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05 avril 2010

Accident grave de voyageur (suite)

Un deuxième voyageur est mort vendredi dernier à Gare de Lyon, sur la ligne A du RER. Il a été poussé gratuitement par un autre homme, qui s'est ensuite enfuit. Le voyageur a apparemment été décapité (séquence hémoglobine!) par la rame. Le suspect a justifié avoir donné le coup de pied fatal parce que le voyageur lui a lancé un regard mauvais...
A signaler: l'excellente émission de France Culture, "Les pieds sur Terre" a très opportunément consacré son émission du jeudi 1er avril aux "accidents de personnes": en se plaçant pour une fois du point de vue du conducteur...Trois d'entre eux témoignent. Je conseille vivement de télécharger l'émission tant qu'elle est en libre écoute!
A faire ici.


25 mars 2010

Accident grave de voyageur

Cet après-midi, le RER B qui me transportait de la Croix de Berny, où j'étais partie en reportage, vers Paris, a écrasé un voyageur qui se trouvait sur la voie.

Il y a environ 150 "accidents graves de voyageurs", selon le terme pudiquement utilisé par la RATP. Je ne m'attendais pas à un nombre aussi élevé. Mais entre les heures de pointe sur des quais bondés (ligne 1 et 13 par exemple), les soirées où le métro/RER restent ouverts toute la nuit (Nuit Blanche par exemple), et les suicidaires qui se jettent sans prévenir sur la voie quand le train est à l'approche, cela fait beaucoup d'occasions. D'autant plus qu'il n'y a pas (encore) de système de portes automatiques comme c'est le cas dans la plupart des métros modernes ailleurs dans le monde.

Il est 16h30. Le RER devait filer sans arrêt jusqu'à Cité Universitaire. Il va vite, trop vite, ai-je pensé. Et puis d'un coup, le train freine, fort. Et on s'arrête à Bagneux. "Tiens, le chauffeur a dû oublier qu'il devait faire un stop à Bagneux, bouhou".
Je garderai longtemps en mémoire, je pense, la voix du chauffeur quand il a annoncé dans le haut-parleur, que nous venions de heurter un voyageur. Une voix blanche, affolée et haletante, d'une personne qui vient de réaliser qu'elle vient, sans le vouloir, d'en tuer une autre.
La femme en face de moi se met à pleurer. Nous sortons. Une foule se forme déjà à l'entrée de la cabine du conducteur. Certains longent le train dans l'espoir d'apercevoir les restes.

Drôle de vision que cette foule humaine, livrée à elle-même: certains prennent naturellement la tête des opérations, parlent fort, clament qu'une femme a vomi sur le quai. D'autres vont et viennent, attendent des instructions qui ne viennent pas. Les pompiers arrivent, tout le monde évacue la gare. Et se regroupe naturellement au premier arrêt de bus. La bataille pour rejoindre Paris s'annonce rude.
Les plus réactifs arrêteront des gentils automobilistes. Pour une course surréaliste entre une relou qui me raconte sa vie et un adorable petit de 3 ans qui me montre avec fierté ses baskets Adidas et danse avec moi sur "the rhythm of the night" de Corona. On se change les idées comme on peut.
Le conducteur aura lui droit à un suivi psychologique.

Le métro de Washington, qui est notoirement assez dangereux, a régulièrement des accidents de ce genre. Entre les suicidaires et les accidents de train dus à un manque flagrant de sécurité (deux trains se percutent, un train roule alors que des mécanos font des réparations sur la voie), certains conducteurs n'en sont plus à un tué près: "You just turn your head and wait", est un article paru dans le Washington Post le 2 octobre dernier, dans une passionnante série sur les "accidents graves de voyageurs", vus de l'autre côté.
De celui qui conduit le train, lancé à toute vitesse.

Image: RER, Flickr/Hdaniel. 

