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25 août 2008

Pour les champions chinois, l'or olympique vaut beaucoup d'argent

Les athlètes chinois médaillés pendant ces Jeux Olympiques sont assurés de recevoir un confortable pactole, en liquide ou sous forme de cadeaux divers.

La marque de bière Yanjing, troisième brasseur en Chine et sponsor des épreuves aquatiques, a en effet annoncé le 19 août que chaque athlète chinois qui montera sur la plus haute marche du podium recevra en liquide 1 million de yuan (environ 98 700 euros). Les médaillés d'argent recevront 500 000 yuans, et 200 000 iront aux médaillés de bronze. Alors que le pays hôte des JO se targue de 44 médailles d'or (au 20 août), il est fort probable que d'autres marques chinoises se mettent à suivre le mouvement afin de renforcer leur image.

L'argent ne viendra pas seulement des entreprises, puisque le gouvernement compte aussi mettre la main à la poche. L'administration générale du sport de Chine a promis un chèque, non imposable, de 250 000 yuans, de 200 000 yuans et de 130 000 yuans pour les médaillés d'or, d'argent et de bronze. Ces sommes représentent une augmentation de 50 000 yuans par rapport aux Jeux Olympiques d'Athènes de 2004. Les fédérations de tennis et de football, où les athlètes ne sont pas favoris pour gagner une médaille, ont choisi d'ajouter à cette somme 15% si jamais un de leurs athlètes pouvait faire des miracles.

Les gouvernements provinciaux et municipaux veulent eux aussi cette année encore choyer leurs prodiges. En 2004 les gouvernements du Fujian et de Shanghai avaient offerts à leurs athlètes médaillés d'or 500 000 yuans, le Guangdong 200 000 yuans. Sans oublier les cadeaux en nature : la plongeuse chinoise Guo Jingjing, multimédaillée aux Jeux Olympiques et aux Championnats du monde, s'est vue offrir une luxueuse villa dans la banlieue de Shijiazhuang, sa ville natale.

Ces sommes sont bien sûr à rajouter aux revenus que les athlètes tirent de leur contrat avec des marques, qui se sont pressées pour les sponsoriser en vue du pactole des Jeux Olympiques de Pékin. Beaucoup de ces athlètes n'ont pas besoin en fait de ces bonus gouvernementaux. Ainsi Liu Xiang était quasiment garanti d'arriver sur le podium final du 100m haies avant qu'il n'abandonne lundi pour cause de blessure. Depuis 2004, il est une star en Chine et accumule les contrats publicitaires avec différentes marques (Coca, Nike, Visa, Amway etc) qui lui ont rapporté 160 millions de yuans en 2007.

Mais l'administration générale du sport et les différents gouvernements provinciaux ont beau jeu de récompenser ces sportifs : certes leur réussite a représenté des années d'investissements financiers de leur part (entraînements, infrastructures, personnels d'encadrement...), mais cet argent leur revient d'une façon ou d'une autre, puisque les athlètes restent dans le giron de l'état et doivent partager leur revenus...Dans le cas de Liu Xiang, sa carrière est discutée entre les murs de l'association chinoise d'athlétisme. Ses revenus ? 15% vont à son entraîneur, 20% au bureau des sports de sa ville natale (Shanghai) et 15% à l'association chinoise d'athlétisme. Les 50% restants lui reviennent.

Article posté aussi sur Aujourd'hui la Chine sous un pseudo.

22 août 2008

Ma matinée au Stade Olympique

Les JO se finissent dimanche soir, et je n’étais toujours pas allée assister à une compétition. J’ai beaucoup traîné autour des différents stades et gymnases, en quête d’images et de témoignages, oui, mais sans jamais pour le moment passer le contrôle des spectateurs.

Bien décidée à avoir moi aussi ma part du spectacle, j’ai acheté un billet au marché noir il y a quelques jours. Hier matin (jeudi 21) j’avais donc rendez-vous au stade olympique pour les épreuves d’athlétisme de 9h à 13h. Au programme : le 20 kms marche (femme), le décathlon, les qualifications pour le javelot et le saut en longueur homme, et le saut en hauteur femme. Il y a eu un invité surprise : la pluie. En effet c’est sous une pluie battante que la majeure partie des épreuves s’est déroulée. Quand je vous disais que le temps laissait à désirer...

