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31 décembre 2008

En direct de Rue89: Amazon fête son meilleur Noël...comme tous les ans.

Amazon a certes vendu assez de livres de la saga "Twilight" de Stephenie Meyer, best seller du moment, pour atteindre "huit fois le sommet de l'Everest", mais le site de vente en ligne n'en révèle pas beaucoup plus sur ses ventes pendant les ventes de fin d'année. Une manière de cacher des chiffres décevants?

Dans un communiqué publié le 26 décembre, le géant du e-commerce déclare que Noël 2008 est "son meilleur Noël" depuis sa création, en 1995. Rien que le 15 décembre, 6,3 millions de produits ont été commandés, un record. Le même jour, 5,6 millions de colis étaient envoyés par l'ensemble des sites Amazon du monde entier.

Cette année, nous apprend aussi Amazon, les articles stars sont le téléviseur Samsung 12 pouces, l'iPod Touch 8 Giga ou le netbook Acer Aspire One. Sans oublier la Wii, qui remporte haut la main le trophée dans la catégorie "consoles et jeux vidéo".

Et alors? Alors, ce communiqué triomphal n'a pas eu l'effet médiatique escompté. En effet, si l'on enlève les petites comparaisons divertissantes, Amazon ne dit pas grand-chose sur ses résultats, et personne n'est tombé dans le panneau. Sur le site du New York Times, le journaliste Miguel Helft dénonce l'opération de communication :

"Les nombres ne nous révèlent pas vraiment si la saison a été bonne (ou mauvaise) pour Amazon. L'entreprise ne dit pas si les clients ont acheté plus, ou moins, de produits coûteux par rapport aux années précédentes (...). Amazon n'a pas révélé non plus ses recettes, ni même le volume total des produits qui ont été envoyés durant la période des fêtes."

Même analyse dans un reportage de CNBC, chaîne d'information économique américaine. Quelle est la valeur totale des biens achetés ce fameux 15 décembre, jour record? Leur prix moyen? Quel chiffre d'affaires, et surtout quel bénéfice Amazon a-t-il réalisé durant toute la période des fêtes? Silence.

Pourtant, d'une année sur l'autre, les résultats d'Amazon semblent bons, comme le note Techcrunch. Le 15 décembre, le nombre d'envois était en hausse de 44%: 5,6 millions de colis en un seul jour, contre 3,9 millions à la même date en 2007.

Et cette année, les conditions semblent réunies pour que les achats en ligne atteignent un record. De plus en plus de consommateurs préfèrent l'ordinateur à la voiture pour faire leurs courses de Noël, surtout si cela peut leur éviter de sortir affronter le froid. Et la baisse du pouvoir d'achat les forcent à repousser leurs achats et à chercher les bons plans... souvent sur Internet.

Reste que, selon Guy Adami, analyste financier pour CNBC, les chiffres du commerce promettent d'être très mauvais cette année. Même les ventes en ligne marqueront le pas, reculant de 2,3% par rapport à 2007, notamment pour les produits les plus coûteux.

D'ailleurs, depuis l'annonce de ses brillants résultats pour les fêtes de fin d'année, Amazon a vu son action perdre 8%.

En direct de Rue89: mort d'Yliès, fait divers isolé ou symptôme d'un hôpital malade?

Ilyes, 3 ans, hospitalisé pour une angine, est mort mercredi soir à l’hôpital parisien Saint-Vincent de Paul (XIVe), une infirmière lui ayant administré par erreur du chlorure de magnésium au lieu de vitamines.

Une information judiciaire pour "homicide involontaire" a été ouverte vendredi à l'encontre de cette femme de 35 ans, dont onze de pratique de son métier. Placée en garde à vue, elle a été relâchée sous contrôle judiciaire, avec interdiction provisoire d'exercer son métier. Fait divers regrettable mais isolé ou symptôme d'un hôpital malade? Le débat fait rage sur le web.

Interviewé par le Parisien vendredi, le père d'Ilyes, Ihmad, crie sa douleur et sa colère contre l'institution:

"J’ai vu qu’il était en train de mourir. [...] J’ai appelé au secours mais il n’y avait personne dans le couloir. Ma femme criait. [...] Les soignants m’ont dit qu’il n’avait rien.

