"Ma muze est presque au désespoir, car certainement hier soir, au lieu de songer à la rime, je jouais si tard à la prime; que je dors encore debout, et je ne sais par quel bout je dois commencer ma copie..." Jean Loret.
26 novembre 2009
Free Jiang Tianyong
07 septembre 2008
29 août 2008
Zola, le "blogueur-citoyen" tranquille
Inquiété par la police et empêché d'aller à Pékin pendant les Jeux Olympiques, site internet fréquemment bloqué, le blogueur Zola semble faire trembler les autorités. Voici mon interview de ce jeune Chinois de 27 ans, qui refuse le label « premier journaliste-citoyen de Chine » que lui donnent les médias.
Rien de prédestinait Zola (de son vrai nom Zhou Shuguang 周曙光) à aller enquêter sur les sujets sensibles que le gouvernement aimerait bien oublier. Né dans un petit village de la province du Hunan, Zola choisit à 15 ans ce pseudo en référence au footballeur italien. Il part travailler à Shenzhen dans les télécommunications après un an à l’université. Cinq ans plus tard, il quitte tout et voyage dans toute la Chine pendant un an. Revenu aujourd’hui dans son pays natal, il tient un petit magasin de boissons où se croise la jeunesse locale autour d’un billard et d’une partie de ping pong.
« J’ai commencé à être vraiment connu en mars 2007 grâce à l’histoire de la maison-clou de Chongqing. ». A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit : une petite maison en brique résistait à l’assaut des pelleteuses qui voulaient transformer la zone en résidences de luxe. Zola avait réussi à rencontrer la charismatique propriétaire, Mme Wu, qui avait répondu à ses questions. Puis il a enchaîné avec le projet Xiamen PX en Juin 2007, où les habitants de la ville côtière s’étaient opposés à un projet industriel et chimique. Quand les habitants de Wengan dans la province reculée du Guizhou, ont brûlé en juin dernier des bâtiments administratifs pour protester contre la mort suspecte d’une jeune fille, il était là aussi. Du coup, quand il a voulu se rendre à Pékin pour les Jeux Olympiques, il est arrivé ce qui arrive en Chine quand on est trop curieux.
« Depuis deux semaines je suis surveillé par des gens du gouvernement, ils m’interdisent de quitter mon village. Ils ne veulent pas que j’aille à Pékin. A mon avis, le gouvernement ne veut pas que j’aille fourrer mon nez ailleurs, comme je l’ai fait à Wengan. » Zola ne pourra aller à Pékin qu’à partir de fin Septembre. « Je voulais aller voir les Jeux, et aussi je devais rencontrer quelques journalistes ». Zola nous assure que c’est en fait assez facile d’échapper à la vigilance des autorités. « Je ne le fais seulement quand j’en ai besoin, par exemple quand je suis allé enquêter à Wengan. A Pékin de toute façon le prix des hôtels étaient trop chers pendant la période des Jeux ».
D’ailleurs, comment « le 1er blogueur-citoyen » de Chine finance t’il ses voyages ? « J’utilise pour la plupart mon propre argent, mais il y a aussi des personnes qui font des dons via mon blog. ». Concernant les Jeux, il se fait plus bavard : « les Jeux ont eu un impact sur la transparence des médias en Chine, surtout en 2007 et 2008. Par exemple, les médias étrangers ont pu enquêter sur plus de choses, et les médias chinois ont dû suivre le mouvement. Avant cela, les médias chinois n’osaient pas aller enquêter sur des sujets trop sensibles. Mais il reste encore beaucoup à défricher. »
Pour Zola, le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites en 2001 concernant la liberté des journalistes. « Ce sont tous des menteurs. Regardez par exemple ce qui est arrivé aux deux journalistes de Hong Kong quand ils ont voulu filmer la vente des billets : ils se sont fait taper par la police ».
