"Ma muze est presque au désespoir, car certainement hier soir, au lieu de songer à la rime, je jouais si tard à la prime; que je dors encore debout, et je ne sais par quel bout je dois commencer ma copie..." Jean Loret.
14 janvier 2010
13 janvier 2010
Les lumières de la ville
27 novembre 2009
26 novembre 2009
Free Jiang Tianyong
14 octobre 2009
Premier tango à Washington

La semaine dernière (07/10/09) a paru dans le Washington Times un article qui m'a tenu à coeur pour plusieurs raisons: il concernait la Chine, le sujet était intéressant (sans dire émouvant...), et enfin un de mes collègues m'a gentiment conseillée d'y aller à sa place, car il savait que je pourrais interviewer le mec en chinois.
Bref, il était une fois le monde merveilleux de Tian an men un 03 juin 1989. Fang Zheng, brillant athlète avec un avenir tout doré de médailles devant lui, a le malheur de vouloir être galant: il aide une manifestante à s'échapper pour ne pas être écrasée par un char qui fonce droit sur eux. Sauf que c'est lui qui s'est pris le char, et que ses deux jambes ont été sectionnées net.
Pas grave, en Chine on a de la volonté. Il devient alors un athlète en fauteuil roulant, excellant au disque et lancer de javelot et ramassant les médailles à diverses compétitions. Mais il faut toujours se méfier avec les autorités chinoises: un beau jour de 1994 elles interdisent à Fang Zheng de se rendre à une compétition de peur qu'il ne parle de Tian an men et de la façon dont il a perdu ses jambes aux journalistes étrangers.
A partir de ce moment-là sa vie ressemble un peu à un enfer: surveillance, téléphone écouté, pas de boulot sauf des petits jobs par ci- par là, il rencontre pourtant sa femme Zhu Jin et se marient vers 1999.
Avant les JO de Pékin 2008, les autorités chinoises lui interdisent de se rendre à Pékin, et gardent toujours son passeport. Un jour un reporter allemand l'appelle et lui demande une interview après les Jeux...et par magie son passeport lui est rendu. Comme quoi le bureau de sécurité à l'oreille longue et fine! Il finit, avec l'aide d'associations et d'anciens leaders de Tian an men maintenant exilés au USA, par partir avec femme et fille sous le bras aux Etats-Unis, où il vit maintenant depuis mars 2009, en Californie.
Ces associations se sont démenées pour qu'il reçoive de nouvelles prothèses en fibre de carbone, le top du top en la matière, généreusement données par une entreprise ricaine leader en la matière. Coût du matériel, pose, réeducation: plus de 100 000 dollars, tout ça gratos, pour qu'il puisse enfin remarcher après 20 ans.
Alors que le Dalai Lama était à Washington en même temps (et snobé par un Obama pré-Nobel), que la Chine populaire fêtait ses 60 ans la semaine précédente (1er octobre), Fang Zheng a choisi de danser pour la première fois avec sa femme au Capitole, histoire de dire que le régime chinois l'a peut-être empêché de marcher pendant 20 ans, mais que les USA lui donnait l'opportunité de se remettre debout au sens propre comme au figuré. Tout cela gratuitement. Il est pas beau l'American dream?
Après la conférence de presse, il s'est donc levé, a laissé sa béquille, et a entraîné sa femme dans une valse qui ma fois n'était pas si mal que ça. C'était très émouvant, tout le monde pleurait, même les Chinois.
Petite anecdote (qui a été coupée dans mon article): Michael Horowitz du Hudson Institute, qui organisait l'évènement, a remis un prix (pour de rire) au bureau de sécurité de Pékin et au jeune homme zêlé qui écoutait le téléphone de Fang Zheng et a donc su pour l'interview avec le reporter allemand et le besoin de lui rendre son passeport -qui a permis sa fuite vers les USA. "Je voudrais remercier le jeune homme qui écoutait le téléphone, ses longues oreilles ont permis à Fang Zheng d'être ici aujourd'hui avec nous."
07 octobre 2009
How I met the Dalai Lama
Tom Lantos était un "député" américain mort en 2008. Hongrois, seul survivant de l'holocauste à être élu au Capitole, il a placé la défense des droits de l'homme et la promotion de la paix dans le monde son cheval de bataille. En 1987 il fut le premier "député" à inviter le Dalai Lama pour une visite officielle aux Etats-Unis, et depuis ce temps-là sa femme Anette (elle aussi Hongroise, il se sont rencontrés avant qu'il ne soit déporté) et lui ont développé une relation spéciale avec le chef spirituel des Tibétains.
Attribué pour la première fois, il était donc logique, selon Anette Santos, que le prix lui revienne.