"C’est moi qui ai entrepris de lui faire du bouche-à-bouche, puis des massages cardiaques. Quand j’ai prévenu l’infirmière, elle m’a dit sur un ton sec de la laisser travailler. [...] Quand ils ont compris que c’était grave, ça a été la panique. J’ai attendu un quart d’heure avant qu’ils ne reviennent le réanimer. [...] Et lorsque les médecins sont arrivés, ils m’ont dit de les laisser travailler.

"Dans un hôpital du tiers-monde, on l’aurait sauvé. Je veux juste la vérité pour que cela ne se reproduise plus jamais."

"La faute est, évidemment, collective"

Dans un commentaire sur le blog de l'avocat Maître Eolas, la pharmacienne blogueuse Lumière Noire apporte son soutien à la famille. Et n'hésite pas à lâcher cette petite phrase lourde de sous-entendus et extrêmement commentée depuis sur le web:

"C'est vrai quoi, qu'est-ce qu'il y connaissent à la mort ces immigrés (peut-être sans papiers et à la CMU de surcroît!)?"

Tout en rappelant qu’il existe sûrement des circonstances atténuantes (empressement, débordement, négligence), la pharmacienne met également en cause l’ensemble de l’équipe soignante, qui a mis du temps à secourir l’enfant:

"Manque d'éducation, d'instruction, de culture, de responsabilisation des personnels soignants: certains, livrés à eux-mêmes, fatigués, mal payés, démotivés, frustrés, deviennent de très vilaines personnes (...) Par contre, il est clair que cette infirmière n'aurait pas dû être la seule de l'hôpital à passer Noël au poste. La faute est, évidement, collective."

Sur son blog, l'Hérétique met également en cause l'ensemble du monde hospitalier:

"Ce n'est pas l'erreur médicale, qui aurait pu être corrigée, qui est cause du décès, mais deux autres facteurs: d'une part l'absence de moyens des hôpitaux, cela a souvent été dit, mais aussi la surdité ordinaire des professions médicales en règle générale, et cela aussi, il faut bien que cela soit dit un jour. Jamais à l'écoute des patients, toujours imbues de certitudes, détentrices de l'autorité médicale."

Samedi matin, dans les journaux, de nombreux éditorialistes dénonçaient également la seule sanction de l'infirmière. Ainsi, Matthieu Verrier dans "la Voix du Nord", s’interrogeait:

"La garde à vue, qui installe la personne dans une sensation puissante d'inconfort tant physique que moral, s'imposait-elle pour une infirmière pétrie d'un sentiment de culpabilité?"

D'un point de vue juridique, Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon, regrette lui aussi cette garde à vue trop hâtive:

"Roseline Bachelot (qui avait qualifié la garde à vue de l’infirmière de 'normale', ndlr) a parlé trop vite."

Et d'estimer que, pour le moment, on ne peut pas condamner une infirmière au pénal pour une erreur:

"La responsabilité commence avec la faute, que le Code pénal retient à partir du seuil de l’imprudence, de la négligence ou de l’inattention. Ici, dire qu’il y a erreur, c’est un constat: un produit a été administré au lieu d’un autre. Ça n’apporte pas de lumière sur une éventuelle responsabilité. La véritable question est: cette erreur résulte-t-elle d’une faute de négligence ou d’inattention?"

Patrick Pelloux demande la démission de Bachelot

Sa conclusion: ne dramatisons pas l’affaire, comme le fait Patrick Pelloux (président du syndicat de médecins urgentistes, Amuf) qui a demandé dès jeudi sur France Info la démission de Roseline Bachelot.

Même critique de Patrick Pelloux chez Philippe (Sully) Robert:

"Le médecin urgentiste Pelloux, syndicaliste outrancier bien connu, ne manque donc aucune occasion de s'ériger en procureur, d'autant plus que Mme Bachelot souffre d'une tare rédhibitoire: elle exerce ses talents à droite."

Pierre Fréhel, du "Républicain Lorrain" finit de l’achever:

"Quand le docteur Patrick Pelloux, médecin urgentiste devenu célèbre grâce à un usage immodéré des médias, réclame la démission de la ministre de la Santé, il règle manifestement quelques comptes personnels avec un pouvoir dont il ne partage pas les vues."

"Demain, ce type d’affaire ira en grandissant"

Ce fait divers relance en tout cas le débat politique autour de l’hôpital public. Mireille Le Corre, secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de la santé, a publié hier un communiqué sur son site, dénonçant la saturation des services au moment des fêtes de fin d’année:

"Par sa politique de restriction des moyens, le gouvernement prend le risque de mettre en péril l’hôpital public. Il est urgent que le gouvernement prenne la mesure de la situation de nos hôpitaux."

