"Ma muze est presque au désespoir, car certainement hier soir, au lieu de songer à la rime, je jouais si tard à la prime; que je dors encore debout, et je ne sais par quel bout je dois commencer ma copie..." Jean Loret.
08 novembre 2010
Manger!
15 octobre 2010
Nobel
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| "Liu Xiaobo candle 66", Vox Asia via Flickr |
- Did you hear that Liu Xiaobo received the Nobel Peace Prize last week?
- I don't know what you are talking about...
My friend is Chinese, he lives in Shanghai, so I am not that surprised. But still...
26 avril 2010
Paris dernière, Shanghai première
Mais quel bon prétexte de retourner en Chine faire du reportage?
Alors demain, je pars à Shanghai pour deux mois, tenir un blog avec Slate.fr, et hébergé par Orange, sur l'actualité de l'expo: la plus grande expo universelle jamais organisée, ça ressemble à quoi dans une dictature? Comment le régime chinois va réussir à contrôler cette foule immense (100 millions de visiteurs attendus), lui qui panique dès qu'il y a un rassemblement de plus de 5 personnes autour d'une table et d'un jeu de mah-jong? A quoi ressembleront les pavillons? Et ça coûte combien tout ça ma ptite dame?
Je mettrais bientôt en ligne l'adresse du blog, suivi d'un deuxième en mode "off": tout ce que je ne pourrais pas mettre pour raisons techniques (le blog d'Orange n'est pas très web 2.0) ou éditoriale, les portfolios, les autres photos, les bruits de couloir...
La procédure pour demander l'accréditation média fut longue et fastidieuse: c'est certes la première fois pour moi, mais j'ai parlé à une amie journaliste chinoise qui vient à Shanghai aussi, elle m'a dit que c'était un peu le bazar. Et aussi, j'ai surpris aveu involontaire au téléphone: quand j'ai appelé pour savoir où en était ma demande pour être accrédité pour la cérémonie d'ouverture du 30 avril, la fille au téléphone, qui ne savait pas quoi répondre mais ne voulait surtout pas le dire de peur de perdre la face, a lancé en chinois à son collègue: "mais qu'est ce que je lui dit? J'ai envie de pleurer!" Pas de chance, je parle chinois...
J'ai tout de même réussi à avoir un visa de journaliste...sans avoir encore de carte de presse, qui est normalement une condition sine qua none. Il faut plus de trois mois d'expérience professionnelle pour l'avoir, ce qui n'était pas (encore?) mon cas...Alors j'ai expliqué cela au guichetier et dûment marqué la même chose sur le formulaire. Mais je pense que le fait que mon passeport soit rempli au 9/10ème de visa pour la Chine, Hong Kong et Macao, et aussi que j'ai harcèlé au téléphone le contact que j'ai au service des visas a facilité les choses...
Quoiqu'il en soit, je retrouve normalement à partir du mercredi 28 le quartier que j'ai quitté quand je suis rentrée à Paris fin septembre 2007: Xujiahui. Xujiahui, c'est un quartier très animé, populaire mais moderne, avec ses electronic markets, ses clubs de gym, ses restos, son Watson's, son vendeur de boules de riz frites et fourrées à la purée de haricots rouges, son supermarché 联华超市, le seul Starbucks qui fait un bon chocolat chaud (2 euros seulement)...Xujiahui est situé au sud du quartier de l'ancienne concession française, et relativement près du quartier de l'exposition universelle.
Photo: Pudong
23 février 2010
Hu se met au twitter chinois
Le président chinois Hu Jintao a affolé lundi 22 février le web chinois en ouvrant un compte la veille sur le site de micro-blogging "Renmin weibo" (人民微波) affilié au "Quotidien du Peuple" (人民日报, la voix de son maître).
Avec un taux de 600 nouveaux followers à l'heure - de quoi rendre jaloux les stars de twitter comme Ashton Kutcher, Barack Obama, ou Frédéric Lefebvre - sa page n'affichait pourtant que des informations sommaires comme sa profession (secrétaire général du comité central du Parti communiste, président de la République et président de la commission militaire centrale). Même pas de photo de profil!
Mais lundi midi, la page a été supprimée: officiellement, l'afflux de visites sur le profil de Hu ont bloqué le serveur du site.
D'après le Global Times, quotidien en anglais et toujours affilié au parti, son compte a été vérifié, ce qui a écarté l'hypothèse qu'il s'agissait d'un faux.