Pour arriver jusqu’au parc olympique c’est un parcours d’obstacle qui prend environ 1h30mn. Il faut prendre le métro, passer le contrôle des billets parmi la foule compacte, reprendre le métro (la nouvelle ligne olympique) et marcher jusqu’au stade. Le stade olympique, surnommé le nid d’oiseau, est gigantesque. Tout en courbes et en longues tiges, l’extérieur est couleur acier, l’intérieur est rouge. Une fois rentrée, je remarque l’armée de volontaires souriants, qui sillonnent les 2 étages de l’édifice, toujours prêts à aider. J’ai de la chance, je suis étonnamment bien placée. Vers le bas et dans un virage, je peux apprécier l’étendue du nid d’oiseau avec en haut à droite la flamme olympique qui me nargue de sa vigueur, sous la grosse pluie.

C’est bientôt l’arrivée du 20kms marche. La Russe Olga Kaniskina arrive en tête dans le stade, et tout le monde se met à l’acclamer. Après tout elle a marché 1h26 sous la pluie battante! Les autres épreuves débutent aussi: au lancer de javelot, le sol est tellement trempé que les sportifs dérapent quasiment tous après leur lancer, et se vautrent avec plus ou moins de style... Au saut en hauteur, la française Mélanie Skotnik échoue à se qualifier. Ce n’est pas grave, les Chinois sont très bons publics et encouragent tous ces sportifs, qui tentent de se qualifier dans des conditions exécrables.

Vers midi la pluie cesse enfin. Un bout de soleil apparaît. Les files d’attente aux stands de boissons et nourritures s’allongent. Les épreuves se terminent, je pars explorer les autres étages du « nid d’oiseau ». Partout les Chinois se prennent en photo, ils sont fiers de leur stade. Preuve qu’ils ne sont pas tout à fait encore habitués à voir des occidentaux : je me fais photographier avec un couple qui me brandit sous le nez une banderole rouge « Allez la Chine ! »

18 août 2008

Stupeur et tremblements: Liu Xiang est forfait du 110m haies

Selon L'Equipe.fr :

Liu Xiang ne sera pas médaillé d'or, chez lui, sur le 110 m haies. Le tenant du titre olympique a été incapable de passer la première haie de sa série du premier tour, en raison d'une blessure à un pied, ce mardi. Des bruits couraient à ce sujet depuis quelques temps. Sur une chaîne de télévision française (Canal +), l'annonce de l'abandon à venir a même été communiquée une heure avant la course fatidique. Et Liu Xiang est arrivé sur la piste, boitant, grimaçant de douleur, peinant à se mettre dans les starts.

Quelques minutes plus tard, deux hommes doivent expliquer l'impensable - comment l'icône de tout un pays, soumis à une pression monstrueuse, a pu échouer de la sorte ? - : Feng Shouyong, l'entraîneur de l'équipe chinoise d'athlétisme, et Sun Haiping, l'entraîneur personnel de Liu Xiang. Ce dernier éclatera en sanglots durant la conférence de presse et ne dira plus rien par la suite. Mais il aura eu le temps de donner quelques explications : Liu Xiang souffre de deux blessures récurrentes depuis plusieurs saisons, l'une à la jambe, l'autre au pied droit, à l'endroit où le tendon d'Achille touche l'os. La première était guérie, la deuxième a provoqué l'abandon. Liu Xiang est arrivé au Village olympique samedi dernier en souffrant. Il a été soigné pendant trois jours et son entourage pensait que la douleur avait disparu. Elle est pourtant revenue ce lundi matin. Liu Xiang a quitté le Nid d'Oiseau en larmes.

Ladji Doucouré, qui s'était qualifié quelques minutes plus tôt pour les quarts de finale, a été l'un des premiers informés de l'impuissance de son rival : « A l'échauffement, je suis allé le voir. Dans mon anglais bizarre, je lui ai demandé comment il allait, vu que je ne l'avais pas vu depuis longtemps. Dans son anglais bizarre, il m'a répondu que ça n'allait pas du tout, qu'il avait mal à son tendon, qu'il était « out ». Sur le coup, j'ai cru que j'avais mal compris.D'après Feng Shouyong, Liu n'a pas voulu déclarer forfait avant le début de sa course. Il tenait à concourir tant que la douleur était supportable. Trois médecins étaient avec lui sur le stade d'échauffement. Durant la conférence de presse, les deux entraîneurs ont justifié l'absence d'informations officielles par le fait qu'ils n'imaginaient pas que la blessure soit si grave. Ils ont aussi cherché à glorifier leur champion, répétant sans cesse ce qu'il représentait pour la Chine et relatant à maintes reprises tout le travail effectué depuis quatre ans et la victoire à Athènes.

