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29 août 2008

Zola, le "blogueur-citoyen" tranquille

Inquiété par la police et empêché d'aller à Pékin pendant les Jeux Olympiques, site internet fréquemment bloqué, le blogueur Zola semble faire trembler les autorités. Voici mon interview de ce jeune Chinois de 27 ans, qui refuse le label « premier journaliste-citoyen de Chine » que lui donnent les médias.


Rien de prédestinait Zola (de son vrai nom Zhou Shuguang 周曙光) à aller enquêter sur les sujets sensibles que le gouvernement aimerait bien oublier. Né dans un petit village de la province du Hunan, Zola choisit à 15 ans ce pseudo en référence au footballeur italien. Il part travailler à Shenzhen dans les télécommunications après un an à l’université. Cinq ans plus tard, il quitte tout et voyage dans toute la Chine pendant un an. Revenu aujourd’hui dans son pays natal, il tient un petit magasin de boissons où se croise la jeunesse locale autour d’un billard et d’une partie de ping pong.


« J’ai commencé à être vraiment connu en mars 2007 grâce à l’histoire de la maison-clou de Chongqing. ». A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit : une petite maison en brique résistait à l’assaut des pelleteuses qui voulaient transformer la zone en résidences de luxe. Zola avait réussi à rencontrer la charismatique propriétaire, Mme Wu, qui avait répondu à ses questions. Puis il a enchaîné avec le projet Xiamen PX en Juin 2007, où les habitants de la ville côtière s’étaient opposés à un projet industriel et chimique. Quand les habitants de Wengan dans la province reculée du Guizhou, ont brûlé en juin dernier des bâtiments administratifs pour protester contre la mort suspecte d’une jeune fille, il était là aussi. Du coup, quand il a voulu se rendre à Pékin pour les Jeux Olympiques, il est arrivé ce qui arrive en Chine quand on est trop curieux.


« Depuis deux semaines je suis surveillé par des gens du gouvernement, ils m’interdisent de quitter mon village. Ils ne veulent pas que j’aille à Pékin. A mon avis, le gouvernement ne veut pas que j’aille fourrer mon nez ailleurs, comme je l’ai fait à Wengan. » Zola ne pourra aller à Pékin qu’à partir de fin Septembre. « Je voulais aller voir les Jeux, et aussi je devais rencontrer quelques journalistes ». Zola nous assure que c’est en fait assez facile d’échapper à la vigilance des autorités. « Je ne le fais seulement quand j’en ai besoin, par exemple quand je suis allé enquêter à Wengan. A Pékin de toute façon le prix des hôtels étaient trop chers pendant la période des Jeux ».


D’ailleurs, comment « le 1er blogueur-citoyen » de Chine finance t’il ses voyages ? « J’utilise pour la plupart mon propre argent, mais il y a aussi des personnes qui font des dons via mon blog. ». Concernant les Jeux, il se fait plus bavard : « les Jeux ont eu un impact sur la transparence des médias en Chine, surtout en 2007 et 2008. Par exemple, les médias étrangers ont pu enquêter sur plus de choses, et les médias chinois ont dû suivre le mouvement. Avant cela, les médias chinois n’osaient pas aller enquêter sur des sujets trop sensibles. Mais il reste encore beaucoup à défricher. »


Pour Zola, le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites en 2001 concernant la liberté des journalistes. « Ce sont tous des menteurs. Regardez par exemple ce qui est arrivé aux deux journalistes de Hong Kong quand ils ont voulu filmer la vente des billets : ils se sont fait taper par la police ».


C’est l’heure d’aller déjeuner pour Zola. Son prochain voyage ? « Je ne sais pas encore. J’essaie d’aller au delà de ce que les médias officiels nous donnent. Je ne veux pas répéter leur contenu, ce serait une perte de temps et d’argent. Avant tout je veux continuer à écrire mon blog et à m’amuser. » En tout cas, il est nominé pour le Best of Blogs 2008, cérémonie organisée par la Deutsche Welle, récompensant les meilleurs blogs du monde entier.



28 août 2008

Le phénomène "Iphone girl": l'histoire vaut bien un sourire...

Une jeune ouvrière de Shenzhen devient un phénomène internet mondial après que sa photo la montrant à la chaîne de production se retrouve accidentellement sur un Iphone.L'histoire a commencé le 20 août, quand un nouvel acquéreur de l'Iphone 3G, un Anglais de Kongston upon Hull, s'est aperçu que son téléphone contenait déjà des photos : en l'occurrence de l'assembleuse chinoise de son téléphone, à l'usine de Shenzhen. Sous son pseudo Markm49uk, l'heureux acquéreur a posté l'info sur le site internet macrumors.com avec les trois photos qui feront le tour du monde. Elles montrent une jeune chinoise à son poste de travail, souriant à la caméra en faisant le V de la victoire.

Liu Kun, porte parole de Foxconn, entreprise taiwanaise qui assemble les Iphone 3G à Shenzhen en Chine et entreprise employant l'ouvrière, a déclaré que « les ouvriers de la chaîne de production testent habituellement l'appareil photo de chaque téléphone pour voir s'il fonctionne correctement ». Les photos trouvées sur le Iphone 3G signifieraient donc que la collègue de la jolie ouvrière a oublié de les effacer du disque dur.

