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13 octobre 2008

Avec "Shadows", le cinéma indépendant chinois prend ses quartiers à Paris

« Shadows », festival du film indépendant chinois, a ouvert ses portes jeudi 09 Octobre. Jusqu'au 19, une sélection de 47 courts et longs métrages est présentée au cinéma « Les Voûtes », dans le 13ème arrondissement à Paris.

Située à côté d'une ancienne usine de frigos transformée en squat d'artistes, la salle des « Voûtes » ajoute un certain cachet au label « indépendant » du festival. Au programme de la journée de samedi 11 : « Taishicun » un film de l'universitaire engagée Ai Xiaoming sur la révolte d'un village du Guangdong contre la corruption des autorités locales, affaire qui avait fait les gros titres en 2005.

Festival indépendant oblige, tout est fait à l'artisanale : à la fin de la projection, on se réunit dans la salle voisine où un bénévole tient le bar et cuit ses délicieuses crèmes brûlées. Ai Xiaoming répond aux questions sur son film, pendant que l'on fait rentrer les spectateurs de la prochaine séance : « In search of Lin Zhao's soul » de Hu Jie, lui aussi présent.

La première édition de « Shadows » a eu lieu en 2006. Organisé par Julien Tang et Judith Pernin, un jeune réalisateur et une doctorante à l'EHESS, le festival se veut différent des autres et propose des films chinois qui ne sont pas sortis en salle. « Indépendant ne veut pas dire anti-gouvernemental, précise Julien. Pour nous ça veut dire libre de faire ce que l'on veut ». D'où le choix de ne montrer que des films qui ne rentrent pas dans les circuits de distribution traditionnels. Fictions, documentaires, films d'animation, ou vidéos artistiques, ces œuvres sont introuvables en Chine. Les raisons ? Trop expérimentales ou controversées, elles risqueraient de ne pas passer le veto de la censure. Ainsi beaucoup de réalisateurs décident de s'en passer et de sortir le film par d'autres moyens, ou bien de le montrer à l'étranger. « Taishicun » est ainsi disponible sur internet ou à la librairie d'une université de Hong Kong. 70% des recettes sont reversées à une association des familles du village de Taishi. Le cinéma chinois indépendant est aussi militant.

Cette année une « carte blanche » rend hommage à Yunfest, festival renommé de documentaires crée à Kunming en 2003, en diffusant une sélection de 12 films. Débats et rencontres sont prévues cette semaine autour du cinéma et de la Chine. Si, comme en 2006, le succès est au rendez-vous, le festival pourrait s'exporter quelques jours à Lyon ou à Bruxelles. Histoire de montrer à public encore plus large, ces perles rares ignorées dans leur pays.

Publié également sur Aujourd'hui la Chine.

Edit: Mentionné ici sur le blog de Cai Chongguo.

08 décembre 2007

24 hour party people

Last night I had a good time for 3 reasons: I watched a movie, the cinema was such a nice place for moviegoers like I think I am; and third I had dinner with a friend in a rather unusual restaurant (that will be the subject of another post). But let's focus on the place first:

Its name is MK2 Bibliothèque, and it is located in the 13th district, near the modern Bibliothèque Nationale de France (Bibliothèque François Mitterrand). Inside, you obviously have cafés and restaurants ("chez Jules et Jim" for example...), but also a nice shop where you can find every dvd you have been madly looking for, that documentary you wanted to see but never managed to find it, or that movie by Georges Lautner to complete your collection. Plus the movie soundtracks and the books. I definitely have to come back and buy Raymond Depardon's "numéro zéro: naissance d'un journal"...
Then the movie. I watched Michael Winterbottom's "24 hour party people". There is an English movies festival now (you know, the Eurostar having a new train station in London -St Pancras, the train being faster than ever before to reach London from Paris, and all the ads about London being trendy now, etc...).
I like Winterbottom's movies. Actually, I enjoyed the only one I had seen before yesterday: "the Road to Guantanamo". Very realistic and interesting.
"24 hour party people" was great too: "the unbelievably true story of one man, one movement, the music and madness that was Manchester". It starts back in the 70's and goes through the 80's, in Manchester obviously, and tells the story of Tony Wilson, journalist, host of a show about indie music on the local TV station, who is also a huge fan of music. Through his eyes, we will witness the birth of famous bands like the Sex Pistols, Joy Division,Happy Mondays, New Order, etc. He will found his own label, "Factory Records", and open the Hacienda Club, that will soon embody the period when Manchester was the music capital of the world.