C'est donc un curieux premier tour qui s'est déroulé sur 110m haies ce mardi. Quelques minutes avant l'abandon de Liu Xiang, l'Américain Terence Trammell avait, lui aussi, dû renoncer, à cause d'un claquage, avant de passer le premier obstacle. Et le Letton Stanislav Olijars n'a pas non plus pris le départ de sa série."

Ma version (devant la télé):

C’est le moment que l’on attendait tous... Ou plutôt toutes ! Aujourd’hui devait être le grand jour où Liu Xiang devait entrer en compétition. Champion olympique en titre du 110 m haies et seul Chinois à avoir remporté une épreuve majeure en athlétisme, Liu Xiang en Chine est un héros national, dieu vivant, et chéri de ses dames. On l'attendait à la finale, jeudi, 21h45. Le rendez-vous était pris.

Depuis Athènes en 2004, il est apparu sur de nombreuses publicités, de Coca Cola à Visa en passant par une marque de lait « qui fait grandir ». Il est un membre du comité central du PCC et a été le premier relayeur de la flamme olympique. C’est dire la dimension nationale du personnage et la pression énorme qui pesait sur ses épaules. Ce natif de Shanghai, surprotégé pendant ces JO, n’est entré dans le village olympique que samedi. Tout a été fait pour préserver le secret sur sa santé.

Ce matin donc, 11h50 heure locale, mes collègues et moi étions pendues à notre télévision pour regarder notre chouchou. Sauf qu’à son arrivée sur la piste, nous avons tout de suite vu que quelquechose n’allait pas. Boitant, grimaçant et sans entrain, Liu Xiang avait mal.

Il s’est mis une dernière fois aux starting blocks pour retravailler son départ, a sauté une ou deux haies, est reparti en boitant....Puis le faux départ du hollandais Marcel van der Westen, et à la stupeur générale Liu Xiang remballe ses affaires et repart la tête basse...Au bureau nous étions comme folles. « C’est une catastrophe ! » déclare une de mes collègues, qui avait plus tôt crié « Come to mama ! » à l’attention du champion national. Dans l’après midi, je suis allée demandé à plusieurs Chinois : « Bien sûr c’est très triste » m’a répondu l’un deux. A ses côtés était posé une édition du journal du soir de Pékin, qui fait la une sur l’abandon de Liu Xiang.

Une autre de mes collègues m’a avoué plus tard qu’il vaut mieux qu’il ait abandonné maintenant plutôt qu’échouer avec seulement une médaille d’argent ou de bronze...Le destin de Liu Xiang : une blessure plutôt que le déshonneur de ne pas remporter l’or ?

Photo: Copyright © 2008 Sohu.com Inc. All Rights Reserved. 搜狐公司 版权所有。

Edit: des milliers de messages d'encouragements sont postés depuis ce matin sur son site internet.


07 août 2008

La bérézina diplomatique de Sarkozy, par Pierre Haski (rue89)

(De Pékin) Ainsi donc, la raison d’Etat l’a emporté. Nicolas Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï lama, afin de sauver les relations franco-chinoises des "conséquences graves" qui leur étaient promises en cas de rencontre, même informelle, entre le président français et le leader tibétain. C’est le plus grave échec de la diplomatie de Sarkozy depuis son élection, qu’il ne doit qu’à sa propre maladresse.

Depuis le début de cette affaire, Nicolas Sarkozy a multiplié les incohérences et les gestes contradictoires, créant lui-même le piège qui finit de se refermer sur lui. Il est le seul chef d’Etat ou de gouvernement à avoir mis des conditions à sa venue à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des JO vendredi: Angela Merkel n’y sera pas, sans avoir expliqué pourquoi, et George Bush a finalement décidé d’y aller, sans état d’âme, se payant le luxe de recevoir des dissidents chinois chez lui sans faire trop de vagues. Sarkozy, lui, a d’abord lié sa venue à d’hypthétiques "progrès" dans le dialogue entre Pékin et les Tibétains, avant de mettre en parallèle sa rencontre avec le dalaï lama en août.