L'histoire a en tout cas déclenché un intérêt inattendu pour la jeune fille, maintenant surnommé « Iphone girl » : « Elle est très jolie ! » « Tous les Iphones devraient contenir une photo de la fille qui l'a emballé pour toi. Surout si elle est mignonne ». Des fans enthousiastes ont même crée des sites tels que iphonegirl.net ou iphonegirl.cn qui relatent les dernières infos sur l'anecdote.

Beaucoup se sont inquiétés du fait qu'elle pourrait être pénalisée à cause de cette histoire et être renvoyée de son usine. Mais Liu Kun a assuré que la jeune ouvrière, originaire du Hunan, y travaille toujours et ne sera pas renvoyée. Un internaute du nom de « Foxconn guy », a écrit sur macrumors.com que ni la fille ni sa collègue qui a pris la photo ne seront licenciées, mais qu'à présent les ouvriers devront prendre des photos des boites de Iphones uniquement.

Simple erreur ou coup de pub de la part de Foxonn et d'Apple : les médias chinois et anglophones, qui ont largement relayé l'anecdote, s'interrogent. En tout cas la jeune ouvrière fuit les médias et a demandé à Foxconn de ne pas réveler son nom.

Posté sur AujourdhuilaChine et Lepost.fr


25 août 2008

Pour les champions chinois, l'or olympique vaut beaucoup d'argent

Les athlètes chinois médaillés pendant ces Jeux Olympiques sont assurés de recevoir un confortable pactole, en liquide ou sous forme de cadeaux divers.

La marque de bière Yanjing, troisième brasseur en Chine et sponsor des épreuves aquatiques, a en effet annoncé le 19 août que chaque athlète chinois qui montera sur la plus haute marche du podium recevra en liquide 1 million de yuan (environ 98 700 euros). Les médaillés d'argent recevront 500 000 yuans, et 200 000 iront aux médaillés de bronze. Alors que le pays hôte des JO se targue de 44 médailles d'or (au 20 août), il est fort probable que d'autres marques chinoises se mettent à suivre le mouvement afin de renforcer leur image.

L'argent ne viendra pas seulement des entreprises, puisque le gouvernement compte aussi mettre la main à la poche. L'administration générale du sport de Chine a promis un chèque, non imposable, de 250 000 yuans, de 200 000 yuans et de 130 000 yuans pour les médaillés d'or, d'argent et de bronze. Ces sommes représentent une augmentation de 50 000 yuans par rapport aux Jeux Olympiques d'Athènes de 2004. Les fédérations de tennis et de football, où les athlètes ne sont pas favoris pour gagner une médaille, ont choisi d'ajouter à cette somme 15% si jamais un de leurs athlètes pouvait faire des miracles.

Les gouvernements provinciaux et municipaux veulent eux aussi cette année encore choyer leurs prodiges. En 2004 les gouvernements du Fujian et de Shanghai avaient offerts à leurs athlètes médaillés d'or 500 000 yuans, le Guangdong 200 000 yuans. Sans oublier les cadeaux en nature : la plongeuse chinoise Guo Jingjing, multimédaillée aux Jeux Olympiques et aux Championnats du monde, s'est vue offrir une luxueuse villa dans la banlieue de Shijiazhuang, sa ville natale.

Ces sommes sont bien sûr à rajouter aux revenus que les athlètes tirent de leur contrat avec des marques, qui se sont pressées pour les sponsoriser en vue du pactole des Jeux Olympiques de Pékin. Beaucoup de ces athlètes n'ont pas besoin en fait de ces bonus gouvernementaux. Ainsi Liu Xiang était quasiment garanti d'arriver sur le podium final du 100m haies avant qu'il n'abandonne lundi pour cause de blessure. Depuis 2004, il est une star en Chine et accumule les contrats publicitaires avec différentes marques (Coca, Nike, Visa, Amway etc) qui lui ont rapporté 160 millions de yuans en 2007.

Mais l'administration générale du sport et les différents gouvernements provinciaux ont beau jeu de récompenser ces sportifs : certes leur réussite a représenté des années d'investissements financiers de leur part (entraînements, infrastructures, personnels d'encadrement...), mais cet argent leur revient d'une façon ou d'une autre, puisque les athlètes restent dans le giron de l'état et doivent partager leur revenus...Dans le cas de Liu Xiang, sa carrière est discutée entre les murs de l'association chinoise d'athlétisme. Ses revenus ? 15% vont à son entraîneur, 20% au bureau des sports de sa ville natale (Shanghai) et 15% à l'association chinoise d'athlétisme. Les 50% restants lui reviennent.

Article posté aussi sur Aujourd'hui la Chine sous un pseudo.

New Beijing: the CCTV headquarters

Located in Beijing's new Central Business District, near the 3rd east ring road, the CCTV towers are 240m tall with a floor area of 400, 000 square meters. The outside was completed in time for the 2008 Beijing Olympics.

In December 2002 the Office for Metropolitan Architecture was awarded the contract after an international competition. This very unusual tower will harbour China Central Television (CCTV) headquarters and the entire process of TV-making: administration, news, broadcasting, studios and program production. The tower is also called the "pants tower" by some Chinese people, because of it's gravity-defying shape. According to Arup, the company in charge of the engineering, "the tower is three-dimensional ‘cranked loop’. The building is formed by two leaning towers, bent 90° at the top and bottom to meet in an overhang and counterweight base.

