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13 janvier 2010

Les lumières de la ville



L'aventure américaine est déjà finie.
A l'heure où j'écris ces lignes, je suis dans mon appartement à Paris, avec du boulot qui commence déjà à s'empiler. Le chauffage est à fond, je n'ai toujours pas reçu ma valise, tout va bien.
J'ai pris deux semaines et demi, après la fin de mon stage au Washington Times, mi-décembre, pour traverser les Etats-Unis d'est en ouest et aller voir comment ça se passait en Californie.
Je ne me suis pas contentée de prendre l'avion pour l'atteindre. Non non, cela aurait été trop facile. Il fallait que j'ai une vraie expérience de ce vaste pays, un ressenti. Que je voie la variété des paysages défiler devant mes yeux enchantés. Etre témoin de la transformation de la terre et des paysages: des sols enneigées du Colorado et de l'Illinois aux plaines sépia de l'Arizona et de la Californie.
J'ai donc pris le train de Chicago. Amtrak, mon ami. La ligne que j'ai empruntée porte le doux nom de "Southwest Chief" (toutes leurs lignes qui traversent le pays portent des noms rappelant la période de conquête de l'ouest) et s'étire sur plus de 3600 kms. De Chicago à L.A., en passant par des mégalopoles telles que Kansas City, Lamar, Raton ou encore Albuquerque. nous avons traversé successivement l'Illinois, l'Iowa, le Missouri, le Kansas, le Colorado, le Nouveau Mexique, l'Arizona et la Californie.
Je suis partie un dimanche en début d'après midi, pour arriver à 8h15 le mardi matin. Soit quasiment deux jours (43h pour être exacte) à ne rien faire (que c'est bon quelquefois!), parler avec ses voisins, admirer la vue dans l'agréable wagon panoramique, et se dire que décidément les sièges des trains longue distance Amtrak sont décidément beaucoup plus larges et confortables que ceux du TGV.
Je suis aussi passée par Las Vegas. Ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés de lire que j'ai adoré. Los Angeles, moins. Ce n'est pas très beau (même les villas de Beverly Hills ne sont pas d'un goût exquis), et le fait de prendre la voiture tout le temps car il n'y a pas de transports publics dignes de ce nom, et que de toute façon si transports publics il y avait, tout le monde a la "religion de la voiture"...Moi ça m'énerve.
San Francisco? Pas mal, j'aurais peut être mieux aimé si on m'avait laissé l'occasion de mieux "ressentir" la ville, c'est-à-dire l'arpenter de long en large la journée entière. Ce sera pour une prochaine fois.
Qui, selon les dernières nouvelles, sera dans un futur très proche... Il faut juste que je trouve le financement!

26 novembre 2009

Free Jiang Tianyong


Jiang Tianyong (江 天勇), un des 6 avocats chinois que j'avais rencontré fin Octobre (mon article avec background ici) lors de leur séjour à Washington pour parler des droits de l'homme et de la liberté de culte en Chine, est assigné à résidence depuis le 19 Novembre.
Le lendemain de son retour à Pékin, le 18 Novembre, il a essayé de rencontrer le Président Obama alors en visite en Chine. Il s'est rendu avec un autre avocat Fan Yafeng (范亚峰) à l'Ambassade des Etats-Unis car il avait entendu dire que le Président recontrerait une poignée d'activistes. Pas de chance, il a été éconduit. A sa sortie des policiers du PSB (Public security bureau) l'ont ramené chez lui.
Le matin du 19 Novembre, alors qu'il emmenait sa fille à l'école, 4 policiers l'attendait et s'en sont pris à lui, devant sa femme (jetée à terre) et sa fille. Jiang a été conduit au poste de police de Yangfangdian, dans le district de Haidian (nord ouest de Pékin, quartier des universités). Il y a été interrogé pendant 13 heures et accusé d'avoir battu un policier.
Human Rights in China a recueilli les propos de Tianyong à sa sortie jeudi soir: "Je tenais ma fille de ma main gauche et son sac de la main droite, comment aurais-je pu taper un policier?" Il a aussi remercié les quelques activistes qui se sont rendus au poste de police le soutenir. Parmi eux se tenaient Li Fangping et Zhang Kai, qui faisaient eux aussi partie du voyage à Washington.
D'après Jin Bianling, la femme de Jiang Tianyong, leur fille de 7 ans a été questionnée à l'école pendant 2 heures le même jour par deux policiers du PSB.
Le représentant républicain de l'Etat du New Jersey, Chris Smith, très actif dans la défense des droits de l'homme en Chine, a déclaré le 23 novembre lors d'une conférence de presse que le Président Obama "devrait prendre son téléphone et appeler Hu Jintao."
D'après Bob Fu, président de l'ONG China Aid, la police de l'internet a changé les mots de passe de l'email de Tianyong, mais il a pu tout de même se créer une nouvelle adresse pour pouvoir communiquer à l'extérieur. Son téléphone a bien sûr été confisqué.
Quand je l'ai rencontré, je lui ai demandé si sa longue visite à Washington, à parler si librement ici de sujets si sensibles en Chine (notamment les house churchs), n'allait pas lui poser des problèmes. Il m'avait répondu que oui. Comme s'il s'attendait déjà à quelque chose.
Photo: Aujourd'hui la Chine.