22 août 2008
Ma matinée au Stade Olympique
Bien décidée à avoir moi aussi ma part du spectacle, j’ai acheté un billet au marché noir il y a quelques jours. Hier matin (jeudi 21) j’avais donc rendez-vous au stade olympique pour les épreuves d’athlétisme de 9h à 13h. Au programme : le 20 kms marche (femme), le décathlon, les qualifications pour le javelot et le saut en longueur homme, et le saut en hauteur femme. Il y a eu un invité surprise : la pluie. En effet c’est sous une pluie battante que la majeure partie des épreuves s’est déroulée. Quand je vous disais que le temps laissait à désirer...
Pour arriver jusqu’au parc olympique c’est un parcours d’obstacle qui prend environ 1h30mn. Il faut prendre le métro, passer le contrôle des billets parmi la foule compacte, reprendre le métro (la nouvelle ligne olympique) et marcher jusqu’au stade. Le stade olympique, surnommé le nid d’oiseau, est gigantesque. Tout en courbes et en longues tiges, l’extérieur est couleur acier, l’intérieur est rouge. Une fois rentrée, je remarque l’armée de volontaires souriants, qui sillonnent les 2 étages de l’édifice, toujours prêts à aider. J’ai de la chance, je suis étonnamment bien placée. Vers le bas et dans un virage, je peux apprécier l’étendue du nid d’oiseau avec en haut à droite la flamme olympique qui me nargue de sa vigueur, sous la grosse pluie.
C’est bientôt l’arrivée du 20kms marche. La Russe Olga Kaniskina arrive en tête dans le stade, et tout le monde se met à l’acclamer. Après tout elle a marché 1h26 sous la pluie battante! Les autres épreuves débutent aussi: au lancer de javelot, le sol est tellement trempé que les sportifs dérapent quasiment tous après leur lancer, et se vautrent avec plus ou moins de style... Au saut en hauteur, la française Mélanie Skotnik échoue à se qualifier. Ce n’est pas grave, les Chinois sont très bons publics et encouragent tous ces sportifs, qui tentent de se qualifier dans des conditions exécrables.
Vers midi la pluie cesse enfin. Un bout de soleil apparaît. Les files d’attente aux stands de boissons et nourritures s’allongent. Les épreuves se terminent, je pars explorer les autres étages du « nid d’oiseau ». Partout les Chinois se prennent en photo, ils sont fiers de leur stade. Preuve qu’ils ne sont pas tout à fait encore habitués à voir des occidentaux : je me fais photographier avec un couple qui me brandit sous le nez une banderole rouge « Allez la Chine ! »
19 août 2008
L'équipe chinoise de football fait honte au pays

Le 13 août, le match Chine Brésil s’est soldé par un score sans appel pour l’équipe chinoise : une défaite 3-0. Les supporters chinois se sont mis en colère quand l’entraîneur brésilien Dunga a déclaré plus tard qu’il ne comprenait pas pourquoi les Chinois n’avaient pas plus attaqué alors qu’ils étaient menés au score. Le football est un des sports les plus populaires en Chine avec le basket, le ping-pong et le badminton. Les jeunes Chinois connaissent sur le bout des doigts la composition des clubs étrangers. Beckham, Ronaldinho, Henry sont pour eux des stars. Pour les autorités chinoises, c’est un casse-tête : le pays a l’argent, la réserve de population représentant un vivier inépuisable de talents potentiels, les fans, et pourtant le niveau de l’équipe nationale reste coincé dans les tréfonds de l’amateurisme. Les fans eux-mêmes sont les premiers à critiquer le faible niveau de leur ligue professionnelle, créée en 1994. Mais ce qui les désespère le plus : leur équipe nationale. Non seulement elle accumule défaite sur défaite, mais les joueurs chinois n’hésitent aussi pas à donner quelques coups mal placés aux adversaires qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin.