Le milieu infirmier réagit également: sur le blog fecalome.net, on dénonce le fait que "cette petite victime montre le naufrage de notre métier": manque d’effectif, obligation administrative grandissante, conditions de travail médiocre...

Autre témoignage, sur Rue89 cette fois, Marina, infirmière, confie ses doutes:

"Nous nous sentons tou(te)s concerné(e)s et sommes forcément remué(e)s. Chacun se projette, 'Et si c'était moi?' [...] Nous sommes conscient(e)s des risques liés à notre profession, de la portée de nos actes. [...] Il n'est donc pas permis de jouer aux funambules avec des équipes en sous-effectif, des horaires à rallonge qui favorisent la pression. Si les pouvoirs publics dorment sur leurs deux oreilles, la vie d'une famille est brisée, celle de l'infirmière incriminée l'est aussi."

En direct de Rue89: Crise, les collectivités font des voeux au rabais


Etant en stage actuellement à Rue89, j'en profite pour mettre mes articles sur mon blog. A près tout il n'y a pas de raison!

"Politiquement incorrects, les fastes des fêtes de fin d’année? Matignon l’a demandé aux ministères: il faut veiller, en ces temps de crise, à éviter toute dépense inutile, y compris pour ce qui touche à Noël et aux traditionnelles cérémonies de vœux du Nouvel an. Une consigne que se sont également appliquées la plupart des collectivités locales.


Au conseil général de Seine Saint Denis, la question n’a pas fait longtemps débat. La cérémonie des vœux, qui représente une dépense annuelle de 900 000 euros, a été purement et simplement supprimée.
Au menu de l’édition précédente: des décorations, un traiteur de luxe, petits fours et surtout 3000 invités venant des forces vives, élus et associations, qui déambulaient dans l’hôtel du département.
Selon l’entourage du Président du conseil, Claude Bartolone (PS), l’annulation de la cérémonie a des raisons symboliques et économiques: "Il était indécent de manger des petits fours et de boire du champagne vu le contexte actuel." Mais surtout, le 93 tient le triste record du département le plus endetté de France (800 millions d’euros), et 97% de ses emprunts sont des emprunts toxiques, provenant de montages financiers dangereux.
Ce genre de décisions est à la mode chez les élus: à Strasbourg (PS), à Marseille (UMP), dans les conseils généraux des Hautes-Alpes (UMP) ou de Charente-Maritime (UMP), on a aussi rogné de manière significative sur les dépenses.
Mieux vu encore, certains transforment ces soirées en œuvre sociale, comme à Montpellier. A la place de la cérémonie des vœux, la mairie invite toute la population à déguster vin et chocolat chauds. Double avantage: tout le monde peut participer et 50 000 euros sont économisés. Ils iront à des associations caritatives, et les voeux du Nouvel an seront envoyés par Internet.
Jean-Michel Pierre, directeur-adjoint du cabinet du maire Hélène Mandroux (PS), reconnaît que "la population et les corps constitués sont très attachés à ces cérémonies", mais estime qu’"il était mal venu de les célébrer cette année avec le même faste".

"Lutter contre la sinitrose

D’autres ont décidé de maintenir les cérémonies des voeux, bon gré mal gré. "Pour lutter contre la sinistrose", affirme Patrick Devedjian, à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine (UMP), dans le Figaro du 23 décembre.
"C’est une tradition", affirme-t-on à son cabinet, qui refuse pourtant de révéler le budget total alloué aux soirées.
A Neuilly, les six cérémonies prévues chaque année pour les forces vives, enseignants ou gardiens d’immeuble, sont toutes maintenues. Mais les temps sont durs aussi dans cette banlieue chic de la capitale.
Cette année la mairie a donc courageusement renoncé à faire appel à un traiteur prestige, et le champagne sera remplacé par un vin blanc à 3,80 euros la bouteille. Pour Philippe Cuesta, adjoint au directeur de cabinet du maire UMP Jean-Christophe Fromentin:

"Nous voulons prendre en compte le contexte national. La politique de Jean-Christophe Fromentin a une dimension sociale importante, ne donnons pas ce sentiment de décalage avec la société."

Mais là encore, on ne communique pas de chiffres.