Georgetown, Potomac street, mi-novembre


14 octobre 2009

Premier tango à Washington

http://www.washingtontimes.com/news/2009/oct/08/waltzing-with-freedom/

La semaine dernière (07/10/09) a paru dans le Washington Times un article qui m'a tenu à coeur pour plusieurs raisons: il concernait la Chine, le sujet était intéressant (sans dire émouvant...), et enfin un de mes collègues m'a gentiment conseillée d'y aller à sa place, car il savait que je pourrais interviewer le mec en chinois.

Bref, il était une fois le monde merveilleux de Tian an men un 03 juin 1989. Fang Zheng, brillant athlète avec un avenir tout doré de médailles devant lui, a le malheur de vouloir être galant: il aide une manifestante à s'échapper pour ne pas être écrasée par un char qui fonce droit sur eux. Sauf que c'est lui qui s'est pris le char, et que ses deux jambes ont été sectionnées net.

Pas grave, en Chine on a de la volonté. Il devient alors un athlète en fauteuil roulant, excellant au disque et lancer de javelot et ramassant les médailles à diverses compétitions. Mais il faut toujours se méfier avec les autorités chinoises: un beau jour de 1994 elles interdisent à Fang Zheng de se rendre à une compétition de peur qu'il ne parle de Tian an men et de la façon dont il a perdu ses jambes aux journalistes étrangers.

A partir de ce moment-là sa vie ressemble un peu à un enfer: surveillance, téléphone écouté, pas de boulot sauf des petits jobs par ci- par là, il rencontre pourtant sa femme Zhu Jin et se marient vers 1999.

Avant les JO de Pékin 2008, les autorités chinoises lui interdisent de se rendre à Pékin, et gardent toujours son passeport. Un jour un reporter allemand l'appelle et lui demande une interview après les Jeux...et par magie son passeport lui est rendu. Comme quoi le bureau de sécurité à l'oreille longue et fine! Il finit, avec l'aide d'associations et d'anciens leaders de Tian an men maintenant exilés au USA, par partir avec femme et fille sous le bras aux Etats-Unis, où il vit maintenant depuis mars 2009, en Californie.

Ces associations se sont démenées pour qu'il reçoive de nouvelles prothèses en fibre de carbone, le top du top en la matière, généreusement données par une entreprise ricaine leader en la matière. Coût du matériel, pose, réeducation: plus de 100 000 dollars, tout ça gratos, pour qu'il puisse enfin remarcher après 20 ans.

Alors que le Dalai Lama était à Washington en même temps (et snobé par un Obama pré-Nobel), que la Chine populaire fêtait ses 60 ans la semaine précédente (1er octobre), Fang Zheng a choisi de danser pour la première fois avec sa femme au Capitole, histoire de dire que le régime chinois l'a peut-être empêché de marcher pendant 20 ans, mais que les USA lui donnait l'opportunité de se remettre debout au sens propre comme au figuré. Tout cela gratuitement. Il est pas beau l'American dream?

Après la conférence de presse, il s'est donc levé, a laissé sa béquille, et a entraîné sa femme dans une valse qui ma fois n'était pas si mal que ça. C'était très émouvant, tout le monde pleurait, même les Chinois.

Petite anecdote (qui a été coupée dans mon article): Michael Horowitz du Hudson Institute, qui organisait l'évènement, a remis un prix (pour de rire) au bureau de sécurité de Pékin et au jeune homme zêlé qui écoutait le téléphone de Fang Zheng et a donc su pour l'interview avec le reporter allemand et le besoin de lui rendre son passeport -qui a permis sa fuite vers les USA. "Je voudrais remercier le jeune homme qui écoutait le téléphone, ses longues oreilles ont permis à Fang Zheng d'être ici aujourd'hui avec nous."

