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15 octobre 2010

Nobel

"Liu Xiaobo candle 66", Vox Asia via Flickr

- 你知道刘晓波上个星期得了诺贝尔和平奖吗?
- 我不知道你说的这件事情

- Did you hear that Liu Xiaobo received the Nobel Peace Prize last week?
- I don't know what you are talking about...

My friend is Chinese, he lives in Shanghai, so I am not that surprised. But still...

23 février 2010

Hu se met au twitter chinois

Un petit tour et puis s'en va.
Le président chinois Hu Jintao a affolé lundi 22 février le web chinois en ouvrant un compte la veille sur le site de micro-blogging "Renmin weibo" (人民微波) affilié au "Quotidien du Peuple" (人民日报, la voix de son maître).
Avec un taux de 600 nouveaux followers à l'heure - de quoi rendre jaloux les stars de twitter comme Ashton Kutcher, Barack Obama, ou Frédéric Lefebvre - sa page n'affichait pourtant que des informations sommaires comme sa profession (secrétaire général du comité central du Parti communiste, président de la République et président de la commission militaire centrale). Même pas de photo de profil!
Mais lundi midi, la page a été supprimée: officiellement, l'afflux de visites sur le profil de Hu ont bloqué le serveur du site.
D'après le Global Times, quotidien en anglais et toujours affilié au parti, son compte a été vérifié, ce qui a écarté l'hypothèse qu'il s'agissait d'un faux.
"@hujintao" (en chinois) avait 8000 followers dimanche soir, et plus du double le lendemain. Des internautes n'hésitaient pas à lui écrire des messages de bienvenue et d'encouragement. D'autres ont profité de l'opportunité pour demander le retour de Twitter (qui reste censuré en Chine).
Le président Hu Jintao et le premier Ministre Wen Jiabao sont connus pour être relativement ouverts à internet et aux nouvelles technologies: en juin 2008, le premier avait répondu à deux questions lors d'un chat qui finalement n'avait duré que quelques minutes, tandis que le premier Ministre, très populaire, s'était plus volontiers prêté au jeu en février 2009 pendant près de 2 heures.

Photo: Wikimedia commons/Demosh.

26 novembre 2009

Free Jiang Tianyong


Jiang Tianyong (江 天勇), un des 6 avocats chinois que j'avais rencontré fin Octobre (mon article avec background ici) lors de leur séjour à Washington pour parler des droits de l'homme et de la liberté de culte en Chine, est assigné à résidence depuis le 19 Novembre.
Le lendemain de son retour à Pékin, le 18 Novembre, il a essayé de rencontrer le Président Obama alors en visite en Chine. Il s'est rendu avec un autre avocat Fan Yafeng (范亚峰) à l'Ambassade des Etats-Unis car il avait entendu dire que le Président recontrerait une poignée d'activistes. Pas de chance, il a été éconduit. A sa sortie des policiers du PSB (Public security bureau) l'ont ramené chez lui.
Le matin du 19 Novembre, alors qu'il emmenait sa fille à l'école, 4 policiers l'attendait et s'en sont pris à lui, devant sa femme (jetée à terre) et sa fille. Jiang a été conduit au poste de police de Yangfangdian, dans le district de Haidian (nord ouest de Pékin, quartier des universités). Il y a été interrogé pendant 13 heures et accusé d'avoir battu un policier.
Human Rights in China a recueilli les propos de Tianyong à sa sortie jeudi soir: "Je tenais ma fille de ma main gauche et son sac de la main droite, comment aurais-je pu taper un policier?" Il a aussi remercié les quelques activistes qui se sont rendus au poste de police le soutenir. Parmi eux se tenaient Li Fangping et Zhang Kai, qui faisaient eux aussi partie du voyage à Washington.
D'après Jin Bianling, la femme de Jiang Tianyong, leur fille de 7 ans a été questionnée à l'école pendant 2 heures le même jour par deux policiers du PSB.
Le représentant républicain de l'Etat du New Jersey, Chris Smith, très actif dans la défense des droits de l'homme en Chine, a déclaré le 23 novembre lors d'une conférence de presse que le Président Obama "devrait prendre son téléphone et appeler Hu Jintao."
D'après Bob Fu, président de l'ONG China Aid, la police de l'internet a changé les mots de passe de l'email de Tianyong, mais il a pu tout de même se créer une nouvelle adresse pour pouvoir communiquer à l'extérieur. Son téléphone a bien sûr été confisqué.
Quand je l'ai rencontré, je lui ai demandé si sa longue visite à Washington, à parler si librement ici de sujets si sensibles en Chine (notamment les house churchs), n'allait pas lui poser des problèmes. Il m'avait répondu que oui. Comme s'il s'attendait déjà à quelque chose.
Photo: Aujourd'hui la Chine.

29 août 2008

Zola, le "blogueur-citoyen" tranquille

Inquiété par la police et empêché d'aller à Pékin pendant les Jeux Olympiques, site internet fréquemment bloqué, le blogueur Zola semble faire trembler les autorités. Voici mon interview de ce jeune Chinois de 27 ans, qui refuse le label « premier journaliste-citoyen de Chine » que lui donnent les médias.


Rien de prédestinait Zola (de son vrai nom Zhou Shuguang 周曙光) à aller enquêter sur les sujets sensibles que le gouvernement aimerait bien oublier. Né dans un petit village de la province du Hunan, Zola choisit à 15 ans ce pseudo en référence au footballeur italien. Il part travailler à Shenzhen dans les télécommunications après un an à l’université. Cinq ans plus tard, il quitte tout et voyage dans toute la Chine pendant un an. Revenu aujourd’hui dans son pays natal, il tient un petit magasin de boissons où se croise la jeunesse locale autour d’un billard et d’une partie de ping pong.