"@hujintao" (en chinois) avait 8000 followers dimanche soir, et plus du double le lendemain. Des internautes n'hésitaient pas à lui écrire des messages de bienvenue et d'encouragement. D'autres ont profité de l'opportunité pour demander le retour de Twitter (qui reste censuré en Chine).
Le président Hu Jintao et le premier Ministre Wen Jiabao sont connus pour être relativement ouverts à internet et aux nouvelles technologies: en juin 2008, le premier avait répondu à deux questions lors d'un chat qui finalement n'avait duré que quelques minutes, tandis que le premier Ministre, très populaire, s'était plus volontiers prêté au jeu en février 2009 pendant près de 2 heures.
Photo: Wikimedia commons/Demosh.
15 février 2010
Le nouvel an chinois à Belleville
05 décembre 2009
"They can only cry": Dr Gao Yaojie, activiste anti-SIDA de la première heure, quitte la Chine et s'installe aux Etats-Unis
27 novembre 2009
Out of the closet, on the blog
A noter, les bloggers recensés en Chine sont peu nombreux: un à Pékin, un à Hong Kong (mais il est Philippin). Tous les autres sont à Taiwan, là où il n'y a pas de censure, et où les personnes atteintent du sida sont sans doute beaucoup plus acceptées...
View Blogging Positively in a larger map
26 novembre 2009
Free Jiang Tianyong
14 octobre 2009
Premier tango à Washington
La semaine dernière (07/10/09) a paru dans le Washington Times un article qui m'a tenu à coeur pour plusieurs raisons: il concernait la Chine, le sujet était intéressant (sans dire émouvant...), et enfin un de mes collègues m'a gentiment conseillée d'y aller à sa place, car il savait que je pourrais interviewer le mec en chinois.
Bref, il était une fois le monde merveilleux de Tian an men un 03 juin 1989. Fang Zheng, brillant athlète avec un avenir tout doré de médailles devant lui, a le malheur de vouloir être galant: il aide une manifestante à s'échapper pour ne pas être écrasée par un char qui fonce droit sur eux. Sauf que c'est lui qui s'est pris le char, et que ses deux jambes ont été sectionnées net.
Pas grave, en Chine on a de la volonté. Il devient alors un athlète en fauteuil roulant, excellant au disque et lancer de javelot et ramassant les médailles à diverses compétitions. Mais il faut toujours se méfier avec les autorités chinoises: un beau jour de 1994 elles interdisent à Fang Zheng de se rendre à une compétition de peur qu'il ne parle de Tian an men et de la façon dont il a perdu ses jambes aux journalistes étrangers.
A partir de ce moment-là sa vie ressemble un peu à un enfer: surveillance, téléphone écouté, pas de boulot sauf des petits jobs par ci- par là, il rencontre pourtant sa femme Zhu Jin et se marient vers 1999.
Avant les JO de Pékin 2008, les autorités chinoises lui interdisent de se rendre à Pékin, et gardent toujours son passeport. Un jour un reporter allemand l'appelle et lui demande une interview après les Jeux...et par magie son passeport lui est rendu. Comme quoi le bureau de sécurité à l'oreille longue et fine! Il finit, avec l'aide d'associations et d'anciens leaders de Tian an men maintenant exilés au USA, par partir avec femme et fille sous le bras aux Etats-Unis, où il vit maintenant depuis mars 2009, en Californie.
Ces associations se sont démenées pour qu'il reçoive de nouvelles prothèses en fibre de carbone, le top du top en la matière, généreusement données par une entreprise ricaine leader en la matière. Coût du matériel, pose, réeducation: plus de 100 000 dollars, tout ça gratos, pour qu'il puisse enfin remarcher après 20 ans.
Alors que le Dalai Lama était à Washington en même temps (et snobé par un Obama pré-Nobel), que la Chine populaire fêtait ses 60 ans la semaine précédente (1er octobre), Fang Zheng a choisi de danser pour la première fois avec sa femme au Capitole, histoire de dire que le régime chinois l'a peut-être empêché de marcher pendant 20 ans, mais que les USA lui donnait l'opportunité de se remettre debout au sens propre comme au figuré. Tout cela gratuitement. Il est pas beau l'American dream?
Après la conférence de presse, il s'est donc levé, a laissé sa béquille, et a entraîné sa femme dans une valse qui ma fois n'était pas si mal que ça. C'était très émouvant, tout le monde pleurait, même les Chinois.