07 octobre 2009

How I met the Dalai Lama

Bon, je suis en fait plus près que ne le montrent les images (soyez indulgent pour la qualité de m...), mais aujourd'hui j'ai assisté à la remise du premier prix Tom Lantos pour la défense des droits de l'homme, au Capitole. Et à qui était remis le prix...au Dalai Lama! Pour une fan de la Chine comme je le suis, c'est un évènement assez important.
Tom Lantos était un "député" américain mort en 2008. Hongrois, seul survivant de l'holocauste à être élu au Capitole, il a placé la défense des droits de l'homme et la promotion de la paix dans le monde son cheval de bataille. En 1987 il fut le premier "député" à inviter le Dalai Lama pour une visite officielle aux Etats-Unis, et depuis ce temps-là sa femme Anette (elle aussi Hongroise, il se sont rencontrés avant qu'il ne soit déporté) et lui ont développé une relation spéciale avec le chef spirituel des Tibétains.
Attribué pour la première fois, il était donc logique, selon Anette Santos, que le prix lui revienne.









Bon, malheureusement il n'y a pas eu de temps pour les questions des médias, mais je l'ai vu comme je vois ma montre (qui me dit qu'il est tard et que je dois aller me coucher!), et je retourne le voir demain pour une autre conférence. Il va apparemment remettre un prix à un(e) Chinois(e) qui s'est distingué dans la lutte pour sauvegarder les droits et Tibétains et la culture tibétaine. En cadeau, Richard Gere sera là. Sweet.

06 octobre 2009

The importance of accuracy and the bathroom

Friday, 25th September, our group of students from the Missou's Washington program (7 overall) and other journalism students also enrolled in other Washington programs met at the National Press Building (I'll have to write about this awesome place) to listen to Donna Leinwand, USA Today reporter and current President of the National Press Club.
She had a strong impact on me. A positive one. She first of all arrived late and laughing about it (yes! you can arrive late and no! that is not a big deal), but most important, she talked about her job. She started off as a simple reporter at the Miami Herald, then moved to Washington to work at the Knight Ridder Washington bureau. Then Gannett News service offered her a job, and now she is at USA Today since 2000.
She covers crime, justice, disasters and terrorism. Such a wide and exciting spectrum led her to cover hurricanes (Katrina, 2005 for example), bombings (London 2005), wars (Iraq)...Hello Donna, can I get your job when you retire?
From her hour-long speech, here are the main points that I thought were of importance:
- always check your facts, numbers and quotes. From my (small) experience, this seems to be more important in the US than say, in France (at least for the quotes);
- advices for foreign correspondents: when you see a bathroom, use it. A variant: when people give you some food, eat it (because you never know when is the next time you will have the opportunity to eat). Always have a stock of batteries with you just in case. Do not underestimate the power of beauty parlours to get gossips and words from the locals...it can make a good feature for example.
- she talked about the evolution of our job. How is it going to be affected by the internet and technology? "Technology changes the way people gather their news, not journalism in itself."
- about the rising importance of bloggers and the fact that people consider them sometimes as real journalists: trusted bloggers let us know what is happening in places where we can not be. For example, no media will have a correspondent in, say, Chad. This is why we rely on camera phones, Youtube, bloggers etc, to get some of our news. However: they are not professional news gatherers and will never be. We have to draw a line. They can not tell the difference between fact and opinion and most of the times it is poorly written.
- about the young journalists (us!) who are on the job market: we have two advantages (oh really? I did not know that...I'll have tell my Pole Emploi adviser!): we are cheap (is this an advantage?) and available: we do not have families or mortgage to support, we can go anywhere and work from 7 am to midnight.

Last but not least, she gave, from her own experience, three pieces of advice on how to beat the competition:
- read the papers;
- pitch many stories to your editor;
- get to the office early;
- cut on the happy hours...Only on Fridays!

Thank you Donna Leinwand!

Photo Flickr (Steffe).

05 octobre 2009

Playback

Comment lever 300 000 dollars en deux heures?
Demandez à une grosse ONG américaine qui organise son gala annuel.
Prenez un lieu de premier choix (le Hilton Capital), ajoutez-y des invités triés sur le volet (State Department, ambassadeurs de divers pays arabes) une pincée de bons sentiments (8 gosses Palestiniens de 9 à 11 ans, faisant partie d'une troupe de danse folklorique de leur école, invités à l'occasion et pour la première fois à l'étranger et aux Etats-Unis), un peu de show efficace à l'américaine...Et voilà.
Bonne et intéressante soirée somme toute.
J'ai suivi ces adorables et sages enfants lundi et mardi pour un reportage, du coup les gens de l'ONG m'ont invitée.
L'article, publié dans le Washington Times mercredi, ici.