06 octobre 2009
The importance of accuracy and the bathroom
Friday, 25th September, our group of students from the Missou's Washington program (7 overall) and other journalism students also enrolled in other Washington programs met at the National Press Building (I'll have to write about this awesome place) to listen to Donna Leinwand, USA Today reporter and current President of the National Press Club.She covers crime, justice, disasters and terrorism. Such a wide and exciting spectrum led her to cover hurricanes (Katrina, 2005 for example), bombings (London 2005), wars (Iraq)...Hello Donna, can I get your job when you retire?
From her hour-long speech, here are the main points that I thought were of importance:
- always check your facts, numbers and quotes. From my (small) experience, this seems to be more important in the US than say, in France (at least for the quotes);
- advices for foreign correspondents: when you see a bathroom, use it. A variant: when people give you some food, eat it (because you never know when is the next time you will have the opportunity to eat). Always have a stock of batteries with you just in case. Do not underestimate the power of beauty parlours to get gossips and words from the locals...it can make a good feature for example.
- she talked about the evolution of our job. How is it going to be affected by the internet and technology? "Technology changes the way people gather their news, not journalism in itself."
- about the rising importance of bloggers and the fact that people consider them sometimes as real journalists: trusted bloggers let us know what is happening in places where we can not be. For example, no media will have a correspondent in, say, Chad. This is why we rely on camera phones, Youtube, bloggers etc, to get some of our news. However: they are not professional news gatherers and will never be. We have to draw a line. They can not tell the difference between fact and opinion and most of the times it is poorly written.
- about the young journalists (us!) who are on the job market: we have two advantages (oh really? I did not know that...I'll have tell my Pole Emploi adviser!): we are cheap (is this an advantage?) and available: we do not have families or mortgage to support, we can go anywhere and work from 7 am to midnight.
Last but not least, she gave, from her own experience, three pieces of advice on how to beat the competition:
- read the papers;
- pitch many stories to your editor;
- get to the office early;
- cut on the happy hours...Only on Fridays!
Thank you Donna Leinwand!
Photo Flickr (Steffe).
05 octobre 2009
Playback
Comment lever 300 000 dollars en deux heures?Demandez à une grosse ONG américaine qui organise son gala annuel.
Prenez un lieu de premier choix (le Hilton Capital), ajoutez-y des invités triés sur le volet (State Department, ambassadeurs de divers pays arabes) une pincée de bons sentiments (8 gosses Palestiniens de 9 à 11 ans, faisant partie d'une troupe de danse folklorique de leur école, invités à l'occasion et pour la première fois à l'étranger et aux Etats-Unis), un peu de show efficace à l'américaine...Et voilà.
Bonne et intéressante soirée somme toute.
J'ai suivi ces adorables et sages enfants lundi et mardi pour un reportage, du coup les gens de l'ONG m'ont invitée.
L'article, publié dans le Washington Times mercredi, ici.
Photo: courtesy of TWT.
22 septembre 2009
19 septembre 2009
La revanche du pingouin
...ou le titre de post le plus débile que j'ai écris jusqu'à maintenant.The Revenge of the Penguins est en fait une course de 20 miles (environ 32 kms) qui se déroule dans le Maryland. Ce matin en l'occurrence.
J'ai failli arriver en retard, mais cela aurait été dommage de rater le magnifique paysage qui m'a été donnée de voir.
Nous avons couru le long du fleuve Potomac, qui passe par Washington DC itself, au milieu de la forêt. Heureusement, car sinon mes épaules se seraient transformées en barbecue, comme lors du marathon de la Grande Muraille de Chine en 2007.
Nous n'étions que 300, ce qui était en fait parfait: pendant de longs moments je courais toute seule. Un généreux jeune homme nous a même joué de la batterie de l'autre côté du fleuve pour nous encourager. A moins que ce ne soit pour s'entraîner plus tranquillement?
Mais généralement, j'ai remarqué depuis mon arrivée ici que les gens sont soit beaucoup plus sportifs, ou bien gros, il n'y a quasiment pas de demi-mesure. Les coureurs, ce matin, étaient tous bien musclés, ils semblaient bien entraînés et à fond, avec tout ce qu'il faut comme équipement.
Nous avons croisé de dizaines de coureurs qui ne faisaient pas partis de la course mais qui venaient s'entrainer...parce que c'est samedi matin et que l'on doit aller courir 10kms avant de foncer au cours de yoga et ensuite aller bruncher et faire du shopping et aller boire un verre et ....bref, faire des tonnes et des tonnes de choses dans une seule journée, parce que l'on doit avoir des journées bien remplies parce que sinon nos vies risquent d'être d'un vide intersidéral!
PS: un de mes articles a été publié en une du Washington Times vendredi (18/09). Yeah!
17 septembre 2009
15 septembre 2009
Newsroom trivia
Ainsi va la vie dans la newroom.Ce matin un oiseau s'est bruyamment emplafonné dans une des baies vitrées de la newsroom, avant de glisser lentement le long de la vitre. Marrant.
Hier un journaliste (d'un certain âge et en béquilles) est tombé dans les escaliers et a été transporté en ambulance. Moins marrant.