The highly unusual shape means that by its nature the CCTV headquarters has some very complicated twisting and overturning characteristics. Enabling the tower to defy the laws of gravity proved an unparalleled engineering challenge, not least because the building needs to withstand a high level of seismic activity."

A second building stands apart from the towers: the Television Cultural Center, which includes a hotel, a visitor's center and some exhibition spaces.

The headquarters as a whole are said to be done by year end. When I came there, I asked my taxi driver what was his thoughts are the CCTV building. He replied that he did not like it as it didn't mix with the surroundings (plain 2 or 3 storey-buildings). I said that it is the same with the new Opera next to the People's Assembly. I guess that what we look as architectural wonders (the Bird's nest, the Opera, the Water Cube etc) are still thought to be unusual or even ugly for the Chinese 老百姓. They see their city changing so quickly, they need time to get used to it.

Link to the WSJ article about the new Beijing architecture: "Unfinished city, a Beijing tour"

22 août 2008

Le cube d'eau, comme si vous y étiez!

Une animation intéressante que le site du New York Times propose: un panorama interactif du Cube d'eau (la piscine olympique), plaçant le lecteur à la place du plongeur! Il suffit de déplacer la souris et on a une vue à 360°. Magique!

Photo de 囧-WQ-囧 via Flickr.

Ma matinée au Stade Olympique

Les JO se finissent dimanche soir, et je n’étais toujours pas allée assister à une compétition. J’ai beaucoup traîné autour des différents stades et gymnases, en quête d’images et de témoignages, oui, mais sans jamais pour le moment passer le contrôle des spectateurs.

Bien décidée à avoir moi aussi ma part du spectacle, j’ai acheté un billet au marché noir il y a quelques jours. Hier matin (jeudi 21) j’avais donc rendez-vous au stade olympique pour les épreuves d’athlétisme de 9h à 13h. Au programme : le 20 kms marche (femme), le décathlon, les qualifications pour le javelot et le saut en longueur homme, et le saut en hauteur femme. Il y a eu un invité surprise : la pluie. En effet c’est sous une pluie battante que la majeure partie des épreuves s’est déroulée. Quand je vous disais que le temps laissait à désirer...

Pour arriver jusqu’au parc olympique c’est un parcours d’obstacle qui prend environ 1h30mn. Il faut prendre le métro, passer le contrôle des billets parmi la foule compacte, reprendre le métro (la nouvelle ligne olympique) et marcher jusqu’au stade. Le stade olympique, surnommé le nid d’oiseau, est gigantesque. Tout en courbes et en longues tiges, l’extérieur est couleur acier, l’intérieur est rouge. Une fois rentrée, je remarque l’armée de volontaires souriants, qui sillonnent les 2 étages de l’édifice, toujours prêts à aider. J’ai de la chance, je suis étonnamment bien placée. Vers le bas et dans un virage, je peux apprécier l’étendue du nid d’oiseau avec en haut à droite la flamme olympique qui me nargue de sa vigueur, sous la grosse pluie.

C’est bientôt l’arrivée du 20kms marche. La Russe Olga Kaniskina arrive en tête dans le stade, et tout le monde se met à l’acclamer. Après tout elle a marché 1h26 sous la pluie battante! Les autres épreuves débutent aussi: au lancer de javelot, le sol est tellement trempé que les sportifs dérapent quasiment tous après leur lancer, et se vautrent avec plus ou moins de style... Au saut en hauteur, la française Mélanie Skotnik échoue à se qualifier. Ce n’est pas grave, les Chinois sont très bons publics et encouragent tous ces sportifs, qui tentent de se qualifier dans des conditions exécrables.

Vers midi la pluie cesse enfin. Un bout de soleil apparaît. Les files d’attente aux stands de boissons et nourritures s’allongent. Les épreuves se terminent, je pars explorer les autres étages du « nid d’oiseau ». Partout les Chinois se prennent en photo, ils sont fiers de leur stade. Preuve qu’ils ne sont pas tout à fait encore habitués à voir des occidentaux : je me fais photographier avec un couple qui me brandit sous le nez une banderole rouge « Allez la Chine ! »

19 août 2008

L'équipe chinoise de football fait honte au pays

« Il y a 2 choses qui retiennent les joueurs de l’équipe chinoise de football d’aller disputer des matchs à l’international : leur pied droit et leur pied gauche ». Les Chinois ont honte de leur équipe de foot masculine. Aux nombreuses défaites s’ajoutent l’état d’esprit déplorable des joueurs, connus pour être violents. Le football est aujourd’hui l’un des seuls sports qui résiste encore à la moisson de médailles chinoises...

Le 13 août, le match Chine Brésil s’est soldé par un score sans appel pour l’équipe chinoise : une défaite 3-0. Les supporters chinois se sont mis en colère quand l’entraîneur brésilien Dunga a déclaré plus tard qu’il ne comprenait pas pourquoi les Chinois n’avaient pas plus attaqué alors qu’ils étaient menés au score. Le football est un des sports les plus populaires en Chine avec le basket, le ping-pong et le badminton. Les jeunes Chinois connaissent sur le bout des doigts la composition des clubs étrangers. Beckham, Ronaldinho, Henry sont pour eux des stars. Pour les autorités chinoises, c’est un casse-tête : le pays a l’argent, la réserve de population représentant un vivier inépuisable de talents potentiels, les fans, et pourtant le niveau de l’équipe nationale reste coincé dans les tréfonds de l’amateurisme. Les fans eux-mêmes sont les premiers à critiquer le faible niveau de leur ligue professionnelle, créée en 1994. Mais ce qui les désespère le plus : leur équipe nationale. Non seulement elle accumule défaite sur défaite, mais les joueurs chinois n’hésitent aussi pas à donner quelques coups mal placés aux adversaires qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin.