18 août 2008
Stupeur et tremblements: Liu Xiang est forfait du 110m haies
Quelques minutes plus tard, deux hommes doivent expliquer l'impensable - comment l'icône de tout un pays, soumis à une pression monstrueuse, a pu échouer de la sorte ? - : Feng Shouyong, l'entraîneur de l'équipe chinoise d'athlétisme, et Sun Haiping, l'entraîneur personnel de Liu Xiang. Ce dernier éclatera en sanglots durant la conférence de presse et ne dira plus rien par la suite. Mais il aura eu le temps de donner quelques explications : Liu Xiang souffre de deux blessures récurrentes depuis plusieurs saisons, l'une à la jambe, l'autre au pied droit, à l'endroit où le tendon d'Achille touche l'os. La première était guérie, la deuxième a provoqué l'abandon. Liu Xiang est arrivé au Village olympique samedi dernier en souffrant. Il a été soigné pendant trois jours et son entourage pensait que la douleur avait disparu. Elle est pourtant revenue ce lundi matin. Liu Xiang a quitté le Nid d'Oiseau en larmes.
C'est donc un curieux premier tour qui s'est déroulé sur 110m haies ce mardi. Quelques minutes avant l'abandon de Liu Xiang, l'Américain Terence Trammell avait, lui aussi, dû renoncer, à cause d'un claquage, avant de passer le premier obstacle. Et le Letton Stanislav Olijars n'a pas non plus pris le départ de sa série."
C’est le moment que l’on attendait tous... Ou plutôt toutes ! Aujourd’hui devait être le grand jour où Liu Xiang devait entrer en compétition. Champion olympique en titre du 110 m haies et seul Chinois à avoir remporté une épreuve majeure en athlétisme, Liu Xiang en Chine est un héros national, dieu vivant, et chéri de ses dames. On l'attendait à la finale, jeudi, 21h45. Le rendez-vous était pris.
Depuis Athènes en 2004, il est apparu sur de nombreuses publicités, de Coca Cola à Visa en passant par une marque de lait « qui fait grandir ». Il est un membre du comité central du PCC et a été le premier relayeur de la flamme olympique. C’est dire la dimension nationale du personnage et la pression énorme qui pesait sur ses épaules. Ce natif de Shanghai, surprotégé pendant ces JO, n’est entré dans le village olympique que samedi. Tout a été fait pour préserver le secret sur sa santé.
Ce matin donc, 11h50 heure locale, mes collègues et moi étions pendues à notre télévision pour regarder notre chouchou. Sauf qu’à son arrivée sur la piste, nous avons tout de suite vu que quelquechose n’allait pas. Boitant, grimaçant et sans entrain, Liu Xiang avait mal.
Il s’est mis une dernière fois aux starting blocks pour retravailler son départ, a sauté une ou deux haies, est reparti en boitant....Puis le faux départ du hollandais Marcel van der Westen, et à la stupeur générale Liu Xiang remballe ses affaires et repart la tête basse...Au bureau nous étions comme folles. « C’est une catastrophe ! » déclare une de mes collègues, qui avait plus tôt crié « Come to mama ! » à l’attention du champion national. Dans l’après midi, je suis allée demandé à plusieurs Chinois : « Bien sûr c’est très triste » m’a répondu l’un deux. A ses côtés était posé une édition du journal du soir de Pékin, qui fait la une sur l’abandon de Liu Xiang.
Une autre de mes collègues m’a avoué plus tard qu’il vaut mieux qu’il ait abandonné maintenant plutôt qu’échouer avec seulement une médaille d’argent ou de bronze...Le destin de Liu Xiang : une blessure plutôt que le déshonneur de ne pas remporter l’or ?
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Edit: des milliers de messages d'encouragements sont postés depuis ce matin sur son site internet.
13 août 2008
Vu à Pékin
Ci-contre est ce qui a fleuri sur les murs de Pékin quelques jours après.
Hasard? Coincidence?
08 août 2008
Le nouveau quartier de Qianmen se dévoile aux yeux du public 8月7号老前门终于开业了
En cette chaude matinée, l'avenue Qian men, longue de 840m a été dévoilée au public en grande pompe. Il faut dire que ce grand projet de plus de 3 ans, caché derrière ses panneaux en carton, a suscité la plus grande curiosité. Pourtant ce n'est que la première partie d'un vaste chantier.