Petite anecdote (qui a été coupée dans mon article): Michael Horowitz du Hudson Institute, qui organisait l'évènement, a remis un prix (pour de rire) au bureau de sécurité de Pékin et au jeune homme zêlé qui écoutait le téléphone de Fang Zheng et a donc su pour l'interview avec le reporter allemand et le besoin de lui rendre son passeport -qui a permis sa fuite vers les USA. "Je voudrais remercier le jeune homme qui écoutait le téléphone, ses longues oreilles ont permis à Fang Zheng d'être ici aujourd'hui avec nous."
31 décembre 2008
La Charte '08
"Les dissidents tchèques avaient eu la Charte 77 avec Vaclav Havel; les Chinois ont lancé la Charte 08. Et, coïncidant avec le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, ce geste de défi au pouvoir communiste chinois a conduit ses auteurs en prison.
Parmi eux, Liu Xiaobo, 53 ans, l’un des intellectuels dissidents les plus en vue, déjà détenu pendant vingt mois pour son rôle dans le « Printemps de Pékin » en 1989, puis de nouveau emprisonné pendant trois ans pendant les années 90, été arrêté lundi à son domicile, qui a été fouillé de fond en comble par la police chinoise. Ses ordinateurs et téléphone portable ont été saisis. D’autres arrestations ou assignations à résidence ont été enregistrées dans plusieurs villes du pays à la veille de l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
L’arrestation de Liu Xiaobo et d’autres militants des droits de l’homme est intervenue au moment où les dissidents s’apprêtaient à rendre publique leur Charte 08, signée par 303 personnes, des intellectuels comme Liu Xiaobo, des avocats comme Mo Shaoping, des militants des droits de l’homme comme Ding Zilin, la « mère de Tiananmen », ou encore des universitaires ou des blogueurs, tous prêts à prendre le risque de l’emprisonnement ou de sérieux ennuis avec les autorités. Celles-ci, on le voit, ne sont pas prêtes à accepter l’expression publique organisée en faveur de la démocratisation de la Chine.
Comme la Charte 77 de Vaclav Havel
La Charte 08, délibérément calquée sur l’action des dissidents de l’ex-bloc soviétique dans les années 70, avec Vaclav Havel en Tchécoslovaquie, Andreï Sakharov en URSS, et quelques autres dans les autres « républiques populaires », comprend dix-huit propositions destinées à conduire la Chine vers la démocratie.
Parmi ces propositions, certaines sont de cruels rappels des impasses du régime, comme la demande de ratification du Pacte des Nations unies pour les droits civils et politiques, que la Chine a signé pour satisfaire les pays occidentaux, mais n’a jamais ratifié. Jacques Chirac avait coutume de citer la signature de ce Pacte comme l’un des succès de la diplomatie discrète en faveur des droits de l’homme: il oubliait de dire qu’il n’avait jamais été mis en œuvre…
D’autres propositions sont plus radicales dans le contexte chinois, comme la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, qui sont tous placés actuellement sous l’autorité du Parti communiste chinois. Cette idée avait été évoquée par les réformistes au sein même du Parti, mais écartée après la répression du Printemps de Pékin, en juin 1989.
Les signataires réclament également des élections libres avec pluralisme des partis politiques, idée encore impensable pour les actuels détenteurs du pouvoir, et qui a conduit en prison tous ceux qui l’ont réclamée avant les signataires de cette Charte.
Le climat politique a changé
Le fait que tant de personnes soient prêtes à prendre ce risque montre à quel point le climat politique a changé en Chine, et permet à ceux qui réclament de véritables réformes politiques de relever la tête. La circulation de l’information sur Internet, malgré la censure et les blocages, fait partie des facteurs qui ont modifié la donne politique.
Pour autant, le pouvoir est d’autant moins enclin à accepter l’émergence d’une dissidence organisée que le contexte économique et social est inquiétant: des milliers de fermetures d’usine, des protestations sociales en nombre accru, alors que la crise économique mondiale provoque un ralentissement très net de la croissance chinoise.
Les dirigeants chinois n’ont donc pas hésité à donner un coup d’arrêt d’entrée de jeu à ce mouvement, quitte à sérieusement entacher son image en embastillant des militants des droits de l’homme en plein anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, théoriquement « universelle »…"
Pour signer la Charte, c'est ici, sur le knol de Zola. Pourtant, elle ne fait pas l'unanimité chez les intellectuels chinois, car certains ont refusé de la signer. Ceux qui l'ont fait expliquent pourquoi et les risquent qu'ils encourent. Plus d'infos sur Global Voices Online: "China Charter 08, to be free and fearless".