Alors que l’équipe féminine est saluée pour son bon niveau général (elle fut en finale de la coupe du monde en 1999 et la FIFA la classe en 5ème position mondiale), l’équipe masculine n’a pas ce bonheur. A Pékin elle finit dernière de son groupe et n’est pas qualifiée pour les ¼ de finale. L’histoire ne fait que se répéter : pour la Coupe du Monde 1998, battu par le Qatar, elle n’as pas pu se qualifier. En 2002, les pays hôtes (Japon et Corée du Sud) étant absents des qualifications la Chine a pu se glisser parmi les heureux élus. Absente en 2006 en Allemagne, la Chine le sera également en 2010 puisque l’équipe a échoué face à l’Iraq.

Les moyens ne manquent pourtant pas. La CFA (China Football association) a recruté des entraîneurs étrangers, comme le serbe Vladimir Petrovic pour relever le niveau de l’équipe. En 2003 plusieurs jeunes joueurs jugés prometteurs ont été envoyés deux ans en Allemagne s’entraîner sous la houlette du fameux entraîneur allemand Eckhard Krautzun. Enfin l’équipe a multiplié les matchs amicaux à l’étranger. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous, au grand malheur des Chinois qui ne se privent pas de se moquer de leur équipe. D’autant plus qu’un autre mal ronge les joueurs : la violence. Les joueurs chinois sont connus pour vivre le football comme un combat et non comme un jeu. Tacles dangereux et coups de pied mal placés semblent être leur spécialité. Lors du match de pool Chine- Belgique, le 13 août, il y a eu 2 cartons rouges...pour 2 joueurs chinois. Les fautes ? Un coup de pied dans l’entrejambe et un coup de coude, rien que ça. On se souvient que Djibril Cissé s’était fait une double fracture de la jambe lors du match amical France- Chine en Juin 2006...

Du coup en privé, sur internet et dans les journaux, les quolibets fusent : « Notre équipe est championne olympique des arts martiaux » « Fumer nuit à la santé, jouer avec l’équipe chinoise nuit à votre santé aussi ». Signe de maturité de la part des supporters chinois, pourtant si prompts à s’enflammer : les mésaventures de leur équipe sont tournées en dérision. Des blagues circulent ainsi que des vidéos parodiant la chanson « Beijing Welcomes You » ("Beijing Huanying ni" ou 北京欢迎你) qui tourne en boucle à la télévision. Dans la nouvelle version on peut entendre « Nos buts sont grands ouverts pour vous, ne vous gênez pas, vous allez adorer jouez avec nous ». Xie Yalong, le président de la CFA, en prend pour son grade aussi dans les chansons. Lors du match Chine- Belgique, les supporters chinois scandaient son nom en demandant sa démission.

Les joueurs eux-mêmes admettent pourtant qu’il y a un problème : « Nous jouons au football comme les Brésiliens jouent au ping-pong » a admis Li Weifeng, le capitaine de l’équipe olympique. Certains l’ont pris pour une insulte envers les Brésiliens. Les supporters les plus optimistes y verront le signe d’une prise de conscience...

18 août 2008

Stupeur et tremblements: Liu Xiang est forfait du 110m haies

Selon L'Equipe.fr :

Liu Xiang ne sera pas médaillé d'or, chez lui, sur le 110 m haies. Le tenant du titre olympique a été incapable de passer la première haie de sa série du premier tour, en raison d'une blessure à un pied, ce mardi. Des bruits couraient à ce sujet depuis quelques temps. Sur une chaîne de télévision française (Canal +), l'annonce de l'abandon à venir a même été communiquée une heure avant la course fatidique. Et Liu Xiang est arrivé sur la piste, boitant, grimaçant de douleur, peinant à se mettre dans les starts.

Quelques minutes plus tard, deux hommes doivent expliquer l'impensable - comment l'icône de tout un pays, soumis à une pression monstrueuse, a pu échouer de la sorte ? - : Feng Shouyong, l'entraîneur de l'équipe chinoise d'athlétisme, et Sun Haiping, l'entraîneur personnel de Liu Xiang. Ce dernier éclatera en sanglots durant la conférence de presse et ne dira plus rien par la suite. Mais il aura eu le temps de donner quelques explications : Liu Xiang souffre de deux blessures récurrentes depuis plusieurs saisons, l'une à la jambe, l'autre au pied droit, à l'endroit où le tendon d'Achille touche l'os. La première était guérie, la deuxième a provoqué l'abandon. Liu Xiang est arrivé au Village olympique samedi dernier en souffrant. Il a été soigné pendant trois jours et son entourage pensait que la douleur avait disparu. Elle est pourtant revenue ce lundi matin. Liu Xiang a quitté le Nid d'Oiseau en larmes.