Cette valse hésitation a eu le don d’agacer au plus haut point les dirigeants chinois, déjà remontés contre la France après le passage de la flamme olympique à Paris en avril. Les choses s’étaient calmées après l’envoi de trois émissaires, pas moins, à Pékin, pour mieux repartir avec l’annonce simultanée de la visite à Pékin, et de la rencontre avec le dalaï lama.

Il y a alors eu une joute verbale entre le chef de l’Etat et l’ambassadeur chinois à Paris, Kong Quan. Ce dernier a convoqué des journalistes pour déclarer solellement qu’une telle rencontre Sarkozy-dalaï lama

«serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures».

Et le tout nouvel ambassadeur -un diplomé de l’ENA française- de brandir la menace de «conséquences graves» sur les relations bilatérales.

Nicolas Sarkozy avait aussitôt répliqué sèchement que ce n’était pas à l’ambassadeur de Chine de lui dicter son agenda. Eh bien si! (même si c’est déguisé sous la forme d’un renoncement de la partie tibétaine elle-même à demander une telle rencontre).

Le paradoxe de cette situation est que la sortie de Kong Quan avait été critiquée dans certains secteurs de l’establishment chinois, qui estimaient qu’elle ne laissait pas d’autre choix au président français que de rencontrer le dalaï lama, sous peine d’avoir l’air de céder aux injonctions de l’ambassadeur. Kong Quan et l’aîle dure de la diplomatie chinoise ont montré que la fermeté paye, avec Nicolas Sarkozy en tous cas.

Le pire, c’est que le mal est fait et l’annulation de la rencontre n’est qu’une manière de limiter la casse. La gestion désastreuse de toute cette "séquence chinoise", des émeutes de Lhassa le 14 mars, à l’ouverture des JO le 8 août, aura montré un amateurisme incroyable et une méconnaissance du contexte et de la psychologie du pouvoir chinois à ce moment particulier. Le triangle Sarkozy-Kouchner-Yade a dysfonctionné de manière spectaculaire, et le seul vrai connaisseur de la Chine à l’Elysée, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte, n’aura pas pu empêcher le désastre.

Nicolas Sarkozy arrive vendredi à Pékin pour quelques heures à peine -vingt heures de vol aller-retour pour dix heures sur place, sans même y passer la nuit…- en position de faiblesse. Le président français s’est éliminé du jeu diplomatique entre la Chine et le reste du monde: il devra subir le rapport de force ainsi instauré pour le reste de son mandat: les Chinois ont compris que pour quelques contrats dont l’économie française a un besoin vital, ils le tiennent.

Que la France entretienne de bonne relations avec la Chine n’a rien que de plus normal. Nicolas Sarkozy avait eu une très belle sortie au parlement européen, en lançant à Daniel Cohn-Bendit: "on n’humilie pas un quart de l’humanité". Mais une phrase brillante et une belle intuition ne font pas une politique étrangère, pas plus que l’envoi de sa femme à une cérémonie religieuse, puisque c’est le lot de consolation auquel auront droit les Tibétains.

La France sort affaiblie et déconsidérée de cet épisode. Elle s’est tirée une balle dans le pied dans l’un des lieux du monde où s’écrit le XXI° siècle. Et surtout, elle aura donné au clan des durs de la diplomatie chinoise une médaille d’or avant même l’ouverture des Jeux.

Sources: ici et là.

05 août 2008

Image du jour: l'arrivée de l'équipe française de natation

http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-image-du-jour--aout---8431.asp?1=1&IdBloc=1&Commentaires=1#Commentaires

Mon 1er reportage (ici, c'est pas moi qui filme): l'arrivée de l'équipe de France de natation à l'aéroport de Pékin le lundi 4 août, après un stage de préparation à Dalian (ville chinoise située sur le golfe de Corée, un peu au nord de Pékin). Impressions: pas mal! Alain Bernard était très sympa, Laura Manaudou avait un petit piercing au nez et ne répondait pas aux questions. "Il y aura une conférence de presse" a t'elle dit. Nous n'y serons pas.
Ils étaient en tout une quarantaine de personnes, comprenant les nageurs et le staff. Un bus était spécialement apprété pour eux, ainsi qu'un camion de la poste chinoise pour entreposer leurs bagages. Il y avait aussi des journalistes de TF1, de BFM TV, RTL et France Inter, rien que pour nos nageurs.
A côté, dans leur beau survêtement rouge sponsorisé par Nike, 5 membres de la délégation érythréenne, tous coureurs de fond (1500 et 5000m), attendaient sagement un taxi. L'Erythrée envoie en tout 15 sportifs.