Photo: courtesy of TWT.

19 septembre 2009

La revanche du pingouin

...ou le titre de post le plus débile que j'ai écris jusqu'à maintenant.
The Revenge of the Penguins est en fait une course de 20 miles (environ 32 kms) qui se déroule dans le Maryland. Ce matin en l'occurrence.
J'ai failli arriver en retard, mais cela aurait été dommage de rater le magnifique paysage qui m'a été donnée de voir.
Nous avons couru le long du fleuve Potomac, qui passe par Washington DC itself, au milieu de la forêt. Heureusement, car sinon mes épaules se seraient transformées en barbecue, comme lors du marathon de la Grande Muraille de Chine en 2007.
Nous n'étions que 300, ce qui était en fait parfait: pendant de longs moments je courais toute seule. Un généreux jeune homme nous a même joué de la batterie de l'autre côté du fleuve pour nous encourager. A moins que ce ne soit pour s'entraîner plus tranquillement?
Mais généralement, j'ai remarqué depuis mon arrivée ici que les gens sont soit beaucoup plus sportifs, ou bien gros, il n'y a quasiment pas de demi-mesure. Les coureurs, ce matin, étaient tous bien musclés, ils semblaient bien entraînés et à fond, avec tout ce qu'il faut comme équipement.
Nous avons croisé de dizaines de coureurs qui ne faisaient pas partis de la course mais qui venaient s'entrainer...parce que c'est samedi matin et que l'on doit aller courir 10kms avant de foncer au cours de yoga et ensuite aller bruncher et faire du shopping et aller boire un verre et ....bref, faire des tonnes et des tonnes de choses dans une seule journée, parce que l'on doit avoir des journées bien remplies parce que sinon nos vies risquent d'être d'un vide intersidéral!

PS: un de mes articles a été publié en une du Washington Times vendredi (18/09). Yeah!

17 septembre 2009

Bienvenue chez moi


Le café "Putain qui pue" et le "Boulevard des rêves brisés", sur Q street NW, marquent l'entrée de mon nouveau quartier: Shaw près de Dupont Circle et U Street.
Je déménage samedi vers ma 4ème, et permanente, maison.

15 septembre 2009

Newsroom trivia

Ainsi va la vie dans la newroom.
Ce matin un oiseau s'est bruyamment emplafonné dans une des baies vitrées de la newsroom, avant de glisser lentement le long de la vitre. Marrant.
Hier un journaliste (d'un certain âge et en béquilles) est tombé dans les escaliers et a été transporté en ambulance. Moins marrant.


23 août 2009

Washington d'ici

"Hey Dude, can I couchsurf at your place a couple nights next week?" Mon hôte, vu la qualité avancée de la demande de couchsurfing, a évidemment dit non. Par contre il a dit oui pour la mienne. Et six autres filles.
Et donc me voilà à Dupont Circle depuis jeudi 20 aout, jour où j'ai débarquée à Washington.
Ce n'est pas ma première expérience Couchsurfing, mais c'est sûrement la plus extrême: nous sommes 7 filles entassées dans un petit appartement de garçon (comprendre: à peine meublé, frigo vide, pas de draps, on a même dû acheté du PQ). Mais ce n'est pas grave, notre hôte, un rouquin que la vie a décidé de ne pas doter de pieds délicats, semble trouver son bonheur en accueillant autant de monde sous son petit toit. Il se décarcasse pour nous emmener dans les endroits sympas et répond à toutes nos questions, carte de la ville en main. Apparemment il vit par procuration une vie sociale bien remplie avec des étrangers rencontrés sur le site, pour pallier le fait qu'il n'a pas forcément beaucoup de potes à DC. Son rire gras doit y être pour quelquechose. Beurk.
Sinon, gros coup de chaleur. Il fait chaud à Washington l'été, presqu'autant qu'en Chine dis donc. La ville est de taille moyenne, les transports publics tristement médiocres, le métro enterré à des profondeurs pas croyables. Les stations, avec leurs murs betonnés, sont à peine éclairées d'une lumière faiblarde. Les escalators pour y accéder sont des monstres qui sortent de terre, les bus sont moches et apparemment peu fiables.
Par contre, les Américains sont extrêmement gentils. Enfin, je ne sais pas quelle valeur on peut donner à ce jugement à l'emporte-pièce donné après seulement trois jours. Mais j'ai plusieurs fois entamé la conversation avec des personnes dans des magasins, restos, bars ou autres. La patronne d'un petit café s'est même décarcassée pour nous trouver les adresses des bons endroits où sortir. Que nous nous sommes empressées d'essayer le week-end venu.