Ladji Doucouré, qui s'était qualifié quelques minutes plus tôt pour les quarts de finale, a été l'un des premiers informés de l'impuissance de son rival : « A l'échauffement, je suis allé le voir. Dans mon anglais bizarre, je lui ai demandé comment il allait, vu que je ne l'avais pas vu depuis longtemps. Dans son anglais bizarre, il m'a répondu que ça n'allait pas du tout, qu'il avait mal à son tendon, qu'il était « out ». Sur le coup, j'ai cru que j'avais mal compris.D'après Feng Shouyong, Liu n'a pas voulu déclarer forfait avant le début de sa course. Il tenait à concourir tant que la douleur était supportable. Trois médecins étaient avec lui sur le stade d'échauffement. Durant la conférence de presse, les deux entraîneurs ont justifié l'absence d'informations officielles par le fait qu'ils n'imaginaient pas que la blessure soit si grave. Ils ont aussi cherché à glorifier leur champion, répétant sans cesse ce qu'il représentait pour la Chine et relatant à maintes reprises tout le travail effectué depuis quatre ans et la victoire à Athènes.

C'est donc un curieux premier tour qui s'est déroulé sur 110m haies ce mardi. Quelques minutes avant l'abandon de Liu Xiang, l'Américain Terence Trammell avait, lui aussi, dû renoncer, à cause d'un claquage, avant de passer le premier obstacle. Et le Letton Stanislav Olijars n'a pas non plus pris le départ de sa série."

Ma version (devant la télé):

C’est le moment que l’on attendait tous... Ou plutôt toutes ! Aujourd’hui devait être le grand jour où Liu Xiang devait entrer en compétition. Champion olympique en titre du 110 m haies et seul Chinois à avoir remporté une épreuve majeure en athlétisme, Liu Xiang en Chine est un héros national, dieu vivant, et chéri de ses dames. On l'attendait à la finale, jeudi, 21h45. Le rendez-vous était pris.

Depuis Athènes en 2004, il est apparu sur de nombreuses publicités, de Coca Cola à Visa en passant par une marque de lait « qui fait grandir ». Il est un membre du comité central du PCC et a été le premier relayeur de la flamme olympique. C’est dire la dimension nationale du personnage et la pression énorme qui pesait sur ses épaules. Ce natif de Shanghai, surprotégé pendant ces JO, n’est entré dans le village olympique que samedi. Tout a été fait pour préserver le secret sur sa santé.

Ce matin donc, 11h50 heure locale, mes collègues et moi étions pendues à notre télévision pour regarder notre chouchou. Sauf qu’à son arrivée sur la piste, nous avons tout de suite vu que quelquechose n’allait pas. Boitant, grimaçant et sans entrain, Liu Xiang avait mal.

Il s’est mis une dernière fois aux starting blocks pour retravailler son départ, a sauté une ou deux haies, est reparti en boitant....Puis le faux départ du hollandais Marcel van der Westen, et à la stupeur générale Liu Xiang remballe ses affaires et repart la tête basse...Au bureau nous étions comme folles. « C’est une catastrophe ! » déclare une de mes collègues, qui avait plus tôt crié « Come to mama ! » à l’attention du champion national. Dans l’après midi, je suis allée demandé à plusieurs Chinois : « Bien sûr c’est très triste » m’a répondu l’un deux. A ses côtés était posé une édition du journal du soir de Pékin, qui fait la une sur l’abandon de Liu Xiang.

Une autre de mes collègues m’a avoué plus tard qu’il vaut mieux qu’il ait abandonné maintenant plutôt qu’échouer avec seulement une médaille d’argent ou de bronze...Le destin de Liu Xiang : une blessure plutôt que le déshonneur de ne pas remporter l’or ?

Photo: Copyright © 2008 Sohu.com Inc. All Rights Reserved. 搜狐公司 版权所有。

Edit: des milliers de messages d'encouragements sont postés depuis ce matin sur son site internet.


14 août 2008

Arrestation du blogueur Zuola

Par Rue89:

"Mercredi, (...) des hommes débarquent chez "Zola" pour l’interpeller, l’un des blogueurs les plus remuants de Chine, (Il) envoie aussitôt par son téléphone portable un message sur Twitter, ce réseau de microblogging sur lesquels les messages ne font pas plus d’une phrase.

Il envoie plusieurs messages en quelques minutes, pour confirmer qu’il est emmené de force en voiture. Puis pour indiquer qu’il a été emmené pour interrogatoire sous un prétexte à première vue grotesque: il serait soupçonné d’avoir violé la loi sur l’enfant unique, alors qu’il n’a pas d’enfant."

Tous les tweets sur Global Voices Online.

Son site ici et son blog ici.


13 août 2008

Vu à Pékin

Le 8 août 2008, RSF réussissait à diffuser clandestinement un programme radio sur les ondes FM à Pékin, appelant au respect des Droits de l'homme et des promesses faites par Pékin sur la liberté d'expression pendant les JO.
Ci-contre est ce qui a fleuri sur les murs de Pékin quelques jours après.
Hasard? Coincidence?

11 août 2008

A Pékin, pas de sport en chambre pour les athlètes

C’est bien connu, les Jeux Olympiques sont aussi l’occasion pour les athlètes de faire la fête une fois leur compétition terminée, entre eux ou bien dans les bars de la ville hôte. Sydney avait distribué 70 000 préservatifs, Athènes 130 000 pour subvenir aux chaudes nuits des sportifs. A Pékin, ce sera une toute autre histoire...