Le cas unique de Puteaux

Dans ce paysage de désolation festive, une ville brille toujours par le faste des évènements. A Puteaux (Hauts-de-Seine), ville de 42 000 habitants dirigée par Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP), les décorations de Noël coûtent, cette année comme les précédentes, 1 million d’euros.
Sans compter les 900 000 euros pour l’animation Puteaux en neige, qui offre pendant deux semaines deux patinoires et quelques autres activités.
Les cérémonies pour les personnalités ont tout de même été annulées. Seule restera la soirée pour le personnel municipal: cette année, spectacle Buffalo Bill à Disney Village, pour un coût total de 84 000 euros.
La mairie veut tout de même faire preuve de bonne volonté: Puteaux en neige aurait dû coûter 1 million d’euros, mais cette année les petits Putéoliens ne glisseront pas sur de la neige importée des Alpes. Ils devront se contenter de neige artificielle.
Pour Christophe Grébert, conseiller municipal de Puteaux (Modem) et célèbre blogueur, "le maire réduit à la marge, une économie de 100 000 euros sur un million, ce n’est pas grand-chose. On est dans la gabegie".
Sans compter le Monopoly à l’effigie de Puteaux, lancé le 16 décembre. La mairie y a investi 83 300 euros, et y laissera des plumes puisqu’elle n’en offre à la vente que 2000 exemplaires à 32 euros pièce.

"Ce n'est pas facile de tout changer

Finalement, cette vague de restrictions n’est-elle pas l’occasion de se poser la question qui fâche: à quoi servent réellement ces cérémonies? De l’argent public dépensé à des fins électoralistes, diront les mauvaises langues.
A Montpellier, on défend la tradition: "Ce n’est pas facile de tout changer", confie Jean-Michel Pierre. Au conseil général de Seine Saint Denis, on privilégie l’approche pragmatique:

"Chaque euro dépensé doit être un euro utile aux habitants. De toutes façons, nos finances sont dans un très mauvais état."

Le revers de la médaille, c’est que toutes ces cérémonies annulées représentent autant d’argent non réinjecté dans l’économie française: les artisans concernés font la tête, ces
commandes pouvaient représenter jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaire annuel."

La Charte '08

Le contexte par Pierre Haski, sur Rue89:

"Les dissidents tchèques avaient eu la Charte 77 avec Vaclav Havel; les Chinois ont lancé la Charte 08. Et, coïncidant avec le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, ce geste de défi au pouvoir communiste chinois a conduit ses auteurs en prison.

Parmi eux, Liu Xiaobo, 53 ans, l’un des intellectuels dissidents les plus en vue, déjà détenu pendant vingt mois pour son rôle dans le « Printemps de Pékin » en 1989, puis de nouveau emprisonné pendant trois ans pendant les années 90, été arrêté lundi à son domicile, qui a été fouillé de fond en comble par la police chinoise. Ses ordinateurs et téléphone portable ont été saisis. D’autres arrestations ou assignations à résidence ont été enregistrées dans plusieurs villes du pays à la veille de l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

L’arrestation de Liu Xiaobo et d’autres militants des droits de l’homme est intervenue au moment où les dissidents s’apprêtaient à rendre publique leur Charte 08, signée par 303 personnes, des intellectuels comme Liu Xiaobo, des avocats comme Mo Shaoping, des militants des droits de l’homme comme Ding Zilin, la « mère de Tiananmen », ou encore des universitaires ou des blogueurs, tous prêts à prendre le risque de l’emprisonnement ou de sérieux ennuis avec les autorités. Celles-ci, on le voit, ne sont pas prêtes à accepter l’expression publique organisée en faveur de la démocratisation de la Chine.

Comme la Charte 77 de Vaclav Havel

La Charte 08, délibérément calquée sur l’action des dissidents de l’ex-bloc soviétique dans les années 70, avec Vaclav Havel en Tchécoslovaquie, Andreï Sakharov en URSS, et quelques autres dans les autres « républiques populaires », comprend dix-huit propositions destinées à conduire la Chine vers la démocratie.