04 août 2008

Wen Jiabao est un gaucher

Attention, information de la plus haute importance! Le 1er Ministre a profité de sa petite visite matinale à l'équipe masculine chinoise de basket pour exhorter les joueurs à donner le meilleur d'eux-mêmes pour la mère patrie, ajoutant que le plus important est de participer... Heureusement, car l'équipe rencontre en 1er match les USA dimanche 10!
Puis il s'est naturellement essayé à quelques paniers (il s'y est repris à 5 fois avant de marquer...).

02 août 2008

Beijing, 2 aout 2008

Me revoila a Pekin, exactement un an apres l'avoir quittée.

Que de changements depuis 2003... C'est une ville propre, refaite à neuf, ratiboisée et rafistolée (comme l'on pouvait lire dans le Liberation de jeudi). Partout l'on apercoit des volontaires en tee shirt des Jeux, sur le pied de guerre ; des vieux du comité de surveillance des quartiers qui prennent leur role très à coeur; partout notre regard accroche un panneau, une affiche, une statue celebrant les Jeux. "Pour des Jeux pacifiques, chacun doit se sacrifier". Le nouveau terminal de l'aéroport est le plus grand du monde, rien que pour recupérer ses bagages il faut prendre un train. En mettre plein la vue, montrer le meilleur de la Chine pour ces JO... Mais je suis venue pour ca.

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Pour la premiere fois depuis 2003, le site internet de Reporters sans frontieres est accessible depuis la Chine. Apres le tolle international suscite par le blocage totalement arbitraire de certains sites, faisant fi des promesses de 2001, le gouvernement chinois a fait une fleur aux journalistes en debloquant RSF, mais aussi la BBC (avec sa version chinoise), Amnesty International et Human Rights Watch. Quant aux sites sur le Tibet et aux sites appartenant au mouvement Falungong (Epoch Times etc), "tu peux te brosser Martine" comme dirait l'autre...
Combien de jours avant que ces sites ne soient a nouveau censures?


http://www.rsf.org/article.php3?id_article=

De toute facon, je trouve que les journalistes se sont indignes pour rien. Ils se sont offenses parce que des sites comme RSF, HRW, Amnesty etc n'etaient pas accessibles depuis le Olympic Media Center, pas depuis d'autres parties de Pekin, ni ailleurs en Chine. Or ils etaient deja bloques a l'origine. Ensuite, et s'ils consentaient a sortir un peu de leur bulle et gouter a la vraie vie chinoise, i.e en dehors des structures olympiques? Ont-ils vraiment un besoin urgent de ces sites internet pour faire leur reportage en Chine? Enfin, un journaliste sportif a t'il un besoin pressant de consulter RSF.org pour commenter le 110m haies?

30 juillet 2008

La Chine va censurer internet pendant les JO (ou la pseudo surprise du jour)

La Chine va bien censurer Internet pendant les JO, contrairement aux promesses qu'elle a faite au CIO en 2001. Sites censurés, activité contrôlée, on parle même d'emails des journalistes scannés...
Quelle surprise! Franchement, à quoi pouvait-on s'attendre de la part de la plus grande dictature du monde, qui trouve dans l'organisation des JO la consécration mondiale tant espérée? Tout va être surveillé, contrôlé, passé au peigne fin, réglé comme du papier à musique...
Selon lemonde.fr:

"Contrairement aux promesses faites, la Chine va bien censurer le Web utilisé par les médias durant les Jeux olympiques de Pékin. "Nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes" au centre de presse, a déclaré, mercredi 30 juillet, le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide (...) "Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d'Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d'accès pour cela", a plaidé M. Sun. Mais le comité d'organisation, sous la pression du Comité international olympique (CIO), avait promis un accès complet au Réseau pour les milliers de journalistes présents en Chine durant les Jeux."