Ce n'est pas surprenant qu'en vue des JO, les autorités ont voulu passer un coup de balai dans ce quartier certes typique, mais pas assez moderne à leurs yeux. Le gouvernement du district de Chongwen (où se trouve Qianmen) a donc crée un fond et va injecter 10 millions de RMB (environ 1 million d'euros) par an dans la rénovation du quartier, en faisant appel à des cabinets d'architectes internationaux. La première partie vient de s'achever avec l'ouverture de l'avenue rénovée. Les autre étapes vont commencer et dureront encore quelques années, avec le nettoyage des hutongs (habitat pékinois traditionnel) alentours afin de former toute une zone piétonne.
Ainsi jeudi matin les touristes curieux se baladaient sur une avenue constituée de magasins vides, mis à part les quelques échopes connues mentionnées ci-dessus. Une voie de tramway est prévue au milieu afin de réhabiliter le vieux "Dang dang" qui a fait les beaux jours de Qianmen. Devant les quelques restaurants déjà ouverts des gerbes de fleurs célèbrent le retour aux affaires et les files d'attente s'allongent...
Tous les Chinois interrogés ont salué ce nouveau et beau quartier, amené à devenir un des "centres d'affaires du centre ville, avec son caractère historique et culturel bien distinctif, où vont converger les grandes marques internationales" (selon une brochure en anglais donnée à l'entrée).
Ce que les médias chinois ne disent pas, c'est que pour réaliser cette rue "traditionnelle et chic" (toujours selon la brochure), on a procédé à des expropriations forcées sans compensation financière. Encore un drame chinois me direz-vous. Sauf qu'hier matin, un exproprié a essayé de manifester son mécontentement en brandissant une simple pancarte et a été emmené au pas de course par la police. Dégagez, il n'y a rien à voir. Sauf que cela s'est passé sous mes yeux.
Aussi, Zhang Wei, un habitant du quartier de Qianmen exproprié, a été mis en détention provisoire au poste de police pour trouble à l'ordre public car il avait déposé une demande pour manifester dans le quartier. Ma Xiulian, autre activiste, a été emmené à la police mercredi soir, au cas où.
Les nouveaux buildings sont beaux, mais il est vrai que le quartier a beaucoup perdu de son âme. Serait-ce le prix à payer pour que s'ouvre bientôt un Apple Store, un Paris Baguette, de grands hôtels et une annexe pékinoise du M on the Bund?
07 août 2008
La bérézina diplomatique de Sarkozy, par Pierre Haski (rue89)
Depuis le début de cette affaire, Nicolas Sarkozy a multiplié les incohérences et les gestes contradictoires, créant lui-même le piège qui finit de se refermer sur lui. Il est le seul chef d’Etat ou de gouvernement à avoir mis des conditions à sa venue à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des JO vendredi: Angela Merkel n’y sera pas, sans avoir expliqué pourquoi, et George Bush a finalement décidé d’y aller, sans état d’âme, se payant le luxe de recevoir des dissidents chinois chez lui sans faire trop de vagues. Sarkozy, lui, a d’abord lié sa venue à d’hypthétiques "progrès" dans le dialogue entre Pékin et les Tibétains, avant de mettre en parallèle sa rencontre avec le dalaï lama en août.
Cette valse hésitation a eu le don d’agacer au plus haut point les dirigeants chinois, déjà remontés contre la France après le passage de la flamme olympique à Paris en avril. Les choses s’étaient calmées après l’envoi de trois émissaires, pas moins, à Pékin, pour mieux repartir avec l’annonce simultanée de la visite à Pékin, et de la rencontre avec le dalaï lama.
Il y a alors eu une joute verbale entre le chef de l’Etat et l’ambassadeur chinois à Paris, Kong Quan. Ce dernier a convoqué des journalistes pour déclarer solellement qu’une telle rencontre Sarkozy-dalaï lama
«serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures».
Et le tout nouvel ambassadeur -un diplomé de l’ENA française- de brandir la menace de «conséquences graves» sur les relations bilatérales.
Nicolas Sarkozy avait aussitôt répliqué sèchement que ce n’était pas à l’ambassadeur de Chine de lui dicter son agenda. Eh bien si! (même si c’est déguisé sous la forme d’un renoncement de la partie tibétaine elle-même à demander une telle rencontre).