Parmi ces propositions, certaines sont de cruels rappels des impasses du régime, comme la demande de ratification du Pacte des Nations unies pour les droits civils et politiques, que la Chine a signé pour satisfaire les pays occidentaux, mais n’a jamais ratifié. Jacques Chirac avait coutume de citer la signature de ce Pacte comme l’un des succès de la diplomatie discrète en faveur des droits de l’homme: il oubliait de dire qu’il n’avait jamais été mis en œuvre…

D’autres propositions sont plus radicales dans le contexte chinois, comme la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, qui sont tous placés actuellement sous l’autorité du Parti communiste chinois. Cette idée avait été évoquée par les réformistes au sein même du Parti, mais écartée après la répression du Printemps de Pékin, en juin 1989.

Les signataires réclament également des élections libres avec pluralisme des partis politiques, idée encore impensable pour les actuels détenteurs du pouvoir, et qui a conduit en prison tous ceux qui l’ont réclamée avant les signataires de cette Charte.

Le climat politique a changé

Le fait que tant de personnes soient prêtes à prendre ce risque montre à quel point le climat politique a changé en Chine, et permet à ceux qui réclament de véritables réformes politiques de relever la tête. La circulation de l’information sur Internet, malgré la censure et les blocages, fait partie des facteurs qui ont modifié la donne politique.

Pour autant, le pouvoir est d’autant moins enclin à accepter l’émergence d’une dissidence organisée que le contexte économique et social est inquiétant: des milliers de fermetures d’usine, des protestations sociales en nombre accru, alors que la crise économique mondiale provoque un ralentissement très net de la croissance chinoise.

Les dirigeants chinois n’ont donc pas hésité à donner un coup d’arrêt d’entrée de jeu à ce mouvement, quitte à sérieusement entacher son image en embastillant des militants des droits de l’homme en plein anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, théoriquement « universelle »…"

Pour signer la Charte, c'est ici, sur le knol de Zola. Pourtant, elle ne fait pas l'unanimité chez les intellectuels chinois, car certains ont refusé de la signer. Ceux qui l'ont fait expliquent pourquoi et les risquent qu'ils encourent. Plus d'infos sur Global Voices Online: "China Charter 08, to be free and fearless".

07 décembre 2008

Mon article sur Rue89-- Etudiants le jour, squatteurs le soir: la galère ordinaire

Ils ont enlevé les tracts et les articles de journaux collés sur la vitrine sale de l’ancienne pharmacie, au rez-de-chaussée de l’immeuble qu’ils occupent. Tout a été nettoyé en une journée pour faire place à une exposition temporaire de peintures d’une voisine qui les soutient activement.

Au-delà du projet artistique, c’est aussi dans le but de faire connaître leur situation que Jean Marc, Adeline, Elise et les cinq autres squatteurs ont transformé, en face du Bon Marché, à Paris, l’ancienne officine inoccupée en petite galerie d’art.

Début mars, quelques étudiants repèrent cet immeuble inoccupé de 250 m2, rue de Sèvres, et s’y installent après s’être attelés aux travaux de rénovation. Plomberie, peinture, meubles et téléphone: tout était à refaire.

L’immeuble est vacant depuis dix ans; la pharmacie qui occupe le rez-de-chaussée depuis sept ans. La propriétaire, domiciliée en Belgique, refuse de vendre sans pour autant donner d’explication. A la mairie du VIe, l’affaire embarrasse depuis longtemps, car un immeuble vide, ce sont des logements en moins, surtout pour un arrondissement qui compte seulement 2% de logements sociaux.

La Ville a tenté de contacter la propriétaire, mais sans succès. Personne ne sait pourquoi elle laisse son immeuble inoccupé, ni pourquoi elle refuse obstinément de vendre ou d’accepter le loyer de 300 euros que chacun des huit squatteurs se propose de payer.

En juillet, elle assigne tout le monde en justice. Les jeunes sont condamnés à une procédure d’expulsion immédiate. Un deuxième procès les condamne à payer 150 000 euros de frais d’"immobilisation de biens" et 30 000 euros pour les "dégradations".

"Une mesure d’expulsion immédiate est assez rare, je me demande comment la propriétaire a pu obtenir une telle sentence", s’interroge Joël Retailleau, directeur adjoint du cabinet du Maire UMP, Jean-Pierre Lecoq. Leur avocate a fait appel de la mesure (audience le 10 décembre):

"C’est inadmissible qu’en France des étudiants sérieux, avec un travail à côté, mais ne venant pas de milieu aisé, en soient réduits à squatter."

En attendant, la vie s’organise. Entre les cours, les travaux et les procès, il ne reste pas beaucoup de temps libre aux squatteurs pour les recherches de logement. Sans revenu ni garant, leurs possibilités sont minces.