30 novembre 2008
13 octobre 2008
Avec "Shadows", le cinéma indépendant chinois prend ses quartiers à Paris
« Shadows », festival du film indépendant chinois, a ouvert ses portes jeudi 09 Octobre. Jusqu'au 19, une sélection de 47 courts et longs métrages est présentée au cinéma « Les Voûtes », dans le 13ème arrondissement à Paris.
Située à côté d'une ancienne usine de frigos transformée en squat d'artistes, la salle des « Voûtes » ajoute un certain cachet au label « indépendant » du festival. Au programme de la journée de samedi 11 : « Taishicun » un film de l'universitaire engagée Ai Xiaoming sur la révolte d'un village du Guangdong contre la corruption des autorités locales, affaire qui avait fait les gros titres en 2005.
Festival indépendant oblige, tout est fait à l'artisanale : à la fin de la projection, on se réunit dans la salle voisine où un bénévole tient le bar et cuit ses délicieuses crèmes brûlées. Ai Xiaoming répond aux questions sur son film, pendant que l'on fait rentrer les spectateurs de la prochaine séance : « In search of Lin Zhao's soul » de Hu Jie, lui aussi présent.
La première édition de « Shadows » a eu lieu en 2006. Organisé par Julien Tang et Judith Pernin, un jeune réalisateur et une doctorante à l'EHESS, le festival se veut différent des autres et propose des films chinois qui ne sont pas sortis en salle. « Indépendant ne veut pas dire anti-gouvernemental, précise Julien. Pour nous ça veut dire libre de faire ce que l'on veut ». D'où le choix de ne montrer que des films qui ne rentrent pas dans les circuits de distribution traditionnels. Fictions, documentaires, films d'animation, ou vidéos artistiques, ces œuvres sont introuvables en Chine. Les raisons ? Trop expérimentales ou controversées, elles risqueraient de ne pas passer le veto de la censure. Ainsi beaucoup de réalisateurs décident de s'en passer et de sortir le film par d'autres moyens, ou bien de le montrer à l'étranger. « Taishicun » est ainsi disponible sur internet ou à la librairie d'une université de Hong Kong. 70% des recettes sont reversées à une association des familles du village de Taishi. Le cinéma chinois indépendant est aussi militant.
Cette année une « carte blanche » rend hommage à Yunfest, festival renommé de documentaires crée à Kunming en 2003, en diffusant une sélection de 12 films. Débats et rencontres sont prévues cette semaine autour du cinéma et de la Chine. Si, comme en 2006, le succès est au rendez-vous, le festival pourrait s'exporter quelques jours à Lyon ou à Bruxelles. Histoire de montrer à public encore plus large, ces perles rares ignorées dans leur pays.
Publié également sur Aujourd'hui la Chine.
Edit: Mentionné ici sur le blog de Cai Chongguo.
07 septembre 2008
19 août 2008
L'équipe chinoise de football fait honte au pays

Le 13 août, le match Chine Brésil s’est soldé par un score sans appel pour l’équipe chinoise : une défaite 3-0. Les supporters chinois se sont mis en colère quand l’entraîneur brésilien Dunga a déclaré plus tard qu’il ne comprenait pas pourquoi les Chinois n’avaient pas plus attaqué alors qu’ils étaient menés au score. Le football est un des sports les plus populaires en Chine avec le basket, le ping-pong et le badminton. Les jeunes Chinois connaissent sur le bout des doigts la composition des clubs étrangers. Beckham, Ronaldinho, Henry sont pour eux des stars. Pour les autorités chinoises, c’est un casse-tête : le pays a l’argent, la réserve de population représentant un vivier inépuisable de talents potentiels, les fans, et pourtant le niveau de l’équipe nationale reste coincé dans les tréfonds de l’amateurisme. Les fans eux-mêmes sont les premiers à critiquer le faible niveau de leur ligue professionnelle, créée en 1994. Mais ce qui les désespère le plus : leur équipe nationale. Non seulement elle accumule défaite sur défaite, mais les joueurs chinois n’hésitent aussi pas à donner quelques coups mal placés aux adversaires qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin.