Encore un exemple du double language à la chinoise: "accès suffisant", "pourraient se servir", n'est bien sûr pas la même chose qu'accès libre pour tous les sites. Le pire, c'est que plus personne ne semble s'en offusquer, tenter de rappeler Pékin à l'ordre; l'échéance est tellement proche que tout le monde semble avoir baissé les bras, surtout le CIO...

PS: intéressant post sur le blog de Brice Pédroletti, sur le travail efficace de la censure opérée sur certains évènements marquants de l'histoire chinoise récente (Tian an men, Mao etc); résultat, les Chinois méconnaissent totalement certains pans de leur propore histoire. On appelle cela de l'ignorance, un véritable coma.

25 juillet 2008

北京奥运会快要开始! Bientôt les JO



我八月一号去北京过一个月,在一家法国新闻社工作。我很高兴我有能看北京奥运会环境怎么样的机会。照片,文章 等等都快在我的博客。Je serai à Pékin du 1er au 30 août, en stage de journalisme. RDV aux Jeux Olympiques...



19 avril 2008

"Les médias vous manipulent!"



Ils étaient venus de Rennes, Marseille, Lyon, de tout Paris, ce 19 avril, pour manifester de la place de la République à la Bastille, contre le traitement unilatéral de la crise au Tibet par les médias occidentaux et contre la manipulation orchestrée par RSF au sujet de la flamme olympique et du Tibet. Sans aucun doute cet évènement fut aussi le plus grand rassemblement de Chinois en France. Quasiment tous habillés d'un tee-shirt proclamant "les JO sont un pont, n'en faites pas un mur", agitant avec ardeur des drapeaux chinois, français, ou des JO, arborant des pancartes où était écrit "J'aime la Chine, donc j'aime le Tibet", "les JO en paix", "les médias vous manipulent" (sic), ils ont donné une belle leçon de patriotisme.
Au centre de la place de la République, une grande estrade était dressée où se succédaient les petits discours et les chansons pour dynamiser la foule des Chinois. Li Huan, 26 ans, étudiant à Lille et se présentant comme responsable des relations presse, répond à quelques questions
: "Les Chinois se sont sentis vraiment blessés, outragés par toutes ces manifestations autour de la flamme olympique et cette campagne anti-chinoise. Nous savons bien que tout cela est orchestré par les néoconservateurs américains, et que Robert Ménard est financé en partie par les Etats-Unis; il l'a lui-même reconnu". A l'évocation des appels au boycottage des marques françaises qui ont lieu en ce moment en Chine, il répond:"Tous les boycottages sont irrationnels, nous devons nous comporter comme des adultes". Qui a organisé cette manifestation? Li Huan révèle que la demande a été déposée une semaine auparavant par un certain Wu Rui, étudiant chinois; 6000 tee-shirts ont été imprimés, et 5000 personnes se sont inscrites via des sites internet.
En tout cas, de ce que l'on a pu constater, c'est une organisation bien huilée: des personnes s'occupent de distribuer les tee-shirts à message, tout le monde est venu avec son drapeau (Où en ont-ils trouvé autant et si vite? Car chaque étudiant chinois en France ne vient pas avec un immense drapeau dans la valise non?), d'autres, armés de mégaphone, patrouillent parmi la foule et les incitent à chanter et crier des slogans, les banderoles sont innombrables, un service d'ordre a été mis en place, et sur scène les invités se succèdent...
Justement, Pierre Picard est l'un d'eux. Spécialiste reconnu de la Chine, il a été contacté par des étudiants pour lui aussi faire un petit speech. En descendant de la scène, il nous répond: " Les Jeux Olympiques n'appartiennent pas seulement à une entité, à un petit groupe de pays. Non, ils appartiennent au monde entier. La Chine n'est certes pas un pays parfait, mais il y a beaucoup plus de libertés qu'on ne le dit. Il y a eu des avancées. Les Chinois ne peuvent accepter que le Tibet retourne au servage. Les progrès ont été considérables en 20 ans". Pour lui, et pour les organisateurs de la manifestation, qui semblaient vouloir faire passer ce message, il faut aller en Chine voir la réalité plutôt que de la critiquer. Les médias ont montré une image diforme de la Chine: par exemple ils n'ont presque pas montré les Chinois agressés par les Tibétains au début de la crise, ni les magasins saccagés". Et les manifestations anti-françaises ? "Le peuple chinois veut montrer sa colère" affirme-t'il, "il se sent trahi par un bon ami, la France".