Le paradoxe de cette situation est que la sortie de Kong Quan avait été critiquée dans certains secteurs de l’establishment chinois, qui estimaient qu’elle ne laissait pas d’autre choix au président français que de rencontrer le dalaï lama, sous peine d’avoir l’air de céder aux injonctions de l’ambassadeur. Kong Quan et l’aîle dure de la diplomatie chinoise ont montré que la fermeté paye, avec Nicolas Sarkozy en tous cas.
Le pire, c’est que le mal est fait et l’annulation de la rencontre n’est qu’une manière de limiter la casse. La gestion désastreuse de toute cette "séquence chinoise", des émeutes de Lhassa le 14 mars, à l’ouverture des JO le 8 août, aura montré un amateurisme incroyable et une méconnaissance du contexte et de la psychologie du pouvoir chinois à ce moment particulier. Le triangle Sarkozy-Kouchner-Yade a dysfonctionné de manière spectaculaire, et le seul vrai connaisseur de la Chine à l’Elysée, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte, n’aura pas pu empêcher le désastre.
Nicolas Sarkozy arrive vendredi à Pékin pour quelques heures à peine -vingt heures de vol aller-retour pour dix heures sur place, sans même y passer la nuit…- en position de faiblesse. Le président français s’est éliminé du jeu diplomatique entre la Chine et le reste du monde: il devra subir le rapport de force ainsi instauré pour le reste de son mandat: les Chinois ont compris que pour quelques contrats dont l’économie française a un besoin vital, ils le tiennent.
Que la France entretienne de bonne relations avec la Chine n’a rien que de plus normal. Nicolas Sarkozy avait eu une très belle sortie au parlement européen, en lançant à Daniel Cohn-Bendit: "on n’humilie pas un quart de l’humanité". Mais une phrase brillante et une belle intuition ne font pas une politique étrangère, pas plus que l’envoi de sa femme à une cérémonie religieuse, puisque c’est le lot de consolation auquel auront droit les Tibétains.
La France sort affaiblie et déconsidérée de cet épisode. Elle s’est tirée une balle dans le pied dans l’un des lieux du monde où s’écrit le XXI° siècle. Et surtout, elle aura donné au clan des durs de la diplomatie chinoise une médaille d’or avant même l’ouverture des Jeux.
Sources: ici et là.06 août 2008
Photos du jour: BOCOG, nid d'oiseau et piscine olympique
05 août 2008
Image du jour: l'arrivée de l'équipe française de natation
Mon 1er reportage (ici, c'est pas moi qui filme): l'arrivée de l'équipe de France de natation à l'aéroport de Pékin le lundi 4 août, après un stage de préparation à Dalian (ville chinoise située sur le golfe de Corée, un peu au nord de Pékin). Impressions: pas mal! Alain Bernard était très sympa, Laura Manaudou avait un petit piercing au nez et ne répondait pas aux questions. "Il y aura une conférence de presse" a t'elle dit. Nous n'y serons pas.
Ils étaient en tout une quarantaine de personnes, comprenant les nageurs et le staff. Un bus était spécialement apprété pour eux, ainsi qu'un camion de la poste chinoise pour entreposer leurs bagages. Il y avait aussi des journalistes de TF1, de BFM TV, RTL et France Inter, rien que pour nos nageurs.
A côté, dans leur beau survêtement rouge sponsorisé par Nike, 5 membres de la délégation érythréenne, tous coureurs de fond (1500 et 5000m), attendaient sagement un taxi. L'Erythrée envoie en tout 15 sportifs.
30 juillet 2008
La Chine va censurer internet pendant les JO (ou la pseudo surprise du jour)
La Chine va bien censurer Internet pendant les JO, contrairement aux promesses qu'elle a faite au CIO en 2001. Sites censurés, activité contrôlée, on parle même d'emails des journalistes scannés...Selon lemonde.fr:
"Contrairement aux promesses faites, la Chine va bien censurer le Web utilisé par les médias durant les Jeux olympiques de Pékin. "Nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes" au centre de presse, a déclaré, mercredi 30 juillet, le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide (...) "Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d'Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d'accès pour cela", a plaidé M. Sun. Mais le comité d'organisation, sous la pression du Comité international olympique (CIO), avait promis un accès complet au Réseau pour les milliers de journalistes présents en Chine durant les Jeux."
