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| "Liu Xiaobo candle 66", Vox Asia via Flickr |
- Did you hear that Liu Xiaobo received the Nobel Peace Prize last week?
- I don't know what you are talking about...
My friend is Chinese, he lives in Shanghai, so I am not that surprised. But still...
"Ma muze est presque au désespoir, car certainement hier soir, au lieu de songer à la rime, je jouais si tard à la prime; que je dors encore debout, et je ne sais par quel bout je dois commencer ma copie..." Jean Loret.
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| "Liu Xiaobo candle 66", Vox Asia via Flickr |
Inquiété par la police et empêché d'aller à Pékin pendant les Jeux Olympiques, site internet fréquemment bloqué, le blogueur Zola semble faire trembler les autorités. Voici mon interview de ce jeune Chinois de 27 ans, qui refuse le label « premier journaliste-citoyen de Chine » que lui donnent les médias.
Rien de prédestinait Zola (de son vrai nom Zhou Shuguang 周曙光) à aller enquêter sur les sujets sensibles que le gouvernement aimerait bien oublier. Né dans un petit village de la province du Hunan, Zola choisit à 15 ans ce pseudo en référence au footballeur italien. Il part travailler à Shenzhen dans les télécommunications après un an à l’université. Cinq ans plus tard, il quitte tout et voyage dans toute la Chine pendant un an. Revenu aujourd’hui dans son pays natal, il tient un petit magasin de boissons où se croise la jeunesse locale autour d’un billard et d’une partie de ping pong.
« J’ai commencé à être vraiment connu en mars 2007 grâce à l’histoire de la maison-clou de Chongqing. ». A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit : une petite maison en brique résistait à l’assaut des pelleteuses qui voulaient transformer la zone en résidences de luxe. Zola avait réussi à rencontrer la charismatique propriétaire, Mme Wu, qui avait répondu à ses questions. Puis il a enchaîné avec le projet Xiamen PX en Juin 2007, où les habitants de la ville côtière s’étaient opposés à un projet industriel et chimique. Quand les habitants de Wengan dans la province reculée du Guizhou, ont brûlé en juin dernier des bâtiments administratifs pour protester contre la mort suspecte d’une jeune fille, il était là aussi. Du coup, quand il a voulu se rendre à Pékin pour les Jeux Olympiques, il est arrivé ce qui arrive en Chine quand on est trop curieux.
« Depuis deux semaines je suis surveillé par des gens du gouvernement, ils m’interdisent de quitter mon village. Ils ne veulent pas que j’aille à Pékin. A mon avis, le gouvernement ne veut pas que j’aille fourrer mon nez ailleurs, comme je l’ai fait à Wengan. » Zola ne pourra aller à Pékin qu’à partir de fin Septembre. « Je voulais aller voir les Jeux, et aussi je devais rencontrer quelques journalistes ». Zola nous assure que c’est en fait assez facile d’échapper à la vigilance des autorités. « Je ne le fais seulement quand j’en ai besoin, par exemple quand je suis allé enquêter à Wengan. A Pékin de toute façon le prix des hôtels étaient trop chers pendant la période des Jeux ».
D’ailleurs, comment « le 1er blogueur-citoyen » de Chine finance t’il ses voyages ? « J’utilise pour la plupart mon propre argent, mais il y a aussi des personnes qui font des dons via mon blog. ». Concernant les Jeux, il se fait plus bavard : « les Jeux ont eu un impact sur la transparence des médias en Chine, surtout en 2007 et 2008. Par exemple, les médias étrangers ont pu enquêter sur plus de choses, et les médias chinois ont dû suivre le mouvement. Avant cela, les médias chinois n’osaient pas aller enquêter sur des sujets trop sensibles. Mais il reste encore beaucoup à défricher. »
Pour Zola, le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites en 2001 concernant la liberté des journalistes. « Ce sont tous des menteurs. Regardez par exemple ce qui est arrivé aux deux journalistes de Hong Kong quand ils ont voulu filmer la vente des billets : ils se sont fait taper par la police ».
L'Association Mondiale des Journaux (AMJ) a décerné mardi sa Plume d'or 2008 au journaliste chinois, Li Changqing, emprisonné pour avoir révélé l'existence d'une épidémie de dengue que Pékin voulait garder sous silence, selon un communiqué publié à Vienne. L'association, qui représente quelque 18.000 journaux et 12 agences de presse, dont l'AFP, dans plus de 100 pays, a décerné pour la seconde année consécutive sa plus haute récompense à un journaliste chinois incarcéré par les autorités de son pays.
Li Changqing, journaliste du quotidien Fuzhou Daily de la province de Fujian (sud), a été condamné en janvier 2006 à trois ans de prison pour avoir "fabriqué et diffusé une information fausse". Son inculpation avait été prononcée à la suite d'un rapport anonyme sur un site internet en chinois basé aux Etats-Unis.
"La censure chinoise avait interdit, à la demande du Département de propagande du Parti communiste, toute publication sur des problèmes sociaux sensibles, et ainsi aucun article n'avait été publié en Chine sur l'épidémie de dengue, une maladie virale provoquée par des piqûres de moustiques, à Fuzhou", a précisé l'AMJ à Vienne au terme de la réunion de trois jours de son Conseil d'administration.
Les autorités sanitaires chinoises n'avaient pas non plus fait état d'épidémie dans cette région. "Les poursuites engagées contre M. Li pour avoir rapporté cette menace grave pour la santé humaine révèlent l'absurdité et la faillite de la politique du régime chinois de contrôle de la presse", a ajouté l'AMJ. "Les autorités chinoises ont une longue histoire de dissimulation d'événements qu'ils préfèrent garder sous silence, et la décision courageuse de M. Li de publier son article sur l'épidémie, en sachant quelles conséquences cela pouvait entraîner, devrait inspirer les journalistes partout dans le monde", a précisé l'association qui a lancé un appel à Pékin en faveur de la libération de Li Changqing et de la trentaine d'autres journalistes incarcérés en Chine.
La Plume d'Or 2007 de l'AMJ, dont le siège est à Paris, avait été décernée à Shi Tao, journaliste chinois emprisonné après la publication d'indices par le moteur de recherche Yahoo qui ont conduit à son arrestation.