05 septembre 2009
Tales from the underground
Il était une fois le service public aux Etats-Unis.Comme les transports publics par exemple. Prenons l'exemple de Washington, qui se targue de posséder l'un des meilleurs services de métro du pays.
Le "Metrorail" est constitué de 5 lignes (rouge, jaune, bleu, orange et verte), qui s'étendent jusque loin en banlieue (Virginia et Maryland, puisque le district de Columbia, i.e. DC, est très petit). L'entrée des stations sont comme des gigantesques trous de bétons, percées par des gigantesques escalators. Très esthétiques. D'ailleurs tout est affaire de (non) esthétique dans le métro de DC. Son concepteur, à la fin des années 60, a choisi le nom de "métro" pour imiter Paris et Londres et éviter le "subway" de New York, avec toute la mauvaise image qui y est associée (crime etc). Il a sans doute oublié que l'intérieur d'une station compte aussi. L'intérieur du métro de Washington est tout de béton tapissé, et les lumières sont volontairement faibles pour justement donner l'impression que l'on est bien sous terre.
Résultat: une horrible architecture carrée et vieillissante, des hauts plafonds gris clairs, des teintes marrons...Magnifique.
Encore, tout cela passerait si le service était irréprochable. Loin de faire ma Parisiano-parisienne (le métro de Paris a ses défauts bien sûr, à commencer par ses cheminots), j'ai remarqué qu'à DC il y a TOUJOURS un problème, quelle que soit la station où vous vous trouvez. Au choix:
- une panne d'escalator en sortant de la rame ou en sortant/entrant dans la station de métro. Sympa les 100m de dénivelé à grimper pour sortir;
- une panne d'ascenseur;
- des rails en maintenance, ce qui cause des retards, déviations, whatever;
- des stations fermées pour travaux (heureusement ce sont souvent les stations en banlieue héhé).
Résultat: une ou plusieurs lignes sont constamment retardées, des stations sont fermées totalement au public pour travaux de maintenance pendant des week ends entiers (comme la station Ronald Reagan Airport, un week end chargé de Labor day, ce qui a à juste raison causé un petit scandale ces jours-ci), les métros viennent quelquefois seulement toutes les 20 minutes, et il est fréquent de devoir à l'impromptu sortir du train à une station et attendre le prochain pour une raison que l'on ne nous donne pas.
01 septembre 2009
The last house on the left
J'habite à présent près de RFK stadium et du DC General Hospital, South East district. Un peu loin et un peu craignos, mais je suis contente. Après tout, Washington ne se résume pas au quartier huppé et propret de North West (NW). De toute façon je n'y reste que trois semaines; je redéménage mi-septembre pour me rapprocher de U Street (déjà une de mes rues préférées).
Je vois à peine mes colocs (ma proprio jongle entre trois jobs et mon coloc, un journaliste du Nigéria, ne sort quasiment pas de sa chambre de la journée...pratique pour les reportages!). Mais ce n'est pas grave, j'ai les chats pour me tenir compagnie. Trois gros matous qui perdent leurs poils à qui mieux-mieux. Heureusement j'ai fait de ma chambre un sanctuaire anti-poil de matou, un luxueux havre de paix doté d'un matelas à air et d'un vieux radiateur qui me sert de table. Qu'on est bien chez soi.
28 août 2009
27 août 2009
La petite maison dans la prairie
J'habite donc a cote de U Street, connue pour etre une rue des bars. La petite maison jaune est toute proprette et ressemble en fait a son locataire. Un certain Mat M., 24 ans, un grand americain tres sympa. Je n'ai pas encore rencontre son colocataire, il doit rentrer ce soir (jeudi 27), mais j'ai deja prepare le terrain en achetant une bouteille de Bordeaux (il ne sait pas en fait que son coloc a dit oui a une couchsurfeuse). On ne sait jamais...
Un ami, amateur bien connu de l'Europe du Nord, a senti ma detresse dans ma tentative de comprehension de la mentalite americaine en ce qui concerne les relations sociales. Il m'a envoyee ce petit article bien ficele qui resume en gros pourquoi nous Francais, pensons souvent que ces salauds de ricains sont des "faux-culs". Petit extrait:
"Dans le cas français, aller vers l'autre est motivé par la construction possible d'une interaction durable et mutuellement fructueuse. L'Américain ne partage pas cette approche. L'Américain vit dans une société qui valorise l'action, et de fait son processus de socialisation est dominé par la tâche à accomplir. Une fois celle ci terminée, chacun repart de son côté avec la satisfaction de l'action accomplie, terminant ainsi la période précédente d'interaction et de coopération. Dès lors vous l'aurez compris, la rencontre entre le français constructeur et l'américain "faiseur" se fera au détriment de la compréhension entre les deux rives de l'Atlantique : pour le Français, l'Américain sera un vrai faux-cul."
Ma vision des relations sociales aux Etats-Unis sera l'objet d'un petit post dans les semaines a venir.