Comme d’habitude, Pékin a fait les choses en grand : un village olympique moderne et confortable, une cantine délicieuse selon les dires des athlètes, des volontaires souriants à chaque coin de rue, une organisation irréprochable...Du coup les autorités ont sans doute pensé que les traditionnels préservatifs gratuits pour chaque délégation seraient superflus. A part dans la clinique du village où 100 000 unités ont été placées avec notices explicatives en trois langues sur les dangers du SIDA, aucun préservatif ne sera mis en libre service pour les athlètes. « En effet je n’ai vu aucun préservatif, a déclaré la championne du monde d’aviron Amber Halliday, athlète australienne. Mais le comité olympique australien a mis un grand bol où tout le monde peut se servir ».

Idem pour l’alcool, persona non grata dans le périmètre du village. « Ce n’est pas le meilleur endroit pour sortir à Pékin » admet un membre chinois du groupe de rock de la seule boîte de nuit du village. Murs et sol gris, pas d’air conditionné, l’endroit censé faire danser les sportifs en manque de romance ferme à minuit. Mais de nombreux athlètes comptent bien sortir de leur prison dorée et découvrir les bars pékinois une fois la compétition terminée.

La liste des interdits est longue : pas de frigo dans les chambres, au cas où un athlète serait tenté de ramener des bières, ni de jeu d’argent. Un DVD ce soir ? Le choix se restreint à quelques films « familiaux »... Comme le résume Catherine Bremer, journaliste chez Reuters : « passer une soirée au village olympique ? Ca craint. »

Selon Time Magazine, en 2000, Sydney avait dépêché 10 000 prostituées pour satisfaire 150 000 clients par jour. Encore un plaisir qui sera absent des Jeux de Pékin, puisqu’il n’y a officiellement pas de prostitution en Chine... Les athlètes masculins pourront toujours se consoler sur le fait qu’il y a un nombre record d’athlètes féminines en ces 29ème Olympiades, soit 45% du total.

Image de Tuxedotravels via Flickr.

10 août 2008

Empeche de manifester a Pekin? RSF a la solution

Poste le vendredi 8 aout sur LePost.fr:
L'ONG Reporters sans frontières a lancé aujourd’hui un nouveau site (http://www.rsfbeijing2008.org/) qui te permet de faire une « cyber-manifestation ». Tu t’inscris, tu tapes ton slogan, et c’est bon : te voilà agitant ta pancarte devant un stade olympique virtuel au milieu de plusieurs milliers de manifestants. Sur le site internet de RSF, les internautes du monde entier sont invités « à protester contre l’absence de liberté d’expression en Chine et demander la libération des prisonniers politiques ».
Bon, l’initiative mérite d’être saluée. Mais on peut douter qu’une manifestation virtuelle donnée par une poignée d’Occidentaux soucieux des droits de l’homme pèse lourd devant l’enthousiasme et la ferveur de plus d’un milliard de Chinois, qui sans aucun doute regarderont quasiment tous la cérémonie d’ouverture...
En matière de manifestation, les autorités de Pékin ont toujours joué un double jeu. Pour pouvoir manifester pendant les Jeux Olympiques, il faut en faire la demande plusieurs jours auparavant; la manifestation sera cantonnée à une certaine zone. Pourtant, ce n’est pas ce qu’on a dit à Zhang Wei, un citoyen lambda. Il a demandé la permission de manifester après s’être fait jeter de chez lui sans compensation... on l’a alors mis en détention provisoire pour trouble de l’ordre public.

08 août 2008

Le nouveau quartier de Qianmen se dévoile aux yeux du public 8月7号老前门终于开业了







Le jeudi 7 août à 06h30 du matin. L'avenue Qianmen, au sud de la place Tian an men, a enfin rouvert ses portes, après plus de 3 ans detravaux. La foule s'est pressée pour admirer les belles façades refaites en style ancien qui cachent bien les nombreux drames qui se sont joués.