20 mai 2008
19 mai 2008
Noir et blanc
19 avril 2008
"Les médias vous manipulent!"
Au centre de la place de la République, une grande estrade était dressée où se succédaient les petits discours et les chansons pour dynamiser la foule des Chinois. Li Huan, 26 ans, étudiant à Lille et se présentant comme responsable des relations presse, répond à quelques questions: "Les Chinois se sont sentis vraiment blessés, outragés par toutes ces manifestations autour de la flamme olympique et cette campagne anti-chinoise. Nous savons bien que tout cela est orchestré par les néoconservateurs américains, et que Robert Ménard est financé en partie par les Etats-Unis; il l'a lui-même reconnu". A l'évocation des appels au boycottage des marques françaises qui ont lieu en ce moment en Chine, il répond:"Tous les boycottages sont irrationnels, nous devons nous comporter comme des adultes". Qui a organisé cette manifestation? Li Huan révèle que la demande a été déposée une semaine auparavant par un certain Wu Rui, étudiant chinois; 6000 tee-shirts ont été imprimés, et 5000 personnes se sont inscrites via des sites internet.
En tout cas, de ce que l'on a pu constater, c'est une organisation bien huilée: des personnes s'occupent de distribuer les tee-shirts à message, tout le monde est venu avec son drapeau (Où en ont-ils trouvé autant et si vite? Car chaque étudiant chinois en France ne vient pas avec un immense drapeau dans la valise non?), d'autres, armés de mégaphone, patrouillent parmi la foule et les incitent à chanter et crier des slogans, les banderoles sont innombrables, un service d'ordre a été mis en place, et sur scène les invités se succèdent...
Justement, Pierre Picard est l'un d'eux. Spécialiste reconnu de la Chine, il a été contacté par des étudiants pour lui aussi faire un petit speech. En descendant de la scène, il nous répond: " Les Jeux Olympiques n'appartiennent pas seulement à une entité, à un petit groupe de pays. Non, ils appartiennent au monde entier. La Chine n'est certes pas un pays parfait, mais il y a beaucoup plus de libertés qu'on ne le dit. Il y a eu des avancées. Les Chinois ne peuvent accepter que le Tibet retourne au servage. Les progrès ont été considérables en 20 ans". Pour lui, et pour les organisateurs de la manifestation, qui semblaient vouloir faire passer ce message, il faut aller en Chine voir la réalité plutôt que de la critiquer. Les médias ont montré une image diforme de la Chine: par exemple ils n'ont presque pas montré les Chinois agressés par les Tibétains au début de la crise, ni les magasins saccagés". Et les manifestations anti-françaises ? "Le peuple chinois veut montrer sa colère" affirme-t'il, "il se sent trahi par un bon ami, la France".
"Bienvenue en Chine, Bienvenue à Pékin"
En tout cas, pas de sentiment anti-français hier: tout le monde était souriant et poli afin de montrer une bonne image de la Chine. Sur un côté, des banderoles "explicatives" étaient déployées: un manifeste pour le courage de Jin Jing (l'handicapée qui a portée la flamme pendant le relais à Paris et qui s'est fait attaquer) et des photos sur le Tibet. Un côté "avant", avec esclaves et mendiants, et "après" (la "libération" chinoise): des moines souriants, des routes, un homme à moto... Et cette pancarte: "Savez-vous où est le Tibet? Le Tibet était, est et sera toujours en Chine!".
Autres ressources:
- un compte rendu de la manifestation par Rue89;
- un très bon article du New York Times sur le patriotisme des Chinois;
- le coup de gueule de Jean Luc Mélenchon;
17 avril 2008
Dialogue de sourd
08 avril 2008
A la recherche de l'article retrouvé: le marathon de la Grande Muraille
21 mars 2008
Le gouvernement chinois diffuse sa version des émeutes à Lhassa
De plus, "depuis plusieurs jours les médias étrangers peuvent acquérir moyennant finance, auprès d' une agence de production directement liée au Conseil d'Etat chinois, un DVD des émeutes du 14 mars dernier à Lhassa". (aujourdhuilachine.com)
Que montrent ces images? Pourquoi les montrer seulement maintenant (le temps de faire un bon montage propre et de truquer quelques plans?) Et enfin, pourquoi les autorités ont-elles laissé faire lors de ces émeutes, elles qui sont si promptes à surveiller le moindre suspect et empêcher le moindre rassemblement?