The review on IMDB says it all:
"The story really starts with an early Sex Pistols gig in Manchester, attended by only 42 people, most of whom went on to have an influence on the Manchester music scene of the next 10 years. Wilson was in the audience, together with members of the band who went on to form the brilliant post-punk pioneers Joy Division. The first part of the film is really focussed on them, their manager Rob Gretton ( played by Paddy Considine) and their producer Martin Hannett (another superb cameo by Andy Serkis). Joy Division's lead singer, Ian Curtis, is portrayed so accurately by Sean Harris that it's positively eerie, and the scenes of the band playing in rundown venues seem remarkably true to life and capture effectively the rawness and intensity of their live performances. The film also deals, rather insensitively, with the death of Curtis, who's feet we see swinging after he has strung himself up on a rope in his house.
From then on, the story continues with Joy Division's reincarnation as New Order and the building of the Hacienda nightclub, and the sometimes disastrous business decisions made by Wilson and Factory. When New Order released Blue Monday, the record sleeve was so expensive to produce they lost money on every copy sold. The single went on to become the biggest-selling 12' of all time, paradoxically crippling Factory in the process. The first nights at the Hacienda were also calamitous, with bands playing in front of single-figure audiences. Eventually however, the druggy indie dance kings Happy Mondays arrived on the scene, and acid house was born. Suddenly the Hacienda was the place to be and the Madchester rave scene became famous all over the world. The scenes of drugs-and-sex-excess on the Monday's tour bus and the re-creation of the Hacienda club nights are superbly portrayed.
The final part of the film tells how gang violence led to the closure of the club and the drug-riddled misadventures of the Mondays, especially their singer Shaun Ryder, led to their downfall and had severe financial implications for Factory Records. Eventually, Factory was sold to another label (who were perturbed to find Wilson had not signed any contracts with any of the Factory bands, effectively giving the artists total creative freedom).
"24 Hour Party People" is a real roller coaster ride. There are some brilliant acting performances, punctuated by cameos from real members of the Manchester music scene (such as Howard Devoto and Mark E. Smith). The merging of legend and reality may make it difficult for people unfamiliar with events to work out what actually happened. But this is no accurate, austere documentary, but a touching, sometimes surreal, and often very, very funny, anarchic portrayal of a time and a place and it's music. Oh, and of course, the soundtrack is fantastic".

MK2 Bibliothèque: 128/162 av. de France (13e) - Métro : Quai de la gare (ligne 6), ou Bibliothèque (ligne 14)



03 décembre 2007

My blueberry nights

Enfin, le nouveau film de Wong Kar-Wai.

Après le très beau esthétiquement, mais très décevant "2046", sorti en 2004, on attendait d'autant plus ce nouveau film du réalisateur hong kongais que c'était là son premier coup d'essai aux Etats Unis.

Film tourné en anglais donc, avec une équipe américaine, des acteurs américains, une action se passant aux Etats- Unis. Cela change des ruelles bondées de Hong Kong et des échoppes enfumées!

L'histoire? Une fille vient de se faire jeter par son petit ami, elle cherche à le revoir en trainant dans un café où apparemment il vient régulièrement. Elle sympathise donc avec le patron de l'établissement, une sorte de "diner" cosy typiquement américain, servant des meat pies, des cheese cakes, le tout arrosé d'un bon café. Deux âmes esseulées qui vont se retrouver tous les soirs, et se raconter leur histoires d'amours respectives. Mais un jour elle ne vient pas: elle part en quête d'elle même et commence un périple à travers les Etats Unis, au cours duquel elle va rencontrer des âmes aussi perdues que la sienne. Partir pour mieux revenir... D'autant plus que le jeune homme du café, tombé amoureux, l'attend...