En cette chaude matinée, l'avenue Qian men, longue de 840m a été dévoilée au public en grande pompe. Il faut dire que ce grand projet de plus de 3 ans, caché derrière ses panneaux en carton, a suscité la plus grande curiosité. Pourtant ce n'est que la première partie d'un vaste chantier.
Qian Men est un quartier traditionnel du vieux Pékin et l'une des plus anciennes artères commerçantes. La rue a pris forme il y a environ 570 ans sous les dynasties Ming et Qing, avant de prospérer pendant les années 1920 et 1930. Le restaurant de canard lacqué Quanjude s'y est établi en 1864, le restaurant de nourriture musulmane Yuezhengzhai y a ouvert ses portes en 1775, la librairie Cathay en 1952, etc... Endroit typique de la vie pékinoise, on y trouvait restaurants, théâtres, magasins de soie et des salons de thé réputés.
Ce n'est pas surprenant qu'en vue des JO, les autorités ont voulu passer un coup de balai dans ce quartier certes typique, mais pas assez moderne à leurs yeux. Le gouvernement du district de Chongwen (où se trouve Qianmen) a donc crée un fond et va injecter 10 millions de RMB (environ 1 million d'euros) par an dans la rénovation du quartier, en faisant appel à des cabinets d'architectes internationaux. La première partie vient de s'achever avec l'ouverture de l'avenue rénovée. Les autre étapes vont commencer et dureront encore quelques années, avec le nettoyage des hutongs (habitat pékinois traditionnel) alentours afin de former toute une zone piétonne.
Ainsi jeudi matin les touristes curieux se baladaient sur une avenue constituée de magasins vides, mis à part les quelques échopes connues mentionnées ci-dessus. Une voie de tramway est prévue au milieu afin de réhabiliter le vieux "Dang dang" qui a fait les beaux jours de Qianmen. Devant les quelques restaurants déjà ouverts des gerbes de fleurs célèbrent le retour aux affaires et les files d'attente s'allongent...
Tous les Chinois interrogés ont salué ce nouveau et beau quartier, amené à devenir un des "centres d'affaires du centre ville, avec son caractère historique et culturel bien distinctif, où vont converger les grandes marques internationales" (selon une brochure en anglais donnée à l'entrée).
Ce que les médias chinois ne disent pas, c'est que pour réaliser cette rue "traditionnelle et chic" (toujours selon la brochure), on a procédé à des expropriations forcées sans compensation financière. Encore un drame chinois me direz-vous. Sauf qu'hier matin, un exproprié a essayé de manifester son mécontentement en brandissant une simple pancarte et a été emmené au pas de course par la police. Dégagez, il n'y a rien à voir. Sauf que cela s'est passé sous mes yeux.
Aussi, Zhang Wei, un habitant du quartier de Qianmen exproprié, a été mis en détention provisoire au poste de police pour trouble à l'ordre public car il avait déposé une demande pour manifester dans le quartier. Ma Xiulian, autre activiste, a été emmené à la police mercredi soir, au cas où.
Les nouveaux buildings sont beaux, mais il est vrai que le quartier a beaucoup perdu de son âme. Serait-ce le prix à payer pour que s'ouvre bientôt un Apple Store, un Paris Baguette, de grands hôtels et une annexe pékinoise du M on the Bund?

07 août 2008

Des mots doux...



Dans toute la ville, à chacun des milliers de stands où se rassemblent les "Olympic Volunteers", un mur de mots est érigé. Un simple panneau, des post-its multicolores en forme de flamme olympique... et l'on demande aux passants d'écrire un petit mot pour souhaiter la réussite des Jeux Olympiques.
La formule marche du tonnerre, et l'on se presse, crayon en main et sourcil froncé, de griffonner la plus belle phrase...

La bérézina diplomatique de Sarkozy, par Pierre Haski (rue89)

(De Pékin) Ainsi donc, la raison d’Etat l’a emporté. Nicolas Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï lama, afin de sauver les relations franco-chinoises des "conséquences graves" qui leur étaient promises en cas de rencontre, même informelle, entre le président français et le leader tibétain. C’est le plus grave échec de la diplomatie de Sarkozy depuis son élection, qu’il ne doit qu’à sa propre maladresse.

Depuis le début de cette affaire, Nicolas Sarkozy a multiplié les incohérences et les gestes contradictoires, créant lui-même le piège qui finit de se refermer sur lui. Il est le seul chef d’Etat ou de gouvernement à avoir mis des conditions à sa venue à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des JO vendredi: Angela Merkel n’y sera pas, sans avoir expliqué pourquoi, et George Bush a finalement décidé d’y aller, sans état d’âme, se payant le luxe de recevoir des dissidents chinois chez lui sans faire trop de vagues. Sarkozy, lui, a d’abord lié sa venue à d’hypthétiques "progrès" dans le dialogue entre Pékin et les Tibétains, avant de mettre en parallèle sa rencontre avec le dalaï lama en août.

Cette valse hésitation a eu le don d’agacer au plus haut point les dirigeants chinois, déjà remontés contre la France après le passage de la flamme olympique à Paris en avril. Les choses s’étaient calmées après l’envoi de trois émissaires, pas moins, à Pékin, pour mieux repartir avec l’annonce simultanée de la visite à Pékin, et de la rencontre avec le dalaï lama.

Il y a alors eu une joute verbale entre le chef de l’Etat et l’ambassadeur chinois à Paris, Kong Quan. Ce dernier a convoqué des journalistes pour déclarer solellement qu’une telle rencontre Sarkozy-dalaï lama

«serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures».

Et le tout nouvel ambassadeur -un diplomé de l’ENA française- de brandir la menace de «conséquences graves» sur les relations bilatérales.

Nicolas Sarkozy avait aussitôt répliqué sèchement que ce n’était pas à l’ambassadeur de Chine de lui dicter son agenda. Eh bien si! (même si c’est déguisé sous la forme d’un renoncement de la partie tibétaine elle-même à demander une telle rencontre).

Le paradoxe de cette situation est que la sortie de Kong Quan avait été critiquée dans certains secteurs de l’establishment chinois, qui estimaient qu’elle ne laissait pas d’autre choix au président français que de rencontrer le dalaï lama, sous peine d’avoir l’air de céder aux injonctions de l’ambassadeur. Kong Quan et l’aîle dure de la diplomatie chinoise ont montré que la fermeté paye, avec Nicolas Sarkozy en tous cas.

Le pire, c’est que le mal est fait et l’annulation de la rencontre n’est qu’une manière de limiter la casse. La gestion désastreuse de toute cette "séquence chinoise", des émeutes de Lhassa le 14 mars, à l’ouverture des JO le 8 août, aura montré un amateurisme incroyable et une méconnaissance du contexte et de la psychologie du pouvoir chinois à ce moment particulier. Le triangle Sarkozy-Kouchner-Yade a dysfonctionné de manière spectaculaire, et le seul vrai connaisseur de la Chine à l’Elysée, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte, n’aura pas pu empêcher le désastre.