"Bienvenue en Chine, Bienvenue à Pékin"
En tout cas, pas de sentiment anti-français hier: tout le monde était souriant et poli afin de montrer une bonne image de la Chine. Sur un côté, des banderoles "explicatives" étaient déployées: un manifeste pour le courage de Jin Jing (l'handicapée qui a portée la flamme pendant le relais à Paris et qui s'est fait attaquer) et des photos sur le Tibet. Un côté "avant", avec esclaves et mendiants, et "après" (la "libération" chinoise): des moines souriants, des routes, un homme à moto... Et cette pancarte: "Savez-vous où est le Tibet? Le Tibet était, est et sera toujours en Chine!".


Autres ressources:
- un compte rendu de la manifestation par Rue89;
- un très bon article du New York Times sur le patriotisme des Chinois;
- le coup de gueule de Jean Luc Mélenchon;
- et l'excellent blog de Cai Chongguo, qui résume tout en une phrase: "Comprendre le sentiment nationaliste chinois est l'un des points clés pour comprendre l’histoire de la Chine moderne".


31 mars 2008

La cérémonie de la flamme à Olympie: RSF se fait remarquer



La télé grecque change de plan (oh le beau plan d'ensemble des ruines!), alors que la télé chinois, qui diffusait en leger differé, a bien sûr censuré les quelques images des 3 militants de RSF avec leur banderole...Images que les téléspectateurs chinois ne verront donc pas...

21 mars 2008

Le gouvernement chinois diffuse sa version des émeutes à Lhassa



Ci-dessus une vidéo d'un éditorial d'Alexandre Adler, de France Culture, sur la situation au Tibet.
De plus, "depuis plusieurs jours les médias étrangers peuvent acquérir moyennant finance, auprès d' une agence de production directement liée au Conseil d'Etat chinois, un DVD des émeutes du 14 mars dernier à Lhassa". (aujourdhuilachine.com)
Que montrent ces images? Pourquoi les montrer seulement maintenant (le temps de faire un bon montage propre et de truquer quelques plans?) Et enfin, pourquoi les autorités ont-elles laissé faire lors de ces émeutes, elles qui sont si promptes à surveiller le moindre suspect et empêcher le moindre rassemblement?

18 février 2008

Les futures stars chinoises du plongeon








Je reconnais l'endroit, c'est au Shanghai swimming center, à Xujiahui.
La piscine derrière mon ancien appartement, où j'avais l'habitude d'aller tôt le matin pour éviter la foule (mais ça ne m'a pas fait éviter la morve ejectée sur le bord de la piscine... c'est une autre histoire). Une grande piscine olympique séparée en 2 (les nageurs, et ceux venus simplement se baigner), avec derriere, dans un autre bassin, séparé par des barrières, des plongeoirs de toutes les hauteurs. Avec dessus des enfants de tous âges: de 5 ou 6 ans, à l'adolescence.
Je les ai observé longuement, et de nombreuses fois, après mes longueurs. Je voulais apporter mon appareil photo; j'aurais dû. Ils n'arrêtaient pas: un plongeon, on remonte à la surface, retour sur le plongeoir, plongeon, etc... Du stakhanovisme. Même pour les plus petits! Les plus grands faisaient des sauts vraiment impressionants, et je ne serais pas surprise de les apercevoir cet été aux Jeux Olympiques...
Sur le côté, les entraîneurs étaient assis sur des chaises en plastique, et sans bouger assénaient leur verdict. Bon ou mauvais, de toute façon les petits plongeurs devaient recommencer à l'infini.

Photos: Reuters via 20minutes

01 janvier 2008

Enfin en 2008

Au revoir 2007, bonjour la nouvelle année, avec son cortège de résolutions que de toute manière personne ne respecte, la crise de foie post- période de fêtes, le régime obligatoire, la dure reprise des études/boulot/turbin...
Mais 2008 c'est surtout pour moi les Jeux Olympiques de Pékin!
I can't wait...
Le mignon Liu Xiang a intérêt de garder son titre olympique!...