Si je raconte l'histoire avec tant de "romantisme", c'est qu'elle m'a vraiment plue: j'attendais beaucoup du film après la déception de "2046", et je n'ai pas été déçue: le choix de Norah Jones en premier rôle, au côté de Jude Law, fut un choix judicieux. Elle ne s'affirme pas assez à certains moments, mais bon, faut il lui en vouloir? C'est son premier film! Jude Law est égal à lui-même, mais c'est surtout dans les second rôles qu'il faut chercher les perles: Rachel Weisz et David Strathairn, épatants de justesse.

Les lumières, la musique, le décor, tout se prête à construire une ambiance inimitable, marque de fabrique de Wong Kar Wai. Je conseille donc à tous de se laisser porter par "My blueberry nights"!



30 novembre 2007

Une soirée à l'Ambassade


La gentillesse des Chinois, c'est peut être ce qui m'a manqué le plus. Le plaisir de pouvoir bavarder avec eux, plaisanter, leur poser des questions sans jamais se demander si je ne suis pas trop indiscrète pour eux, et enfin espérer ressentir ce petit quelque chose qui pendant une seconde ou deux, me transportera là bas, en Chine.
Hier soir, le service de l'éducation de l'Ambassade de Chine à Paris organisait une petite réception, comme elle le fait tous les ans à cette période. Début des festivités à 19h, avec petit discours (forcément!) et buffet chinois, et projection d'un film à 19h50. Il y avait environ 75% de Chinois et le reste de Français (d'Occidentaux, pour le moins). L'attraction principale semblait être le buffet bien sûr (pour Tobias et moi en tout cas!) car nous étions impatients de pouvoir enfin manger pour la première fois de la vraie cuisine chinoise, depuis notre retour de Chine. Porc sauce aigre douce, rouleaux de printemps frits, boeuf, brocolis, nouilles sautées, riz à la cantonnaise... Tout cela était très bon. Mais en bon jeunes Européens que nous étions, nous sommes restés principalement...près du bar, en compagnie du Bordeaux et du barman, gentil cinquantenaire originaire de Pékin, ainsi que du cuisinier, qui à ce que j'ai compris est arrivé en Juillet de Xi'an avec toute sa famille; il est en poste à Paris pour 2 ans. Du coup, plein d'enthousiasme le cuisinier est allé me chercher sa fille de 13 ans pour me la présenter! J'ai un peu parlé avec elle, toute intimidée la pauvre. Elle va à l'école chinois, le lycée François Villon, je lui ai dit que je connaissais (il se trouve Porte de Vanves dans le 14ème) car j'avais un cours là-bas.
Mais le film allait commencer, nous n'avions plus le temps de parler. On nous dirigeait déjà vers la salle de projection.
Le film diffusé était "Keke xili" ("可可西里" ou "Mounain Patrol" en anglais), film chinoise de 2004, portant sur le thème de la sauvegarde des antilopes tibétaines, espèce en danger. Il raconte l'histoire d'une patrouille d'incorruptibles volontaires tibétains, qui partent en patrouille chasser les braconniers tuant les antilopes. Ils seront suivis cette fois ci par un journaliste de Beijing, Ga Yu, qui se fait rapidement accepté par le groupe, car son père est tibétain. Il ne se révèlera pas être le citadin empoté, mais au contraire, il se montrera être un journaliste efficace et intègre, n'hésitant pas à mettre les mains dans le cambouis pour aider les patrouilleurs lorsqu'ils rencontreront une des nombreuses difficultés de leur voyage. A la fin, il publiera son article, qui aura apparemment un grand succès, et sera à l'origine du film.
J'ai vraiment aimé le film: c'est un film dur pourtant: un des patrouilleurs se fait tuer des les premières images du film, l'on voit un autre courir dans le sable, trébucher et tomber dans un trou de sables mouvants, et se faire lentement aspirer... Sans parler des carcasses d'antilopes que les vautours dévorent. Mais tout cela est à oublier devant les images des paysages sauvages du Tibet, et l'on admire le caractère de ces Tibétains: intrépides, courageux, solidaires, généreux... On en viendrait même à detester le "Han" de base, qui impose sa loi dans cette belle région.