« J’ai commencé à être vraiment connu en mars 2007 grâce à l’histoire de la maison-clou de Chongqing. ». A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit : une petite maison en brique résistait à l’assaut des pelleteuses qui voulaient transformer la zone en résidences de luxe. Zola avait réussi à rencontrer la charismatique propriétaire, Mme Wu, qui avait répondu à ses questions. Puis il a enchaîné avec le projet Xiamen PX en Juin 2007, où les habitants de la ville côtière s’étaient opposés à un projet industriel et chimique. Quand les habitants de Wengan dans la province reculée du Guizhou, ont brûlé en juin dernier des bâtiments administratifs pour protester contre la mort suspecte d’une jeune fille, il était là aussi. Du coup, quand il a voulu se rendre à Pékin pour les Jeux Olympiques, il est arrivé ce qui arrive en Chine quand on est trop curieux.


« Depuis deux semaines je suis surveillé par des gens du gouvernement, ils m’interdisent de quitter mon village. Ils ne veulent pas que j’aille à Pékin. A mon avis, le gouvernement ne veut pas que j’aille fourrer mon nez ailleurs, comme je l’ai fait à Wengan. » Zola ne pourra aller à Pékin qu’à partir de fin Septembre. « Je voulais aller voir les Jeux, et aussi je devais rencontrer quelques journalistes ». Zola nous assure que c’est en fait assez facile d’échapper à la vigilance des autorités. « Je ne le fais seulement quand j’en ai besoin, par exemple quand je suis allé enquêter à Wengan. A Pékin de toute façon le prix des hôtels étaient trop chers pendant la période des Jeux ».


D’ailleurs, comment « le 1er blogueur-citoyen » de Chine finance t’il ses voyages ? « J’utilise pour la plupart mon propre argent, mais il y a aussi des personnes qui font des dons via mon blog. ». Concernant les Jeux, il se fait plus bavard : « les Jeux ont eu un impact sur la transparence des médias en Chine, surtout en 2007 et 2008. Par exemple, les médias étrangers ont pu enquêter sur plus de choses, et les médias chinois ont dû suivre le mouvement. Avant cela, les médias chinois n’osaient pas aller enquêter sur des sujets trop sensibles. Mais il reste encore beaucoup à défricher. »


Pour Zola, le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites en 2001 concernant la liberté des journalistes. « Ce sont tous des menteurs. Regardez par exemple ce qui est arrivé aux deux journalistes de Hong Kong quand ils ont voulu filmer la vente des billets : ils se sont fait taper par la police ».


C’est l’heure d’aller déjeuner pour Zola. Son prochain voyage ? « Je ne sais pas encore. J’essaie d’aller au delà de ce que les médias officiels nous donnent. Je ne veux pas répéter leur contenu, ce serait une perte de temps et d’argent. Avant tout je veux continuer à écrire mon blog et à m’amuser. » En tout cas, il est nominé pour le Best of Blogs 2008, cérémonie organisée par la Deutsche Welle, récompensant les meilleurs blogs du monde entier.



22 novembre 2007

Plume d'or 2008 de l'AMJ à un journaliste chinois emprisonné

Source: Aujourd'hui la Chine.

L'Association Mondiale des Journaux (AMJ) a décerné mardi sa Plume d'or 2008 au journaliste chinois, Li Changqing, emprisonné pour avoir révélé l'existence d'une épidémie de dengue que Pékin voulait garder sous silence, selon un communiqué publié à Vienne. L'association, qui représente quelque 18.000 journaux et 12 agences de presse, dont l'AFP, dans plus de 100 pays, a décerné pour la seconde année consécutive sa plus haute récompense à un journaliste chinois incarcéré par les autorités de son pays.
Li Changqing, journaliste du quotidien Fuzhou Daily de la province de Fujian (sud), a été condamné en janvier 2006 à trois ans de prison pour avoir "fabriqué et diffusé une information fausse". Son inculpation avait été prononcée à la suite d'un rapport anonyme sur un site internet en chinois basé aux Etats-Unis.
"La censure chinoise avait interdit, à la demande du Département de propagande du Parti communiste, toute publication sur des problèmes sociaux sensibles, et ainsi aucun article n'avait été publié en Chine sur l'épidémie de dengue, une maladie virale provoquée par des piqûres de moustiques, à Fuzhou", a précisé l'AMJ à Vienne au terme de la réunion de trois jours de son Conseil d'administration.
Les autorités sanitaires chinoises n'avaient pas non plus fait état d'épidémie dans cette région. "Les poursuites engagées contre M. Li pour avoir rapporté cette menace grave pour la santé humaine révèlent l'absurdité et la faillite de la politique du régime chinois de contrôle de la presse", a ajouté l'AMJ. "Les autorités chinoises ont une longue histoire de dissimulation d'événements qu'ils préfèrent garder sous silence, et la décision courageuse de M. Li de publier son article sur l'épidémie, en sachant quelles conséquences cela pouvait entraîner, devrait inspirer les journalistes partout dans le monde", a précisé l'association qui a lancé un appel à Pékin en faveur de la libération de Li Changqing et de la trentaine d'autres journalistes incarcérés en Chine.
La Plume d'Or 2007 de l'AMJ, dont le siège est à Paris, avait été décernée à Shi Tao, journaliste chinois emprisonné après la publication d'indices par le moteur de recherche Yahoo qui ont conduit à son arrestation.