approuve cette loi. Mais attendons de voir si les français la respecteront ! »
Il est 18 heures. Les lumières baissent. La plupart des clients prennent un verre, qui pour certains se serait sûrement accompagné d’une cigarette il y a de cela une semaine. Un couple d’autrichiens boit un thé sur une banquette et se félicite que l’interdiction de fumer dans les lieux publics soit enfin mise en place. « Les fumeurs ? Ils peuvent aller dehors quand même ! » Et justement, en terrasse, emmitouflée dans son manteau, Muriel, une des rares françaises croisées dans la journée, ne mâche pas ses mots : « C’est carrément dictatorial ! La loi empiète sur nos libertés. La plupart des bars ne vont même pas créer de salle pour les fumeurs, car ils n’ont ni la place ni les moyens. Du coup, on nous relègue dehors». Les fumeurs auraient-ils l’humeur bougonne ? « Un monsieur hier m’a envoyé sur les roses, avoue Christiane. Quand je lui ai rappelé qu’il ne pouvait pas allumer sa cigarette, il est parti en claquant la porte, sans même boire son café ».

05 janvier 2008

Old world, new world

"My Paris:
The first time I saw
Paris I didn't get it. It was the summer of 1961 and I was on my way from New York City to Leopoldville to cover the Congo. I had but one day in Paris, and the New York Times, for which I was working, had booked me into a dinky and quite charmless hotel, and no one bothered to take me around or explain the city to me. Not that I would have had much time for it: I was too caught up in the heat of my ambition, my first foreign assignment, and a war zone to boot. If anything, so recently removed from covering events in Nashville, Tennessee, I was most stunned by the sight of the city's ladies of the night, whores walking the streets just like normal citizens—what kind of country was this? I was too ambitious, too driven by work to have any interest in a city which seemed to reflect the past; rather, I was obsessed with the present, with stories from dangerous places that would make the front page. But then, over the next year and a half when taking a break from the Congo, I would fly to Paris and begin to sense the richness of it all.
My pleasure in Paris was tentative, almost embryonic at first, for I was just beginning to appreciate its contours and almost hidden pleasures, and why it was so different from the world—and the cities—that I knew best. In America new was always better than old; in Paris old was always better than new. In the New World big was always better than small; in Paris there was a quiet celebration of all things small. In the New World time was of the essence; but in Paris life was of the essence—one should rush through absolutely nothing, most particularly lunch.
In 1966, on my own for six months in France, I took a small apartment on the rue de Bourgogne in the Invalides. I began the day by working for two hours on a small novel about Vietnam. Then, more often than not, starting in the late afternoon, I would walk the city. The walks became a serendipiter's delight: for I was experimenting at all times. I did not just use the guides, Michelin and others, in my search for restaurants, most particularly bistros, but I put myself at the mercy of the city itself, going into neighborhood places, drawn as much as anything else by instinct, and almost always handsomely rewarded. I came gradually to love Paris and, I hope, to understand it as well, and to see it for what it was, a city occasionally oblivious to the present, the best of a living past skilfully midwifed into an uneasy accommodation with the 20th century. With that the deed was done. I have loved going back ever since and, above all, stumbling into neighborhoods and watching the special quality of the light as it hits familiar places at different times of the day.
And so I have finally come to understand that while I am hopelessly American, accustomed to (and dependent on) the relentless pressures and fierce energies of the New World, that there are moments when I want to escape to a different place with a beauty and a beat of its own. And when that happens, when I want to disappear from who I am, and where I live, the place I think of is Paris."

DAVID HALBERSTAM was the Pulitzer Prize-winning author of 16 books, including The Amateurs, The Summer of '49, The Fifties, and Playing for Keeps.

Le "National Geographic" a sur son site internet une section "Places of a Lifetime", avec bien sûr Paris: photos, guide, choses à voir, etc...

Assez de chauvinisme me direz-vous? Paris, Paris, encore Paris...Le prochain post, c'est promis, sera sur un autre sujet.




04 janvier 2008

There's something about cheese

NYU boy #1: The French used to be all militaristic, like, back in the time of Napoleon.
NYU boy #2: Yeah, but now they're just all about wine and cheese.
NYU boy #1: Yeah... Cheese is good, though.
NYU boy #2: True, very true.

--Silver Center, NYU

Overheard by: Sam


via Overheard in New York, Jan 4, 2008

02 janvier 2008

Vélib' style bikes in Vienna

The Austrian "Vélib' ", in the streets of Vienna: they are hard to find, I haven't seen anybody riding one, and one last thing... they forgot to be stylish!

01 janvier 2008

Enfin en 2008

Au revoir 2007, bonjour la nouvelle année, avec son cortège de résolutions que de toute manière personne ne respecte, la crise de foie post- période de fêtes, le régime obligatoire, la dure reprise des études/boulot/turbin...
Mais 2008 c'est surtout pour moi les Jeux Olympiques de Pékin!
I can't wait...
Le mignon Liu Xiang a intérêt de garder son titre olympique!...