Encore un exemple du double language à la chinoise: "accès suffisant", "pourraient se servir", n'est bien sûr pas la même chose qu'accès libre pour tous les sites. Le pire, c'est que plus personne ne semble s'en offusquer, tenter de rappeler Pékin à l'ordre; l'échéance est tellement proche que tout le monde semble avoir baissé les bras, surtout le CIO...
25 juillet 2008
20 mai 2008
19 mai 2008
Noir et blanc
19 avril 2008
"Les médias vous manipulent!"
Au centre de la place de la République, une grande estrade était dressée où se succédaient les petits discours et les chansons pour dynamiser la foule des Chinois. Li Huan, 26 ans, étudiant à Lille et se présentant comme responsable des relations presse, répond à quelques questions: "Les Chinois se sont sentis vraiment blessés, outragés par toutes ces manifestations autour de la flamme olympique et cette campagne anti-chinoise. Nous savons bien que tout cela est orchestré par les néoconservateurs américains, et que Robert Ménard est financé en partie par les Etats-Unis; il l'a lui-même reconnu". A l'évocation des appels au boycottage des marques françaises qui ont lieu en ce moment en Chine, il répond:"Tous les boycottages sont irrationnels, nous devons nous comporter comme des adultes". Qui a organisé cette manifestation? Li Huan révèle que la demande a été déposée une semaine auparavant par un certain Wu Rui, étudiant chinois; 6000 tee-shirts ont été imprimés, et 5000 personnes se sont inscrites via des sites internet.
En tout cas, de ce que l'on a pu constater, c'est une organisation bien huilée: des personnes s'occupent de distribuer les tee-shirts à message, tout le monde est venu avec son drapeau (Où en ont-ils trouvé autant et si vite? Car chaque étudiant chinois en France ne vient pas avec un immense drapeau dans la valise non?), d'autres, armés de mégaphone, patrouillent parmi la foule et les incitent à chanter et crier des slogans, les banderoles sont innombrables, un service d'ordre a été mis en place, et sur scène les invités se succèdent...
Justement, Pierre Picard est l'un d'eux. Spécialiste reconnu de la Chine, il a été contacté par des étudiants pour lui aussi faire un petit speech. En descendant de la scène, il nous répond: " Les Jeux Olympiques n'appartiennent pas seulement à une entité, à un petit groupe de pays. Non, ils appartiennent au monde entier. La Chine n'est certes pas un pays parfait, mais il y a beaucoup plus de libertés qu'on ne le dit. Il y a eu des avancées. Les Chinois ne peuvent accepter que le Tibet retourne au servage. Les progrès ont été considérables en 20 ans". Pour lui, et pour les organisateurs de la manifestation, qui semblaient vouloir faire passer ce message, il faut aller en Chine voir la réalité plutôt que de la critiquer. Les médias ont montré une image diforme de la Chine: par exemple ils n'ont presque pas montré les Chinois agressés par les Tibétains au début de la crise, ni les magasins saccagés". Et les manifestations anti-françaises ? "Le peuple chinois veut montrer sa colère" affirme-t'il, "il se sent trahi par un bon ami, la France".
"Bienvenue en Chine, Bienvenue à Pékin"
En tout cas, pas de sentiment anti-français hier: tout le monde était souriant et poli afin de montrer une bonne image de la Chine. Sur un côté, des banderoles "explicatives" étaient déployées: un manifeste pour le courage de Jin Jing (l'handicapée qui a portée la flamme pendant le relais à Paris et qui s'est fait attaquer) et des photos sur le Tibet. Un côté "avant", avec esclaves et mendiants, et "après" (la "libération" chinoise): des moines souriants, des routes, un homme à moto... Et cette pancarte: "Savez-vous où est le Tibet? Le Tibet était, est et sera toujours en Chine!".
Autres ressources:
- un compte rendu de la manifestation par Rue89;
- un très bon article du New York Times sur le patriotisme des Chinois;
- le coup de gueule de Jean Luc Mélenchon;