Et la situation risque d’empirer, puisque l’eau vient de leur être coupée. Ils ont quand même droit au "puits", sorte de robinet disgracieux qu’on leur a sorti de terre, sur le trottoir. Plusieurs fois par jour, ils se relaient et viennent remplir leurs bidons d’eau. "Le soir, on va souvent faire les poubelles dans le supermarché du coin", avoue non sans gêne Jean Marc, étudiant en journalisme à l’IPJ.

Avec la trêve hivernale, leur expulsion est repoussée au 15 mars. "Une véritable épée de Damoclès", déclare Elise, étudiante aux Beaux-Arts:

"Si l’on ne nous remet pas l’eau, ça risque de devenir difficile à vivre. Alors on a demandé aux voisins et au couvent à côté de nous aider."

Les habitants du quartier, pas mécontents que l’immeuble soit enfin occupé, soutiennent majoritairement leur cause. Mais rien ne peut se faire sans la propriétaire. Selon Joël Retailleau:

"Au départ, la Ville de Paris ne voulait pas racheter l’immeuble car les pièces sont trop petites pour faire du logement social. Mais vu la situation, si la propriétaire décide de vendre, la Ville préemptera vraisemblablement l’immeuble."

Les squatteurs ne s’avouent pas vaincus, mais dans leurs paroles transparaît une certaine lassitude:

"Le problème c’est la propriétaire. Nous passons notre temps à chercher un logement ailleurs. Notre but, c’est bien sûr de partir."


Voir article et vidéo sur Rue89 ici.

Articles parus sur le site de l'association Jeudi Noir ici.

Un reportage photo par Laurent Hazgui ici.

La rencontre de Sarkozy avec le Dalai Lama irrite les Chinois

Après l'annulation du sommet UE-Chine qui devait se tenir à Lyon le 28 Novembre, la Chine hausse le ton une nouvelle fois envers la France. Le motif: Nicolas Sarkozy a rencontré en Pologne, samedi 06 Décembre, le Dalai Lama.
L'agence officielle Xinhua ("Chine Nouvelle") s'est fait l'écho des réactions officielles:
Via Sina.com:
新华网北京12月7日电 中国外交部副部长何亚非7日晚奉命召见法国驻华大使苏和,就法国总统萨科齐日前在波兰会见达赖提出严正交涉。

  何亚非说,12月6日,萨科齐总统不顾中国人民的强烈反对和中方的一再严正交涉,执意以法国总统和欧盟轮值主席的双重身份会见达赖,粗暴干涉了 中国内政,严重损害了中方核心利益,严重伤害了中国人民的民族感情,破坏了中法和中欧关系政治基础,中国政府对此表示坚决反对和强烈抗议。

(...)

我们要求法方能以两国关系大局和两国人民利益为重,真正重视中方的严正立场和合理关切,充分认识到萨科齐总统会见达赖对双边关系以及中欧关系造成的损害,在涉藏问题上采取实际行动纠正错误。

Traduction (j'ai enlevé un ou deux passages inutiles):

Dépêche Xinhua du 07 Décembre:

Le vice-ministre chinois des Affaires Etrangères He Yafei a convoqué le 7 Décembre l'ambassadeur de France en Chine M. Hervé Ladsous (Suhe en chinois), à cause de la rencontre la veille entre Sarkozy et le Dalai Lama en Pologne. Pour He Yafei, Sarkozy n'a pas pris en considération la forte opposition du peuple chinois et cette rencontre est une interférence dans les affaires intérieures chinoises, qui va blesser le sentiment national des Chinois, et aura des conséquences négatives sérieuses sur les relations sino-françaises et sino-européennes. (...)

Nous exigeons, pour le bien des 2 pays et de leur peuple, que la partie française prenne en considération la position de la Chine et son inquiétude, et qu'elle adopte, dans le problème tibétain, une position raisonnable pour corriger son erreur.

Un sondage est réalisé à la fin de l'article: à la question posée "La rencontre de Sarkozy avec le Dalai Lama aura-t'-elle une influence sur votre opinion à l'égard de la France?", au moment où j'ai consulté les réponses, 95% ont répondu "oui", 3.8% ont répondu "non" et 1% ne savaient pas...

Je doute que les 95% des personnes ayant répondu par l'affirmative signifiaient que la rencontre entre Sarkozy et le Dalai Lama avaient amélioré leur image de la France...