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10 décembre 2007

La liberté de la presse n'est pas forcément si importante



"Si 56 % des habitants de quatorze pays estiment que la liberté de la presse est importante pour garantir une société libre, ils sont 40 % à considérer que la stabilité sociale doit primer, selon un sondage pour la BBC publié lundi 10 décembre. "L'opinion mondiale est partagée sur l'importance de la liberté de la presse", concluent les enquêteurs. C'est en Amérique du Nord et en Europe que l'on considère le plus la liberté de la presse comme étant essentielle. Près de 70 % des personnes interrogées y jugent qu'une presse libre prime sur la nécessité de conserver la stabilité sociale.


Par contre, en Inde, en Russie et à Singapour, 48 % des personnes sont favorables à des contrôles sur la presse pour assurer la paix à la stabilité. Dans ces pays, seuls 40 % des personnes soutiennent que la liberté de la presse doit être préservée avant tout. 11 344 personnes ont été interrogées dans quatorze pays (Allemagne, Afrique du Sud, Brésil, Egypte, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Inde, Kenya, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni, Russie, Singapour et Venezuela). Cette enquête a été réalisée par l'institut de sondage international GlobeScan pour BBC World Service, qui fête ses soixante-quinze ans. "Alors que les gens défendent en général la liberté des médias, la vision occidentale de la nécessité d'une presse libre pour garantir une société libre n'est pas universellement partagée dans toutes les régions du monde", relève Doug Miller, président de GlobeScan.

LA CONCENTRATION DES MÉDIAS INQUIÈTE

Les pays occidentaux où la liberté de la presse est prépondérante sont plutôt critiques concernant l'honnêteté et l'exactitude des faits rapportés : 28 % seulement des Allemands considèrent que la performance de leurs médias en la matière est bonne, 29 % au Royaume-Uni et 29 % aux Etats-Unis. Ils sont 44 % au Venezuela, 49 % en Afrique du Sud, 58 % au Nigeria et 61 % au Kenya. Dans les pays où la stabilité sociale est plus importante que la liberté de la presse, les Indiens (61 %) et les habitants des Emirats (52 %) estiment que les faits sont correctement rapportés, contrairement aux Russes (27 %), aux Mexicains (28 %), aux Brésiliens (31 %) et aux ressortissants de Singapour (37 %). 56 % des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête ont estimé que la presse dans leur pays était libre de rapporter l'actualité sans être biaisée. Seulement 19 % ont pensé qu'il y avait peu ou pas de liberté des médias dans leur pays.

L'enquête a constaté des inquiétudes sur la concentration des médias au sein d'un nombre de groupes de presse de plus en plus réduit : une grande majorité des personnes interrogées au Brésil (80 %), au Mexique (76 %), aux Etats-Unis (74 %) et au Royaume-Uni (71 %) s'inquiètent notamment que l'opinion politique d'un propriétaire puisse influencer la ligne éditoriale des médias de son groupe."


22 novembre 2007

Plume d'or 2008 de l'AMJ à un journaliste chinois emprisonné

Source: Aujourd'hui la Chine.

L'Association Mondiale des Journaux (AMJ) a décerné mardi sa Plume d'or 2008 au journaliste chinois, Li Changqing, emprisonné pour avoir révélé l'existence d'une épidémie de dengue que Pékin voulait garder sous silence, selon un communiqué publié à Vienne. L'association, qui représente quelque 18.000 journaux et 12 agences de presse, dont l'AFP, dans plus de 100 pays, a décerné pour la seconde année consécutive sa plus haute récompense à un journaliste chinois incarcéré par les autorités de son pays.
Li Changqing, journaliste du quotidien Fuzhou Daily de la province de Fujian (sud), a été condamné en janvier 2006 à trois ans de prison pour avoir "fabriqué et diffusé une information fausse". Son inculpation avait été prononcée à la suite d'un rapport anonyme sur un site internet en chinois basé aux Etats-Unis.
"La censure chinoise avait interdit, à la demande du Département de propagande du Parti communiste, toute publication sur des problèmes sociaux sensibles, et ainsi aucun article n'avait été publié en Chine sur l'épidémie de dengue, une maladie virale provoquée par des piqûres de moustiques, à Fuzhou", a précisé l'AMJ à Vienne au terme de la réunion de trois jours de son Conseil d'administration.
Les autorités sanitaires chinoises n'avaient pas non plus fait état d'épidémie dans cette région. "Les poursuites engagées contre M. Li pour avoir rapporté cette menace grave pour la santé humaine révèlent l'absurdité et la faillite de la politique du régime chinois de contrôle de la presse", a ajouté l'AMJ. "Les autorités chinoises ont une longue histoire de dissimulation d'événements qu'ils préfèrent garder sous silence, et la décision courageuse de M. Li de publier son article sur l'épidémie, en sachant quelles conséquences cela pouvait entraîner, devrait inspirer les journalistes partout dans le monde", a précisé l'association qui a lancé un appel à Pékin en faveur de la libération de Li Changqing et de la trentaine d'autres journalistes incarcérés en Chine.
La Plume d'Or 2007 de l'AMJ, dont le siège est à Paris, avait été décernée à Shi Tao, journaliste chinois emprisonné après la publication d'indices par le moteur de recherche Yahoo qui ont conduit à son arrestation.