Nicolas Sarkozy arrive vendredi à Pékin pour quelques heures à peine -vingt heures de vol aller-retour pour dix heures sur place, sans même y passer la nuit…- en position de faiblesse. Le président français s’est éliminé du jeu diplomatique entre la Chine et le reste du monde: il devra subir le rapport de force ainsi instauré pour le reste de son mandat: les Chinois ont compris que pour quelques contrats dont l’économie française a un besoin vital, ils le tiennent.

Que la France entretienne de bonne relations avec la Chine n’a rien que de plus normal. Nicolas Sarkozy avait eu une très belle sortie au parlement européen, en lançant à Daniel Cohn-Bendit: "on n’humilie pas un quart de l’humanité". Mais une phrase brillante et une belle intuition ne font pas une politique étrangère, pas plus que l’envoi de sa femme à une cérémonie religieuse, puisque c’est le lot de consolation auquel auront droit les Tibétains.

La France sort affaiblie et déconsidérée de cet épisode. Elle s’est tirée une balle dans le pied dans l’un des lieux du monde où s’écrit le XXI° siècle. Et surtout, elle aura donné au clan des durs de la diplomatie chinoise une médaille d’or avant même l’ouverture des Jeux.

Sources: ici et là.

06 août 2008

05 août 2008

Image du jour: l'arrivée de l'équipe française de natation

http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-image-du-jour--aout---8431.asp?1=1&IdBloc=1&Commentaires=1#Commentaires

Mon 1er reportage (ici, c'est pas moi qui filme): l'arrivée de l'équipe de France de natation à l'aéroport de Pékin le lundi 4 août, après un stage de préparation à Dalian (ville chinoise située sur le golfe de Corée, un peu au nord de Pékin). Impressions: pas mal! Alain Bernard était très sympa, Laura Manaudou avait un petit piercing au nez et ne répondait pas aux questions. "Il y aura une conférence de presse" a t'elle dit. Nous n'y serons pas.
Ils étaient en tout une quarantaine de personnes, comprenant les nageurs et le staff. Un bus était spécialement apprété pour eux, ainsi qu'un camion de la poste chinoise pour entreposer leurs bagages. Il y avait aussi des journalistes de TF1, de BFM TV, RTL et France Inter, rien que pour nos nageurs.
A côté, dans leur beau survêtement rouge sponsorisé par Nike, 5 membres de la délégation érythréenne, tous coureurs de fond (1500 et 5000m), attendaient sagement un taxi. L'Erythrée envoie en tout 15 sportifs.

04 août 2008

Wen Jiabao est un gaucher

Attention, information de la plus haute importance! Le 1er Ministre a profité de sa petite visite matinale à l'équipe masculine chinoise de basket pour exhorter les joueurs à donner le meilleur d'eux-mêmes pour la mère patrie, ajoutant que le plus important est de participer... Heureusement, car l'équipe rencontre en 1er match les USA dimanche 10!
Puis il s'est naturellement essayé à quelques paniers (il s'y est repris à 5 fois avant de marquer...).

02 août 2008

Beijing, 2 aout 2008

Me revoila a Pekin, exactement un an apres l'avoir quittée.

Que de changements depuis 2003... C'est une ville propre, refaite à neuf, ratiboisée et rafistolée (comme l'on pouvait lire dans le Liberation de jeudi). Partout l'on apercoit des volontaires en tee shirt des Jeux, sur le pied de guerre ; des vieux du comité de surveillance des quartiers qui prennent leur role très à coeur; partout notre regard accroche un panneau, une affiche, une statue celebrant les Jeux. "Pour des Jeux pacifiques, chacun doit se sacrifier". Le nouveau terminal de l'aéroport est le plus grand du monde, rien que pour recupérer ses bagages il faut prendre un train. En mettre plein la vue, montrer le meilleur de la Chine pour ces JO... Mais je suis venue pour ca.

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Pour la premiere fois depuis 2003, le site internet de Reporters sans frontieres est accessible depuis la Chine. Apres le tolle international suscite par le blocage totalement arbitraire de certains sites, faisant fi des promesses de 2001, le gouvernement chinois a fait une fleur aux journalistes en debloquant RSF, mais aussi la BBC (avec sa version chinoise), Amnesty International et Human Rights Watch. Quant aux sites sur le Tibet et aux sites appartenant au mouvement Falungong (Epoch Times etc), "tu peux te brosser Martine" comme dirait l'autre...
Combien de jours avant que ces sites ne soient a nouveau censures?


http://www.rsf.org/article.php3?id_article=

De toute facon, je trouve que les journalistes se sont indignes pour rien. Ils se sont offenses parce que des sites comme RSF, HRW, Amnesty etc n'etaient pas accessibles depuis le Olympic Media Center, pas depuis d'autres parties de Pekin, ni ailleurs en Chine. Or ils etaient deja bloques a l'origine. Ensuite, et s'ils consentaient a sortir un peu de leur bulle et gouter a la vraie vie chinoise, i.e en dehors des structures olympiques? Ont-ils vraiment un besoin urgent de ces sites internet pour faire leur reportage en Chine? Enfin, un journaliste sportif a t'il un besoin pressant de consulter RSF.org pour commenter le 110m haies?