15 novembre 2007

les grèves

"Un recul du gouvernement rendrait presque impossible la mise en oeuvre des réformes plus "difficiles". Il démontrerait une fois encore que des individus et des organisations se réclamant des principes d'égalité et de solidarité défendent en réalité des corporatismes, des égoïsmes, des privilèges injustifiables ou un statu quo insupportable. Comme en 1995, ils peuvent (souhaitent peut-être, pour certains) paralyser le pays et l'enfoncer un peu plus dans la crise économique et morale. Cette attitude est irresponsable et dangereuse. De plus, la conjoncture économique actuelle ne permet pas de différer plus longtemps les réformes, sous peine d'un nouveau décrochage national, avec de graves conséquences sur le pouvoir d'achat, la cohésion sociale, la place de la France dans le monde. Rappelons enfin que les grèves occasionnent une gêne considérable pour les particuliers, coûtent très cher à la collectivité (150 millions d'euros pour celle du 18 octobre dans les transports pour la région Ile-de-France), affectent la compétitivité déjà réduite de la France, son attractivité et son image à l'extérieur, donc son avenir. Face à cette situation, les citoyens inquiets et en colère ne peuvent rester silencieux. Pour leur propore dignité, pour l'avenir de leurs enfants et du pays, ils ne doivent pas laisser le monopole de l'expression à ceux qui refusent l'adaptation. Nous ne pouvons accepter que le pouvoir de nuisance de quelques-uns mette en péril notre avenir commun."

Gérard Mermet, Libération, mercredi 14 Novembre 2007.

Voilà qui est bien écrit. Rien à ajouter!





09 novembre 2007

Grèves: et c'est reparti pour un tour


"Attachez vos ceintures". C'est ce qu'a déclaré François Fillon a propos du climat social du mois de Novembre: le gouvernement ayant estimé avoir fait les dernières propositions possibles dans l'avancée de la réforme des régimes spéciaux des retraites, les syndicats ont commencé à se mettre en ordre de marche et ont appelé à la grève, mercredi prochain, le 14 Novembre. Petit tour d'horizon des réjouissances à venir:

- la RATP: noyau dur du mouvement (avec la SNCF) les 7 syndicats ont appelé à la grève sur le réseau Métro, Bus et RER.. La CFDT et la CFTC ont appelé à une grève de 24 heures, tandis que les autres syndicats (CGT, Sud, Unsa, indépendants, FO) ont appelé à un mouvement reconductible. Seuls la CFE-CGC n'appellera pas à la grève.

- la SNCF: les 7 syndicats de cheminots (sur 8) appellent à une grève reconductible, malgré l'appel lancé par la Présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac aux 160 000 cheminots. Seul la FGAAC (syndicats des conducteurs autonomes) n'appelle pas à se joindre au mouvement.

- EDF/ GDF: La CFE-CGC et la CFDT Energie se sont prononcées pour la grève après avoir rencontré les directions. La CGT et FO avaient quant à eux déjà appelé à une grève reconductible, et Frédéric Imbrecht, du syndicat CGT Mines Energie, a cru bon de surenchérir en invitant les agents à "un très grand 14 novembre de lutte", comme s'il s'agissait du fameux "grand soir"...

A l'Opéra de Paris, ce sont les syndicats CGT, Sud, FO et FSU qui ont appelé à la grève mercredi.

Mais ce n'est pas tout: la fonction publique prévoit aussi un mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux des retraites le 20 Novembre à l'appel des 8 syndicats. La Poste et France Télécom, jamais en reste, se mobiliseront pour la défense de l'emploi, le pouvoir d'achat et les conditions de travail.

Enfin, le syndicat de la magistrature appelle à la grève le 29 Novembre contre la réforme de la carte judiciaire.

Bref, face à ce mois de Novembre plus que mouvementé, comment se prémunir contre, notamment, les perturbations dans les transports en communs? Attacher un cadenas à un Vélib', comme certains l'ont fait lors de la journée de grève du 18 Octobre? Organiser un véhicule pour plusieurs collègues? Mettre ses chaussures de marche et parcourir quelques kilomètres? Prendre ses RTT?

Et si tout simplement on appelait à une grève de la gratuité? Une grève qui permet aux cheminots et autres mécontents de manifester, tout en ne pénalisant pas les usagers?

Et si tout simplement on faisait la grève contre la grève, pour montrer son ras-le-bol contre le fait que ce soit toujours les mêmes qui ne sont pas satisfaits, alors qu'ils sont loins d'être les plus mal lotis?

Egalement publié sur: come4news.com